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23/12/2019 07:51 EST | Actualisé 23/12/2019 14:48 EST

Peine de mort pour les meurtriers de Jamal Khashoggi

Trois autres personnes ont été condamnées à la prison.

Un tribunal d’Arabie saoudite a condamné lundi cinq personnes à mort pour le meurtre du chroniqueur du Washington Post et critique de la famille royale Jamal Khashoggi, qui a été assassiné au consulat saoudien à Istanbul l’an dernier par une équipe d’agents saoudiens.

La chaîne de télévision publique saoudienne Al-Ekhbariya a rapporté que trois autres personnes avaient été condamnées à la prison. Tous peuvent faire appel des verdicts.

Le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, avait attiré les réprimandes de la communauté internationale, car plusieurs agents saoudiens impliqués travaillaient directement pour lui. Le royaume nie que le prince Mohammed ait eu une quelconque implication ou connaissance de l’opération.

La télévision d’État a également rapporté que l’enquête du procureur général saoudien avait montré que l’ancien conseiller supérieur du prince héritier, Saud al-Qahtani, n’avait aucune implication avérée dans le meurtre. Saud al-Qahtani, cependant, a été sanctionné par les États-Unis pour son rôle présumé dans l’opération.

Le tribunal a également jugé que le consul général saoudien à Istanbul à l’époque, Mohammed al-Otaibi, n’était pas coupable. Il a été libéré de prison après l’annonce des verdicts, selon la télévision d’État.

Après avoir tenu neuf séances, le procès a conclu qu’il n’y avait aucune préméditation de la part des personnes reconnues coupables de meurtre, selon la télévision d’État.

Les procès des accusés se sont déroulés dans le plus grand secret, bien qu’une poignée de diplomates, y compris de Turquie, ainsi que des membres de la famille de Jamal Khashoggi aient été autorisés à assister aux séances. Au total, 11 personnes étaient jugées pour la mort de Khashoggi.

Les verdicts ont été lus par Shaalan al-Shaalan, un porte-parole du bureau du procureur général, et diffusés à la télévision publique. Les personnes reconnues coupables n’ont pas été nommées. Le bureau du procureur général a également déclaré qu’il examinait les verdicts rendus par le tribunal pénal de Riyad pour voir s’il fallait aller de l’avant devant la cour d’appel.

Les trois suspects qui encourent une peine de prison ont été condamnés à une peine totale de 24 ans, mais aucune ventilation individuelle pour chaque personne n’a été donnée. Trois autres personnes jugées ont été libérées après avoir été déclarées non coupables et plusieurs autres personnes ayant fait l’objet d’une enquête ont également été libérées.

La tuerie avait choqué le monde et provoqué la condamnation de la communauté internationale, y compris des Nations Unies.

Chris McGrath via Getty Images
Photo de Jamal Khashoggi.

Jamal Khashoggi était entré dans le consulat de son pays à Istanbul un matin d’octobre 2018 pour recueillir des documents qui lui permettraient d’épouser sa fiancée turque, Hatice Cengiz, qui l’attendait à l’extérieur.

Il n’est jamais ressorti du consulat et son corps n’a jamais été retrouvé.

Agnes Callamard, une rapporteuse spéciale des Nations Unies qui a rédigé une enquête sur le meurtre de Jamal Khashoggi, avait déclaré plus tard que la recherche de la justice ne devait pas être laissée au système judiciaire saoudien, qui est «si vulnérable aux ingérences politiques».

Agnes Callamard a réagi aux verdicts annoncés depuis Riyad en tweetant que «la parodie d’enquête, de poursuites et de justice continue» en Arabie saoudite.

Le président Donald Trump a condamné le meurtre et son administration a sanctionné 17 Saoudiens soupçonnés d’être impliqués, mais pas le prince héritier. Donald Trump, cependant, a fermement résisté aux appels des membres de son propre parti pour une réponse plus ferme et a défendu le maintien de bonnes relations avec l’Arabie saoudite, soulignant son importance en tant que principal acheteur de matériel militaire et d’armes américaines soulignant que cela crée des emplois américains.

Pendant ce temps, de nombreux détracteurs du prince héritier saoudien restent emprisonnés et sont jugés pour leurs actes de dissidence.

Le meurtre de Jamal Khashoggi a terni la réputation du prince héritier saoudien à l’échelle internationale, bien qu’il soit toujours très populaire chez lui. Pendant ce temps, l’Arabie saoudite a lancé au cours des derniers mois des efforts pour ouvrir le pays notoirement fermé aux touristes et aux voyageurs du monde entier dans le cadre d’une tentative du prince héritier de changer les perceptions du royaume.

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