OPINION
20/07/2019 08:00 EDT

​Il fait chaud, et vous devriez réagir

Les clims, c’est un cercle vicieux. Voyez-vous le paradoxe des climatiseurs est qu’ils nous refroidissent, mais qu’ils réchauffent la planète. Ironie du sort…

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Juin a été le mois le plus chaud de l’histoire à l’échelle de la planète. Et alors? 

Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Et alors? 

Le secrétaire général des Nations unies, A. Guterres, a qualifié cela de «catastrophe pour la vie sur terre». Et alors? 

Et alors, les temps ont changé.  Et il va falloir que nous changions aussi et très vite! 

Lorsque la canicule sévit en Inde, en France ou chez nous au Canada, que la vie des gens est en danger et que le bétail en meurt, il n’est pas exagéré de dire qu’il y a un problème, non?

Le monde a compris que nous vivons une crise climatique mondiale sans précédent. Aujourd’hui, qui dit canicule comprend que c’est une question de vie ou mort; qui dit inondations ou évènements météorologiques extrêmes comprend qu’il y aura des milliers de déplacé·es climatiques; qui dit pollution de l’air et îlots de chaleur comprend que cela impacte notre santé, celles de nos aîné·es, de nos plus petit·es, et des personnes les plus vulnérables; qui dit précarité sociale dit exclusion et adaptation plus difficile aux désastres environnementaux...

Mais, sommes-nous tous et toutes capables de surmonter ces défis? Prenez par exemple juillet 2018 à Montréal. C’était le mois le plus chaud jamais enregistré en 97 ans. Il y a eu plus de 60 décès reliés aux canicules. C’est très triste.

Ce qui est encore plus triste, c’est de savoir que cela pourrait se reproduire. Une telle tragédie nous fait aussi prendre conscience des réalités qui se cachent derrière les changements climatiques.

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Selon Environnement Canada, les changements climatiques rendront les vagues de chaleurs au Canada plus fréquentes et plus intenses. 

Saviez-vous que trois de ces morts ont été enregistrés dans l’arrondissement Parc-Extension adjacent à l’arrondissement de Ville Mont-Royal? Et alors me diriez-vous? Parc-Extension est l’un des arrondissements les plus pauvres au Canada. Ville Mont-Royal, l’un des plus riches de Montréal. Or, dans ce dernier, il n’y a eu aucun décès. 

Permettez-moi donc de croire que les enjeux sociaux et environnementaux, dans notre contexte d’urgence climatique, sont un tantinet reliés. Notre droit à un environnement sain est aussi notre droit à une vie digne.

Dans son rapport printanier, Environnement Canada nous l’a rappelé très clairement: «les changements climatiques rendront les vagues de chaleurs au Canada plus fréquentes et plus intenses». Ça ne vous fait pas plus d’effet?

Écoutez un urgentologue québécois: «les changements climatiques représentent le plus grand problème de santé publique de l’humanité actuellement.» Ce sont les mots du Dr. Éric Notebaert lors de la conférence de presse du lancement du New Deal Vert. 

Ce qui m’a émue, ce jour-là, c’est son cri du coeur: «Et la solution n’est certainement pas de climatiser leurs résidences, comme on a pu l’entendre récemment. C’est comme si on proposait un sparadrap à un polytraumatisé en danger de mort.»

Le problème avec la clim 

Croyez-vous qu’en climatisant les résidences des ces trois personnes, on aurait pu les sauver? Oui, fort probablement. Mais qui va installer la climatisation chez les habitant·es de Parc-Ex? Et puis peut-être avaient-ils ou elles déjà la clim? Avoir la clim chez soi nous aiderait-il à contrôler les vagues de chaleur et à contenir le réchauffement planétaire? 

La véritable question serait plutôt: est-ce qu’avoir une clim rendrait nos communautés plus aptes à mener une vie saine, épanouie et digne de ce nom? Mais surtout, en installant plus de climatiseurs se débarrasse-t-on du problème de l’urgence climatique? 

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«Les changements climatiques représentent le plus grand problème de santé publique de l’humanité actuellement.»

Voyez-vous le paradoxe des climatiseurs est qu’ils nous refroidissent, mais qu’ils réchauffent la planète. Ironie du sort, en effet.

Selon un rapport publié en mai par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les émissions de dioxyde de carbone liées à la climatisation devraient presque doubler entre 2016 et 2050, à raison de 1 milliard de tonnes par an.

En octobre dernier, des scientifiques de partout dans monde nous ont supplié de contenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5℃ d’ici 2030. Donc en gros: couper de moitié nos émissions à effet de serre globales … en 11 ans.

Donc, les clims, c’est un cercle vicieux, et surtout une fausse solution à un problème complexe que nous devons solutionner.

Il y a les milliers de tonnes de CO2 émis par l’industrie pétrogazière. Cette dernière continue pourtant de creuser, polluer et de contribuer à la crise climatique. Tout cela au dépend de notre santé physique, mentale, de la santé des écosystèmes, de la faune, de la flore, de l’Arctique… bref, de tout!

De toute évidence, jour après jour, nous comprenons que la lutte aux changements climatiques ne peut plus demeurer une discussion entre  environnementalistes et scientifiques, ponctuée de déclarations d’urgence climatique superficielle par nos politiciens. C’est une crise plurielle, intersectionnelle, environnementale, sociale et raciale.

Alors le temps est venu d’y faire face. Il faut élargir notre champ de vision, y croire, nous serrer les coudes, nous mobiliser, nous rassembler sous la bannière du New Deal Vert et agir. Bâtissons ensemble les solutions pour un futur où la justice climatique, sociale et environnementale sera la norme.

Et alors? Et alors, ça n’en tient qu’à vous et moi! 

La section Perspectives propose des textes personnels qui reflètent l’opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du HuffPost Québec.