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19/05/2020 10:37 EDT

Si vous prenez de l'hydroxychloroquine en traitement préventif comme Trump, voici ce que vous risquez

L’hydroxychloroquine peut provoquer plusieurs effets secondaires.

John Locher/ASSOCIATED PRESS
Les études sur l'hydroxychloroquine ne prouvent pas pour l'instant que ce soit un médicament qui puisse traiter la COVID-19. (photo d'archives)

“Qu’est-ce que vous avez à perdre?” C’est ce que s’est demandé Donald Trump après avoir avoué qu’il prenait tous les jours de l’hydroxychloroquine en traitement préventif face au coronavirus. Le président des États-Unis, grand défenseur de ce médicament, a également affirmé qu’il prenait du Zinc et de l’azithromycine, un antibiotique associé à l’hydroxychloroquine par le professeur Didier Raoult dans ses études très contestées.

“J’en prends parce que j’entends de très bonnes choses”, a précisé Donald Trump. Pourtant, seules quelques études préliminaires, à l’instar de celles du sulfureux chercheur français, ont trouvé un effet positif à l’hydroxychloroquine face à la COVID-19. Trois études récentes, publiées dans de meilleures conditions et avec des groupes témoins, témoignent à l’inverse d’une absence d’effets. Il reste un petit espoir pour autant, et il faudra attendre le résultat, sous peu, de rigoureux essais cliniques pour savoir une fois pour toutes quel est l’impact de ce médicament anti-paludisme sur le coronavirus.

À VOIR: Trump révèle qu’il prend de l’hydroxychloroquine


Mais après tout, “qu’est-ce que vous avez à perdre”? Eh bien justement, sur cette question, les choses sont un peu plus claires. Car l’hydroxychloroquine est un médicament bien connu. Ses effets secondaires également. Comme le rappelle Science Magazine, on sait que ce traitement peut provoquer de l’arythmie cardiaque. Même si ces effets sont rares, ils ne sont pas négligeables. Surtout que l’azithromycine provoque également un effet similaire. Et ce cocktail semble décupler les problèmes. Des chercheurs brésiliens ont par exemple arrêté une étude après avoir enregistré plus de morts dans le groupe de personnes prenant la combinaison hydroxychloroquine/azithromycine.

Nombreuses alertes

Entre la polémique provoquée par la communication de Didier Raoult et les précédentes déclarations de Donald Trump, grand défenseur de la chloroquine, le fait est qu’un certain nombre de personnes semble avoir pris de l’hydroxychloroquine, avec ou sans azythromycine, en prévention ou en traitement face à la COVID-19. 

Face à des cas de toxicité cardiaque, les autorités françaises avaient, fin mars, mis en garde contre l’automédication. L’Agence du médicament française a précisé, le 25 avril, qu’elle avait recensé des “effets secondaires graves” des traitements pris face à la COVID-19. Dans la moitié des 215 cas recensés à l’hôpital, l’un de ces deux médicaments était en cause.

Même l’Agence du médicament américaine a mis en garde contre l’automédication prônée par Donald Trump. “La FDA a connaissance de rapports faisant état de graves problèmes de rythme cardiaque chez les patients atteints de COVID-19 traités par l’hydroxychloroquine ou la chloroquine, souvent en association avec l’azithromycine et d’autres médicaments prolongeant l’intervalle QT”, précise l’agence, qui rappelle que ces médicaments “n’ont pas démontré leur sûreté et leur efficacité pour traiter ou prémunir de la COVID-19″.

Et de rappeler que cet usage devrait être limité aux essais cliniques ou au traitement de certains patients hospitalisés. Qu’il ne devrait donc surtout pas être utilisé en automédication, encore plus pour une personne sujette à des problèmes cardiaques.

Ce texte a été publié originalement dans le HuffPost France.