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27/10/2020 08:29 EDT | Actualisé 27/10/2020 09:44 EDT

Le comédien Jacques Godin est décédé

Il a succombé à une défaillance cardiaque.

Paul Chiasson/La Presse canadienne
Jacques Godin a remporté le prix pour la meilleure interprétation, premier rôle masculin, dans un téléroman au Gala des Gémeaux en 2001.

MONTRÉAL — L’acteur québécois Jacques Godin est décédé à l’âge de 90 ans.

L’Agence Goodwin, qui le représente, a précisé par communiqué qu’il a succombé à une défaillance cardiaque, lundi, à l’Hôpital de Verdun.

La date des funérailles sera annoncée ultérieurement.

Le Montréalais d’origine a marqué le paysage culturel de la province pendant de nombreuses décennies, ayant joué dans plus de 230 productions, tant à la radio qu’au théâtre, à la télévision et au cinéma.

Après s’être initié au monde du théâtre dans des productions paroissiales, c’est à la radio qu’il fera ses véritables débuts professionnels, notamment dans des radio-romans de Radio-Canada.

Il participe également aux balbutiements de la télévision québécoise, avec des rôles dans “14, rue de Galais”, “Cap-aux-sorciers”, “Les belles histoires des pays d’en haut” et “Radisson”.

Parmi ses personnages les plus marquants, on note ceux de Victor Téoli dans “Montréal P.Q.” de Victor Lévy-Beaulieu et de Jérémie Martin dans “Sous le signe du lion”, un rôle qui lui vaudra deux Gémeaux en 1998 et 2001.

 

Un autre Gémeau lui reviendra pour son rôle de soutien dans la série “Toute la vérité”, en 2012. Il en avait aussi remporté un pour “La charge de l’orignal épormyable”, adaptation d’une pièce de Claude Gauvreau, en 1993.

Le théâtre occupe également une place importante dans sa carrière, et Jacques Godin cumule les rôles sur scène dans plus d’une soixantaine de pièces au fil des ans, touchant aux répertoires d’Arthur Miller et d’Anton Tchekhov, mais aussi de Michel Tremblay, William Shakespeare, Eugene Ionesco, Victor Lévy-Beaulieu et Samuel Beckett, entre autres.

Son rôle de Lennie dans “Des souris et des hommes” de John Steinbeck au début des années 1970 fut sans doute l’un des plus marquants. Plusieurs personnes ont d’ailleurs témoigné sur les réseaux sociaux, mardi, pour raconter comment cette interprétation les avait touchées.

“Je me rappellerai toute ma vie de son rôle de Lennie dans le téléthéâtre ‘Des souris et des hommes’, en 1971, dans la peau d’un homme avec un âge mental de 5 ans, aux côtés d’Hubert Loiselle et Luce Guilbeault”, a écrit sur Twitter le premier ministre François Legault.

Jacques Godin tient aussi un grand nombre de rôles au cinéma. On l’a entre autres vu dans “Being at Home with Claude”, “La donation” et “La dernière fugue”.

En 2010, il avait confié au quotidien “La Presse” qu’il était loin de penser à la retraite, malgré son âge, mais que pendant une certaine période de sa carrière, il a attendu en vain que le téléphone sonne.

“On ne m’engageait pas. Dans ma condition, je m’attends à ce que les gens m’appellent. Je me dis que j’ai travaillé sérieusement pendant ma vie. J’ai été deux ans sans travailler. Mais moi, ne pas travailler, ça me déprime. Beaucoup de gens de mon âge ont de la difficulté avec les plateaux, mais moi, je n’ai pas de problème”, avait-il raconté.

À compter de 2013, il décide de plonger dans une nouvelle aventure et de jumeler scène et musique en devenant le narrateur des spectacles du jeune pianiste virtuose et compositeur de musique contemporaine Philippe Prud’homme.

En juin 2017, il est fait chevalier de l’Ordre national du Québec.

Le grand comédien laisse dans le deuil sa conjointe des 30 dernières années, la journaliste Brigitte Bougie, sa fille Pascale (Yvan Girard), sa petite-fille, Esther Girard-Godin (Xavier P-Laberge) et son arrière-petite-fille, Jeanne.