POLITIQUE
20/10/2020 14:46 EDT

Le Dr Arruda désormais protégé par un garde du corps

La protection lui a été offerte en raison de «certaines menaces qui ont eu lieu et continuent d'avoir lieu», a-t-il expliqué.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne
Le directeur national de santé publique Horacio Arruda a plaidé pour que les manifestants qui s'opposent à ses recommandations respectent sa vie privée, mardi.

Visé par «différentes menaces» au cours des derniers mois, le directeur national de santé publique Horacio Arruda bénéficie désormais des services d’un chauffeur et d’un garde du corps, a-t-il confié en conférence de presse mardi après-midi.

Cette protection lui aurait été offerte «compte tenu de l’analyse qui a été faite par la Sécurité publique [de] certaines menaces qui ont eu lieu et continuent d’avoir lieu».

Du bout des lèvres, il a évoqué la manifestation antimasque qui a eu lieu la semaine dernière devant sa résidence personnelle, à Sainte-Thérèse dans les Laurentides.

«Je crois beaucoup au droit de manifester. L’enjeu c’est quand on va dans des zones personnelles. Vous comprendrez que j’ai des voisins, j’ai des gens», a-t-il évoqué.

Il assure que les manifestants qui se sont rassemblés devant son domicile jeudi dernier ont fait «un bon travail» et sont demeurés respectueux, mais avoue craindre que ce genre d’événements puisse mener à des dérapages et à du «grabuge».

Plus tranchant, le premier ministre François Legault a quant à lui qualifié d’«inacceptable» la manifestation devant le domicile du Dr Arruda, tout comme les menaces formulées à l’endroit de la vice-première ministre Geneviève Guilbault.

Lundi, un homme de 50 ans qui aurait proféré des menaces en ligne à l’endroit de Mme Guilbault a été blessé lors de l’intervention policière visant à l’appréhender. Selon le Service de police de la Ville de Québec, l’homme était armé d’un couteau au moment de l’interpellation.

Voyez la conférence de presse ci-dessous:

Les manifestants antimasques n’en étaient pas à leur première attaque personnelle contre le Dr Arruda, jeudi. En août, le fonctionnaire avait porté plainte à la Sûreté du Québec après que l’adresse de son domicile eut été diffusée sur les réseaux sociaux pour l’intimider.

«Qu’on s’attaque à moi, ça va, mais qu’on s’attaque à ma famille... disons que pour moi c’était un réflexe de roi lion qui veut protéger ses enfants», avait-il expliqué à l’époque.

Il est loin d’être le seul fonctionnaire à subir de l’intimidation en ligne depuis le début de la pandémie.

Le mois dernier, la Sûreté du Québec révélait avoir reçu six fois plus de signalements de menaces contre des politiciens de mars à septembre que pour la même période l’an passé.