POLITIQUE
17/06/2020 18:19 EDT | Actualisé 17/06/2020 19:01 EDT

Jagmeet Singh expulsé des Communes après avoir traité un député bloquiste de «raciste»

M. Singh cherchait à obtenir le consentement unanime de la Chambre pour une motion qui visait à reconnaître le racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

THE CANADIAN PRESS/Justin Tang
M. Singh cherchait à obtenir le consentement unanime de la Chambre pour une motion qui visait à reconnaître le racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

OTTAWA — Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, dit avoir été en colère après avoir vu et entendu le député bloquiste Alain Therrien rejeter sa motion sur le racisme systémique.

Le chef néo-démocrate dit que M. Therrien l’a regardé droit dans les yeux et a fait un «geste» qu’il a interprété comme quelqu’un rejetant les revendications des peuples autochtones et personnes racisées.

C’est alors que M. Singh l’a traité de «raciste» et a refusé de s’excuser, ce qui lui a valu d’être expulsé de la Chambre des communes pour le reste de la journée.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, mercredi en fin de journée, le chef néo-démocrate a déclaré avec émotion qu’il a vu, à ce moment-là, le «visage du racisme». Il n’a toujours pas l’intention de ravaler ses paroles et en a même rajouté une couche.

«Une personne qui vote contre une motion comme ça est raciste», a-t-il renchéri, à l’intention de l’ensemble du caucus bloquiste.

Le Bloc québécois, de son côté, avait une autre version à offrir.

Prenant la parole aux Communes, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a soutenu que son parti avait refusé d’appuyer la motion parce que le comité fédéral sur la Sécurité publique doit déjà se pencher sur l’existence du racisme systémique.

«Dans la mesure où la motion semblait dicter les conclusions du comité qui serait éventuellement appelé, (...) il nous semblait plus cohérent de laisser le comité faire son travail. Alors si quelqu’un cherche le grand responsable de ne pas avoir accepté la motion, bien... c’est moi!», a lancé M. Blanchet.

M. Singh a rejeté les explications du Bloc.

«Il y a une grande différence entre étudier le problème et présenter des solutions. (...) Le fait que quelqu’un peut voter contre des solutions en ce moment, je le trouve... détestable», a-t-il laissé tomber.

M. Singh cherchait à obtenir le consentement unanime de la Chambre pour une motion qui visait à reconnaître le racisme systémique au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

Il a noté que «plusieurs» Autochtones étaient morts aux mains de la GRC dans les derniers mois et a appelé notamment à revoir son financement, en plus de lancer un examen complet de l’usage de la force par les policiers de la GRC.

Il s’agit là de revendications qui sont martelées par des militants antiracisme depuis longtemps, mais ont refait surface en marge des récentes manifestations.

«Plusieurs personnes étaient dans les rues, demandant de l’action concrète pour faire face au racisme systémique. Ça a commencé aux États-Unis et, à travers le monde, il y a des milliers de gens qui militent pour faire quelque chose de concret», a dit M. Singh.

«Pour un instant, j’ai senti la colère des gens, les gens qui demandent plus et on a eu la chance de faire quelque chose de plus et ça, c’est pourquoi ce geste (...) m’a rendu en colère», a-t-il poursuivi.

Dans une déclaration écrite, la whip bloquiste, Claude De Bellefeuille a continué de réclamer des excuses immédiates du chef néo-démocrate qui a «diffamé» M. Therrien «avec une insulte injustifiée qui salit sa réputation».

M. Singh croit-il être capable de revenir aux Communes même si la présidence a donné raison au Bloc et l’a sommé de s’excuser pour ses propos?

«Je pense que c’est toujours raciste. On verra ce qui se passe dans l’avenir», a simplement dit le chef néo-démocrate.

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