POLITIQUE
06/10/2019 09:50 EDT

Jason Kenney en tournée en Ontario pour appuyer son «ami» Scheer

Le premier ministre de l’Alberta, autrefois pressenti pour devenir chef du Parti conservateur du Canada, fait campagne à Ottawa et dans la région de Toronto avec l’objectif de rallier des appuis pour M. Scheer.

Rick Madonik/Toronto Star via Getty Images
Jason Kenney (photo d'archives)

OTTAWA — L’une des principales étoiles de la constellation conservatrice du Canada fait campagne en fin de semaine en Ontario pour soutenir le chef du parti fédéral, Andrew Scheer.

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, autrefois pressenti pour devenir chef du Parti conservateur du Canada, fera campagne à Ottawa et dans la région de Toronto avec l’objectif de rallier des appuis pour M. Scheer.

«Andrew Scheer est un ami proche depuis 20 ans», a déclaré M. Kenney vendredi lors d’un événement dans la circonscription de Nepean.

«Et je veux juste sortir et appuyer un homme intègre.»

M. Kenney se rendra d’Ottawa à la grande région de Toronto, où il entend faire campagne avec des personnes qui sont des amis personnels de longue date.

C’est dans le «905», la banlieue de Toronto identifiée par son indicatif régional, que l’ancien ministre fédéral a joué un rôle déterminant dans la croissance de la base électorale du parti.

Ses efforts, en particulier auprès des communautés ethniques, sont souvent cités parmi les raisons pour lesquelles les conservateurs sont devenus une force concurrentielle sur le plan politique dans des circonscriptions comptant une grande diversité et ont été en mesure de remporter leur premier et unique gouvernement majoritaire en 2011.

Courtiser les Néo-Canadiens

L’une des circonscriptions qu’ils ont gagnées cette année-là est Willowdale, où les minorités visibles représentent 67 pour cent de la population. Il s’agissait d’une forteresse libérale depuis plusieurs années.

La réputation des conservateurs dans de nombreuses circonscriptions à forte diversité a été durement touchée en 2015, avec une sortie controversée sur les «pratiques culturelles barbares», un débat sur le voile islamique couvrant le visage et des préoccupations concernant la politique sur les réfugiés.

Les conservateurs ont perdu Willowdale et plusieurs autres circonscriptions démographiquement comparables, et espèrent les regagner cette fois-ci. Willowdale sera l’une des étapes de la tournée ontarienne de M. Kenney cette fin de semaine.

M. Kenney a déclaré qu’il voyait toujours un alignement entre les valeurs de nombreux Néo-Canadiens et celles des conservateurs.

«De nombreux Néo-Canadiens sont issus de régimes déficients où il y a des abus de pouvoir, ils veulent des valeurs démocratiques et le respect de la famille et de la loi et de l’ordre, ce dont parle M. Scheer aujourd’hui», a-t-il fait valoir.

L’annonce faite vendredi par M. Scheer portait sur les crimes commis avec une arme à feu. Il a promis de faire en sorte que l’agence frontalière du Canada prenne des mesures plus énergiques pour empêcher les armes illégales d’entrer au Canada en provenance des États-Unis.

Un rare appui provincial

M. Kenney faisait partie des personnes dont les noms ont immédiatement été proposés pour diriger le parti après la défaite de 2015 et la démission de Stephen Harper.

Mais il a plutôt décidé de se lancer dans la politique provinciale, unissant d’abord le mouvement conservateur en Alberta, puis accédant au poste de premier ministre cette année.

Il est l’un des rares dirigeants conservateurs provinciaux du pays disposés à prendre publiquement la défense du «frère» politique fédéral; d’autres conservateurs, comme Scott Moe, de la Saskatchewan, ont refusé de manifester leur appui à Andrew Scheer.

M. Kenney se rendra également en Ontario à un moment où le premier ministre conservateur de cette province, Doug Ford, est perçu comme une nuisance à la marque conservatrice avec des politiques impopulaires et une grève imminente dans les écoles.

M. Kenney a déclaré qu’il ne voulait pas intervenir sur ces questions, affirmant qu’il faisait campagne pour soutenir M. Scheer personnellement, mais qu’il représentait aussi l’Alberta.

«Je suis là en tant que leader de la troisième plus grande économie du Canada pour dire que nous avons désespérément besoin d’un nouveau gouvernement fédéral.»

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