TÉMOIGNAGES
06/08/2019 09:29 EDT

J’ai des muscles et je suis féminine

Beaucoup d’hommes et de femmes n’aiment pas ça, je le constate au quotidien. Moi j’aime me voir musclée et je m’assume.

Courtoisie
«J’aime me voir musclée et je m’assume.»

Mon nom est Valérie Portelance, j’ai 35 ans, je mesure 5 pieds 7 pouces et je pèse 146 livres. En effet, j’ai des muscles et j’aime ça. 

Je suis entraîneur au Centre de Performance XPN à St-Hubert. J’ai commencé à m’entraîner à l’âge de 15 ans et c’est devenu pour moi une vraie passion.

J’ai toujours été une fille sportive et faire une complétion de fitness était pour moi la suite logique à mon parcours et, par le fait même, l’accomplissement du fruit de mes efforts. 

J’ai rencontré la bonne personne qui a su me guider au travers des différentes étapes pour arriver à mon but. À l’époque, c’était moins connu et nous étions moins habitués de voir des femmes avec des abdominaux et des bras définis. Maintenant, avec les médias sociaux, c’est beaucoup plus courant et je dirais même que c’est devenu une mode.

Être une femme avec des muscles, ça implique aussi de faire face aux regards des autres.   

Il m’est arrivé à quelques reprises de me faire taquiner par des gars qui m’invitaient à faire un bras de fer ou encore entendre des remarques désobligeantes de certaines personnes…

L’important c’est de ne pas se laisser atteindre par ces remarques. 

Même si je suis musclée, il est vraiment important pour moi de rester féminine, et ceci n’est possible que si nous assumons notre corps et si nous avons confiance en nous. 

Il y a beaucoup d’hommes et de femmes qui n’aiment pas ça, je le constate au quotidien. Mais l’important, je pense, c’est d’être bien dans son corps et de s’accepter. Pour ma part, j’aime me voir musclée et je m’assume.

Courtoisie
«Avant j’étais dans un bureau et les gens étaient plutôt surpris de mon mode de vie et de mon apparence.»

Depuis que je suis entraîneuse, il est plus facile pour moi d’avoir cette apparence. Avant j’étais dans un bureau et les gens étaient plutôt surpris de mon mode de vie et de mon apparence. Maintenant, c’est différent. Les gens sont plus ouverts.

Faire carrière 

Le 11 novembre 2011 c’était ma première compétition. J’y suis allée sans grandes attentes et, à ma plus grande joie, j’ai gagné.

C’était une vraie victoire, j’étais vraiment contente et ce fut le moment déclencheur de ma «carrière» en compétition. Cela m’a permis de me rendre au championnat provincial et ensuite aux championnats nationaux. 

Je n’ai jamais gagné ma carte professionnelle, mais cela m’importe peu puisque j’ai beaucoup appris sur moi-même pendant ce cheminement. J’ai réussi à me surpasser et m’inculquer une discipline de vie et cela me sera toujours utile. En fait, ça me pousse à donner le meilleur de moi-même. 

Je ne vous cacherai pas qu’il y a des moments difficiles pour le corps et pour la tête, mais les bénéfices sont énormes.

Ça me permet d’avoir une bonne rigueur de vie. Il faut donner son 100% dans ce domaine, mais les résultats sur le corps et la détermination t’apportent un sentiment qui n’a pas de valeur.

Courtoisie
«Grâce aux encouragements entre femmes, nous continuons à nous améliorer.»

La compétition et la pression sociale

Je dois avouer qu’il y a beaucoup de compétition entre filles. Que ce soit sur les médias sociaux ou encore dans le fitness, on se compare beaucoup, mais ça fait partie du métier. 

En contrepartie, il y a un grand sentiment d’appartenance envers cette communauté et nous nous encourageons entre nous. 

C’est grâce à ces encouragements entre femmes que nous continuons à nous améliorer et à briser la barrière féminine dans une domaine qui a été réservé aux hommes pendant plusieurs années.

La section Perspectives propose des textes personnels qui reflètent l’opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du HuffPost Québec.

Propos recueillis par Céline Gobert.