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Ce qui se passe dans votre corps quand vous pratiquez le jeûne intermittent

Des experts expliquent les effets psychologiques, physiques et émotionnels de cette diète.

Le jeûne intermittent est l’une des diètes les plus populaires, en ce moment. C’est probablement sa simplicité qui aura séduit ses nombreux adeptes: pas besoin de mesurer vos portions ou de vous procurer des shakes, ni de compter vos calories. Tout ce que vous avez à faire, c’est ne pas manger pendant un certain nombre d’heures.

Il y a plusieurs façons de pratiquer le jeûne intermittent. La plus répandue est la diète «16:8», selon laquelle on jeûne pendant 16 heures et on peut ensuite manger pendant les 8 heures suivantes. Il existe aussi la diète «5:2», selon laquelle on réduit de manière draconienne les calories pendant deux jours, et le jeûne de 24 heures, qui implique de ne pas manger du tout pendant toute une journée, chaque mois.

Peu importe la méthode que vous choisissez, restreindre de manière significative les périodes pendant lesquelles vous mangez peut rendre votre corps un peu confus et causer toutes sortes d’effets secondaires. Le jeûne intermittent ne convient pas à tout le monde – par exemple, les personnes qui ont déjà souffert de troubles alimentaires devraient absolument éviter cette pratique.

Il est important de comprendre dans quoi on s’embarque, avant de débuter une nouvelle diète ou de changer ses habitudes alimentaires. Voici ce qui se passe dans votre corps (psychologiquement, physiquement et émotionnellement) lorsque vous pratiquez le jeûne intermittent.

Vous allez peut-être perdre du poids

Plusieurs experts, dont l’entraîneur personnel Jillian Michaels, s’entendent pour dire que le jeûne intermittent n’est peut-être pas si extraordinaire pour perdre du poids. C’est que vous ne mangerez pas nécessairement moins, ou ne diminuerez peut-être pas les calories; il y aura peut-être seulement de plus longues périodes pendant lesquelles vous ne mangerez pas.

Cela dit, de nombreuses personnes réussissent à perdre du poids, puisqu’elles consomment moins de calories qu’à l’habitude, dans les périodes restreintes pendant lesquelles elles peuvent manger.

Manger pendant une fenêtre de huit heures rend plus improbable un gros repas avant l’heure du coucher, ce qui est une bonne chose. Notre métabolisme fonctionne au ralenti lorsque nous dormons et nous brûlons donc moins de calories. Manger avant de se coucher est une pratique qui a été associée à l’obésité et au diabète.

Le jeûne intermittent «vous empêche réellement d’avoir des mauvaises habitudes, comme de manger un gros repas avant d’aller au lit», affirme le Dr John Morton, chirurgien bariatrique à Yale Medecine, la clinique médicale affiliée à la faculté de médecine de l’Université Yale, au Connecticut.

Avaler un gros repas peu avant d’aller se coucher est «probablement la pire chose que vous pouvez faire si vous essayez de perdre du poids», ajoute-t-il.

Vous aurez vraiment très faim

De nombreuses personnes qui s’adonnent au jeûne ressentent intensément la faim, surtout lorsqu’elles commencent cette pratique. C’est parce que notre corps est habitué à utiliser le glucose – un sucre qui provient de la nourriture qu’on ingère – comme carburant pour passer au travers de la journée. Lorsqu’il est privé de nourriture (et donc, de glucose), le corps envoie des signaux pour nous dire: «Allô? Tu n’aurais pas oublié quelque chose?»

Une fois que votre corps aura adopté le rythme du jeûne, il commencera à brûler des gras emmagasinés, plutôt que du glucose, pour s’approvisionner en énergie. Et plus vous resterez longtemps en état de jeûne, plus votre corps sera efficace pour éliminer ces gras.

La sensation de faim devrait donc s’apaiser assez rapidement et votre appétit devrait diminuer, précise le Dr Morton. Il ajoute également que les adeptes du jeûne ressentent de moins en moins d’envies irrésistibles et cette sensation de faim, au fur et à mesure qu’elles continuent la pratique.

En attendant toutefois, cette sensation de faim peut entraîner certaines personnes à trop manger.

«La tendance naturelle, quand on n’a rien mangé pour déjeuner, c’est de se dire: “je vais manger plus pour dîner”», note le Dr Morton.

Si la faim est trop intense et vous empêche de faire vos activités quotidiennes, mangez un petit quelque chose. L’idée n’est pas de mourir de faim.

Votre niveau d’énergie et votre humeur vont fluctuer

La recherche a démontré que le jeûne peut amener certaines personnes à se sentir fatiguées, étourdies, irritables ou déprimées.

«Au début, votre niveau d’énergie peut être très bas, parce que vous ne recevez pas les nutriments dont vous avez besoin», affirme Sharon Zarabi, diététicienne et directrice du programme bariatrique à l’hôpital Lenox Hill, à New York.

Au fur et à mesure que votre corps s’habitue au jeûne, votre niveau d’énergie remontera.

«Votre corps utilise ensuite l’énergie de manière plus efficace, et cela améliore l’humeur, les aptitudes intellectuelles et la performance à long terme», précise-t-elle.

Certaines recherches suggèrent même que le jeûne intermittent peut ultimement aider à combattre la dépression et l’anxiété. Lorsque vous jeûnez, le corps sécrète une hormone appelée la ghréline, qui, lorsqu’elle est produite en grande quantité, a été associée à une meilleure humeur.

Votre santé intestinale pourrait être meilleure

Plusieurs adeptes du jeûne intermittent remarquent qu’ils ont une meilleure santé intestinale. Le jeûne donne en effet à vos intestins la chance de se reposer et de redémarrer, puisque votre système digestif n’a pas à gérer des effets inconfortables tels que des gaz, de la diarrhée ou des ballonnements.

«Chaque fois que vous jeûnez, vous donnez à votre un corps une pause, pendant laquelle il n’a pas à métaboliser ce que vous venez de manger, note Sharon Zarabi. En jeûnant, on laisse le microbiome se recharger, ce qui améliore le parcours digestif.»

Vous pourriez réduire vos risques de développer des maladies chroniques

Le jeûne intermittent a été associé à des risques plus bas de maladies chroniques comme le diabète et les maladies cardiovasculaires.

Selon une étude récente de l’hôpital Mount Sinai, à New York, cela s’explique par le fait que le jeûne réduit l’inflammation – et réduire l’inflammation aide le corps à combattre de nombreuses maladies chroniques inflammatoires, comme le diabète, les problèmes de coeur, le cancer et les maladies inflammatoires de l’intestin. Les chercheurs tentent encore de démontrer comment et pourquoi cela se passe ainsi, mais les résultats jusqu’à maintenant suggèrent que le corps en état de jeûne produit moins de monocytes, des cellules sanguines connues pour endommager les tissus et déclenchent de l’inflammation.

Il s’agit d’une des raisons principales pour lesquelles ceux qui pratiquent le jeûne intermittent pourraient vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Votre coeur pourrait être en meilleure santé

Le jeûne intermittent peut aider à réduire la pression sanguine, le cholestérol et les triglycérides, des gras dont la présence dans notre sang est associée à des maladies du coeur – si vous perdez bel et bien du poids pendant votre démarche.

«Tant et aussi longtemps que vous perdez du poids, vous allez améliorer ces facettes», souligne le Dr Morton.

Avant de commencer un programme de jeûne intermittent, les experts recommandent d’en parler avec un médecin ou un nutritionniste. Il existe une distinction très importante entre jeûner et s’affamer, et si vous n’en tenez pas compte, vous pourriez endommager vos organes et votre système immunitaire.

Le plus important, c’est d’être à l’écoute de votre corps et de manger de la manière qui vous convient le mieux.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost États-Unis a été traduit de l’anglais.

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