POLITIQUE
09/11/2019 14:43 EST | Actualisé 09/11/2019 17:13 EST

Immigration: la jeune Française se dit soulagée de la volte-face du gouvernement

On avait d'abord refusé à Émilie Dubois le Certificat de sélection pour immigrer au Québec en raison d’un niveau de français jugé insuffisant.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Émilie Dubois pose devant son bureau le vendredi 8 novembre 2019, à Québec. 

MONTRÉAL — Émilie Dubois, cette jeune Française à qui on avait refusé le Certificat de sélection pour immigrer au Québec, se dit soulagée que le gouvernement québécois ait fait volte-face dans son dossier.

«J’ai pleuré, a-t-elle raconté. C’est comme si j’avais un gros poids de moins sur mes épaules.»

Dans un premier temps, le ministère de l’Immigration avait rejeté sa demande parce qu’un chapitre de sa thèse de doctorat avait été rédigé en anglais. Un bureaucrate avait jugé que son français n’était pas assez adéquat pour obtenir un certificat de sélection dans le cadre du Programme de l’expérience québécoise (PEQ).

Fortement étonnée de la décision du gouvernement, Mme Dubois a tenté d’obtenir une explication du ministère. Peu satisfaite des réponses qu’on lui a faites, elle s’est tournée vers la députée de Québec solidaire Catherine Dorion qui l’a appuyée.

Son histoire a fait les gros titres dans le monde entier. Vendredi, le ministère l’a informée que la décision initiale avait été annulée.

Selon Mme Dubois, un certificat lui sera bientôt envoyé, ce qui lui permettra de poursuivre ses efforts pour obtenir le statut de résident permanent, de continuer à exploiter sa propre entreprise et de rester à Québec, où elle réside depuis 2012. Elle a d’ailleurs fait des études de doctorat à Université Laval.

«J’ai eu un appel d’une personne du ministère de l’Immigration qui m’a dit que le dossier avait été rouvert, révisé, qu’on avait pris en compte tous les documents et que la décision finale a été renversée», a-t-elle relaté.

Elle espère que son cas mettra en évidence des problèmes dans la manière dont les décisions sont prises en matière d’immigration. «Je ne veux pas que cela s’arrête à moi. Je veux que ce soit une cerise sur le gâteau pour montrer les problématiques de décision sur le plan de l’immigration pour que cela soit un exemple qu’il y ait d’autres dossiers. Il faut réfléchir pour définir cette loi.»

Vendredi, le gouvernement Legault a aussi reculé en suspendant son règlement controversé modifiant l’accès au Programme de l’expérience québécoise devant la levée de boucliers suscitée par sa réforme.

Le PEQ est un programme qui a été conçu à l’origine pour permettre à tous les étudiants étrangers titulaires d’un diplôme admissible, ou aux personnes avec une expérience de travail au Québec, de recevoir rapidement un certificat de sélection du Québec, et ainsi de pouvoir s’installer ici. En 2018, il y avait 11 000 personnes admises en vertu du PEQ au Québec.

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