POLITIQUE
11/07/2019 13:47 EDT | Actualisé 11/07/2019 13:50 EDT

Le Québec demeure confiant que l'Ontario achètera davantage d'hydroélectricité à «moyen et long terme»

«Je pense que l’Ontario est en surplus, alors pourquoi ils achèteraient de l’électricité maintenant?»

LARS HAGBERG via Getty Images
Photo d'archives.

MONTRÉAL — Il faudra un certain temps afin de convaincre l’Ontario d’acheter davantage d’hydroélectricité québécoise, mais en fin de compte, la logique devrait l’emporter, estiment le gouvernement Legault et Hydro-Québec.

Au lendemain d’une autre rebuffade de la part du gouvernement Ford, Québec ainsi que la société d’État n’ont pas voulu ajouter de l’huile sur le feu, jeudi, préférant plutôt jouer la carte de la diplomatie.

«Je pense que c’est rationnel, a expliqué le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, en conférence de presse. Je ne prête aucune mauvaise intention. (...) Je pense que l’Ontario est en surplus, alors pourquoi ils achèteraient de l’électricité maintenant?»

Celui-ci était notamment accompagné du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien, afin d’inaugurer la ligne haute tension de la Chamouchouane-Bout-de-l’Île, qui relie le Saguenay-Lac-Saint-Jean à la région de Montréal. Ce projet a été livré en deçà du budget estimé d’environ 1,3 milliard $.

M. Martel a souligné que la société d’État disposait d’autres options pour exporter ses surplus, comme l’important contrat signé au Massachusetts ainsi qu’une entente potentielle avec la Ville de New York — qui est toujours au stade des négociations.

À VOIR: l’explication derrière les trop-perçus d’Hydro-Québec

 

Mercredi, au Conseil de la fédération, à Saskatoon en Saskatchewan, l’Ontario avait servi une autre fin de non-recevoir au Québec, qui souhaite que cette province achète de l’électricité au lieu de rénover à des coûts faramineux — estimés à plusieurs milliards de dollars — ses centrales nucléaires.

Il s’agit d’un enjeu délicat pour l’Ontario, puisque l’industrie nucléaire y emploie pas moins de 18 000 personnes.

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles a assuré que le gouvernement Legault n’allait pas baisser les bras dans ce dossier, estimant au passage qu’il s’agissait d’un travail à «moyen et long terme».

«Actuellement, le coût de l’électricité (en Ontario) est de 13 cents le kilowattheure, a dit M. Julien. Nous sommes capables d’offrir une option beaucoup plus économique. Il faut laisser le temps aux choses de s’installer.»

M. Julien compte aborder à nouveau le dossier avec son homologue ontarien Greg Rickford, la semaine prochaine, en Colombie-Britannique, dans le cadre de la réunion des ministres des Ressources naturelles.

Le comptable de formation a également estimé que le gouvernent Ford pourrait être plus enclin à changer son fusil d’épaule lorsque la réfection des 19 réacteurs nucléaires, qui sera onéreuse, aura débuté.

«On peut dire “oui on va le faire”, mais lorsqu’on commence à le faire, on s’aperçoit de l’envergure et du coût nécessaire, a observé M. Julien. Trois réacteurs représentent 10 environ térawattheures. Donc, ils pourraient faire le choix d’en faire moins. Mais ça ne sera pas à nous de leur dire.»