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03/07/2019 17:24 EDT

Le iPhone, peut-être plus écolo que vous ne le pensez…

Si le téléphone intelligent n’existait pas, combien d’appareils différents utiliserions-nous par jour pour exécuter les même tâches?

Peter Nicholls / Reuters

Obsolescence programmée, laxisme quant aux conditions sociales et environnementales de production, surutilisation d’énergie, cyberdépendance… Le iPhone a été critiqué à de nombreuses reprises depuis sa sortie il y a maintenant 12 ans. 

Environ deux milliards d’exemplaires vendus plus tard, une nouvelle théorie défendue dans Wired par un économiste du MIT, Andrew McAfee, avance que le iPhone aurait peut-être bien rendu service à la planète, en quelque sorte.

Dans son article, McAfee fait remarquer qu’au cours des dernières années, l’utilisation d’électricité est demeurée stable aux États-Unis. «Avant la Grande Récession, la consommation de plastique aux États-Unis avait augmenté de plus de 50 % plus rapidement que l’ensemble de l’économie. Depuis 2009, la situation s’est inversée», souligne l’économiste. Le iPhone ne serait pas étranger à cette transformation.

L’ère Radio Shack

Rappelez-vous de cette époque pas si lointaine où l’on s’enthousiasmait de la sortie de chaque nouveau gadget qui, on le croyait fermement, allait nous simplifier la vie. Calculatrice, baladeur, radio-réveil, magnétophone, ordinateur, téléphone ; ces produits issus des nouvelles technologies de l’époque se sont retrouvés dans bien des foyers.

McAfee, dans son article, mentionne un témoignage tiré d’un article du HuffPost US qui relève le fait que la plupart des fonctions qu’occupaient jadis ces gadgets sont maintenant remplies par le iPhone. En étudiant une publicité de Radio Shack trouvée dans un journal datant de 1991, Steve Cichon, écrivain et ancien animateur de radio, a réalisé que sur 15 appareils technologiques présents dans la pub, 13 sont maintenant intégrés dans le iPhone. Aujourd’hui, les gens écoutent encore de la musique et font toujours des calculs mathématiques, mais ils le font en mobilisant moins de ressources différentes.

Steve Cichon
Le iPhone remplace aujourd'hui bon nombre d'appareils vendus il y a quelques années, comme le montre cette publicité de 1991.

La dématérialisation, source d’économie? 

Ainsi, bien que la production des iPhone requière l’exploitation massive de matériaux comme le cobalt, le métal et le plastique, selon Andrew McAfee, il faut adopter un point de vue plus global pour évaluer son impact ; si le téléphone intelligent n’existait pas, combien d’appareils utiliserions-nous par jour pour exécuter les même tâches? Plus encore, combien de machines auraient été produites en masse depuis l’«époque Radio Shack»? 

C’est le concept de minimalisme technologique, de «dématérialisation»— l’idée selon laquelle on transforme «des documents physiques en fichiers numériques» ou on «crée ces documents directement sous forme numérique pour les intégrer à un processus» — qui est la clé de voûte de l’argumentation de McAfee. Il note que c’est cette idée même qui fait que la vente des appareils photo numériques, de films et de cassettes vidéos a chuté au cours des dernières années (et non pas qu’on a cessé de s’intéresser à la photographie et au film).

Un nouvel âge des Lumières

Malgré les critiques répétées envers Apple, McAfee demeure fondamentalement optimiste quant aux nouvelles technologies. «Elles nous entraînent vers une nouvelle époque des Lumières — physique plutôt qu’intellectuelle», avance-t-il. Il prédit qu’«au 21e siècle, cette période des Lumières s’étendra des États-Unis et des autres pays riches aux régions en voie de développement et nous entrerons dans une relation stable et saine avec la planète entière».

En 2016, on produisait 44,7 millions de tonnes de déchets électroniques. Alors déjà, pour être un peu plus écolo, mieux vaut conserver son téléphone plus longtemps. Comme le soutenait Lisa Jackson, qui supervise les efforts d’Apple en matière d’environnement, «utiliser plus longuement (les iPhone) est la meilleure chose à faire pour la planète». On compte aussi sur des initiatives de recyclage comme celle du robot Daisy, une installation à cinq «bras» qui peut déconstruire des téléphones à un rythme de plus de 200 à l’heure...

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