POLITIQUE
18/12/2019 19:06 EST

Jody Wilson-Raybould choisie «personnalité qui a marqué l'actualité en 2019»

L’ancienne ministre de la Justice a été le choix sans équivoque des rédactions du pays interrogées par La Presse canadienne, avec 56 % des voix.

THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick
Jody Wilson-Raybould (photo d'archives)

L’affaire SNC-Lavalin a coûté à Justin Trudeau deux ministres, son adjoint le plus proche, un haut fonctionnaire fédéral et possiblement un deuxième mandat majoritaire. Aujourd’hui, la femme au coeur de l’affaire, Jody Wilson-Raybould, est choisie personnalité qui a marqué l’actualité en 2019.

L’ancienne ministre de la Justice a été le choix sans équivoque des rédactions du pays interrogées par La Presse canadienne, avec 56 % des voix. Le premier ministre Trudeau, qui a été réélu le 21 octobre, mais pour diriger un gouvernement libéral minoritaire, arrive loin derrière dans le classement, avec près de 20 % des suffrages.

«Jody Wilson-Raybould nous a fait réfléchir à la gouvernance, à l’équité et à la loyauté — et à la façon dont toutes ces choses se déroulent chaque jour dans les coulisses de la colline du Parlement», a expliqué la rédactrice en chef principale du «Toronto Star», Janet Hurley.

Elle a levé un coin du voile (...) et comme les résultats des élections l’ont finalement révélé, tout le monde n’a pas aimé ce qu’ils ont vu. Certains l’ont trouvée courageuse, d’autres ont été moins tendres, mais elle a créé un dialogue national inégalé cette année.Janet Hurley, rédactrice en chef principale du «Toronto Star»

À pareille date l’an dernier, le rédacteur en chef de Sun News, Mark Towhey, déclarait: «On pourrait réunir dans un restaurant de taille moyenne tous les Canadiens qui savent qui est Jody Wilson-Raybould». Or, «elle est devenue en 2019 un nom familier au coeur de la plus importante histoire politique de l’année».

Certaines rédactions ont vu en elle un exemple inspirant — «une lueur d’espoir», une femme qui a dit «ses quatre vérités au pouvoir» et qui a ébranlé la réputation de féministe de M. Trudeau.

D’autres ont eu une analyse plus nuancée. «La saga Wilson-Raybould a dévoilé à de nombreux Canadiens le genre de rouages et de tractations qui se produisent au sein des gouvernements — un mal nécessaire, si vous acceptez les arguments du premier ministre, ou une corruption du système judiciaire, si vous acceptez le point de vue de l’ex-ministre», a écrit Christina Spencer, responsable de la page éditoriale du quotidien «Ottawa Citizen».

L’affaire SNC-Lavalin contenait tous les ingrédients pour retenir l’attention: «le Québec, l’emploi, la justice, une femme, une ministre autochtone, deux responsables de haut rang qui ont dû quitter leur emploi», rappelle Mme Spencer. «Et les problèmes n’ont pas encore été résolus.»

Mme Wilson-Raybould a obtenu 55 voix sur 98, alors que le premier ministre Trudeau en a eu 19; dans les médias francophones, il a obtenu quatre voix, deux de plus que Mme Wilson-Raybould. Du côté anglophone, le controversé commentateur sportif Don Cherry a récolté huit voix, le premier ministre albertain Jason Kenney sept et l’écrivaine Margaret Atwood trois. L’astronaute québécois David Saint-Jacques a recueilli cinq voix en tout — dont quatre dans les rédactions francophones. L’humoriste et youtubeuse canadienne Lilly Singh, qui a décroché une émission de fin de soirée aux États-Unis, a obtenu une voix.

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