POLITIQUE
05/07/2019 10:48 EDT | Actualisé 05/07/2019 12:07 EDT

Québec annonce des mesures pour améliorer l’accès à la francisation des immigrants

Une somme supplémentaire de 70,3 millions $ par année sera réservée aux mesures touchant la francisation.

La Presse Canadienne
Photo d'archives de Simon Jolin-Barrette.

Québec élargit l’accès aux programmes de francisation des personnes immigrantes et bonifie les allocations qui leur sont versées pour participer à ces cours.

Le ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Simon Jolin-Barrette, en a fait l’annonce, vendredi à Montréal.

Une somme supplémentaire de 70,3 millions $ par année sera réservée aux mesures touchant la francisation seulement au ministère, pour un total de 170 millions $ par année. Et c’est sans compter les sommes consacrées aux programmes de francisation en milieu de travail, auxquels participent activement de grandes organisations syndicales.

Cette année, une somme supplémentaire de 146 millions $ est ajoutée à l’immigration, pour un total de 730 millions $ sur cinq ans. “C’est majeur, voire historique comme augmentation du budget”, a lancé le ministre Jolin-Barrette.

Les mesures

Entre autres mesures, l’accès aux cours de francisation sera accru au-delà de cinq ans. Jusqu’ici, la clientèle admissible aux programmes de francisation était limitée aux personnes immigrantes arrivées depuis cinq ans ou moins au Québec. Une personne immigrante qui est au Québec depuis six, sept, huit ans pourra désormais participer à ces cours. “On brise la barrière du cinq ans”, a résumé le ministre.

De même, l’allocation de participation pour des cours à temps complet passe de 141 $ à 185 $ par semaine.

Aussi, une allocation de participation pour des cours à temps partiel est créée, soit 15 $ par jour de formation.

De plus, l’allocation pour frais de garde pour des cours à temps partiel passe de 7 $ à 9 $ par jour, par enfant ou personne handicapée à charge.

“L’immigration est l’une des solutions à la pénurie de main-d’oeuvre. En donnant la possibilité à toutes les personnes immigrantes de se franciser, nous améliorons leurs chances de se trouver un emploi correspondant à leurs compétences et de répondre aux besoins du marché du travail”, a expliqué le ministre Jolin-Barrette.

Embauches

Pour déployer ces mesures, le ministère de l’Immigration prévoit embaucher l’équivalent de 80 professeurs de français à temps complet, soit une hausse de 17 pour cent.

Selon les estimations du ministère, cela pourrait mener à l’ouverture de 300 nouvelles classes de francisation.

Québec espère ainsi rejoindre 4500 personnes supplémentaires annuellement et contribuer à la francisation à temps complet de 17 500 personnes par an, a précisé le ministre Jolin-Barrette.

Il importe de rappeler qu’en 2017, le Vérificateur général avait déploré le peu de succès des programmes de francisation et la participation insuffisante à ces cours.

Bien reçu

Les mesures annoncées ont été bien reçues par le milieu des affaires, qui revendique depuis quelques années d’accroître les mesures d’intégration des immigrants.

Stéphane Forget, président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec, a dit croire que cela “permettra d’intégrer plus rapidement et plus facilement les travailleurs issus de l’immigration au sein des entreprises de toutes les régions du Québec”.

Il y voit aussi des avantages pour retenir les travailleurs temporaires étrangers. “Nous croyons que l’élargissement de l’accès aux services de francisation aux travailleurs étrangers temporaires et à leur conjoint incitera davantage d’entre eux à déposer une demande de résidence permanente”, a-t-il ajouté.

Au Conseil du patronat du Québec aussi, le pdg Yves-Thomas Dorval s’en est réjoui. “Devant la réalité du marché de l’emploi sur l’ensemble du territoire au Québec, toutes les initiatives sont les bienvenues pour encourager l’arrivée d’immigrants au Québec ainsi que leur établissement dans les régions, et nous saluons l’importance d’augmenter les enveloppes associées.”

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