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10/08/2020 10:05 EDT

À l'île Maurice, des dons de cheveux pour arrêter la marée noire

Les Mauriciens se mobilisent comme ils peuvent pour tenter d'empêcher les hydrocarbures du navire Wakashio de dévaster l'environnement.

Des cheveux pour sauver l’environnement. Alors que le Wakashio, un navire japonais, s’est échoué aux abords de l’Île Maurice à la fin du mois de juillet, et que s’en écoulent depuis quelques jours des hydrocarbures dangereux pour l’environnement, la population locale et les ONG se mobilisent pour éviter la catastrophe. 

Et si des pays comme la France ont décidé d’envoyer des moyens professionnels, la débrouillardise est également de mise face au risque de marée noire. Ainsi, à Mahébourg, principale localité du district concernée par cette pollution, un don de cheveux s’est mis en place, des coiffeuses proposant d’offrir des coupes à ceux qui le souhaitent. Et le but est écologique bien plus qu’esthétique. 

En effet, au côté des bouées de paille qui absorbent les hydrocarbures, il est également possible d’en constituer à l’aide de cheveux et de nylon. Cette technique est notamment promue en France depuis des années par des ONG qui récoltent les cheveux coupés par des coiffeurs professionnels pour ensuite confectionner des dispositifs censés filtrer l’eau dans les ports ou dans des rivières par exemple. 

Depuis une dizaine d’années et une lutte engagée au Mexique contre une marée noire, il est ainsi fréquent d’utiliser les propriétés d’absorption des cheveux pour endiguer la progression d’hydrocarbures dans l’eau. Imputrescibles et très résistants, les cheveux font effectivement d’excellents filtres en mer face à ce genre de pollution lourde. 

À cet égard, le militant écologiste et journaliste Hugo Clément a notamment profité de sa large communauté sur les réseaux sociaux pour tenter de faire passer l’appel d’une ONG auprès de compagnies aériennes et même de l’État français. L’organisation Octop’Us, écrit-il, cherche à envoyer les tonnes de cheveux qu’elle a ainsi récoltées en direction de l’Île Maurice.

Dimanche 9 août, l’ancien de “Quotidien” a également  lancé une cagnotte en ligne pour venir en aide à l’Île Maurice. À l’heure où sont écrites ces lignes, il a récolté quelque 28 000 euros (44 000 $CAN) sur les 50 000 (79 000 $CAN) visés. 

En attendant ce possible coup de main en provenance de la France, les Mauriciens ont en tout cas déjà bien enclenché le processus de récolte des cheveux et de conception de bouées, comme le rapportait le Parisien durant le weekend. “J’imagine que dans quelques jours tous les Mauriciens seront chauves”, s’amusait même auprès du quotidien Sébastien Sauvage, le porte-parole de l’ONG Eco-Sud, qui participe sur place à la fabrication de ces dispositifs artisanaux.   

Ce texte a été publié originalement sur le HuffPost France.