Hoquet, perte de cheveux...ces symptômes inattendus de la COVID-19

Rares ou se déclenchant plus tard, ces symptômes de la COVID-19 ont souvent été attribués à d'autre affections, mais le doute n'est plus possible.

C’est le genre d’informations qui ne s’est diffusé, dans les premiers mois de la maladie, que via des messages angoissés sur les réseaux sociaux. En plus de la perte de goût, de la toux sèche, de la fatigue, la COVID-19 a produit sur certains patients des effets particulièrement désagréables. De récentes recherches viennent aujourd’hui attribuer ces symptômes sans l’ombre d’un doute au coronavirus. À commencer par le plus étrange d’entre eux: un hoquet persistant.

C’est une étude publiée dans la revue médicale The American Journal of Emergency Medicine à la fin du mois de juillet qui rendait compte de cet étonnant phénomène. Un patient de 62 ans, atteint par une forme sévère de la COVID-19, a souffert durant toute la durée des symptômes aigus d’un hoquet continu. Ce cas fait écho à un autre malade, décrit lui aussi dans une revue spécialisée quelques semaines plus tôt: âgé d’une quarantaine d’années, très atteint, ses symptômes sont nombreux...et parmi eux, ce fameux hoquet persistant.

Le hoquet jour et nuit

Une manifestation étonnante, qui s’explique par l’infection du système respiratoire qui caractérise SARS-CoV-2: un hoquet bénin est dû à la contraction de la glotte et du diaphragme. Mais il peut, s’il est provoqué par une maladie, provenir de la cage thoracique ou des poumons. Dans le cas des deux patients étudiés, le virus avait endommagé la zone pulmonaire, créant ce symptôme si fatigant.

Moins visible, mais largement aussi désagréable: le coronavirus affecterait aussi la thyroïde. Dans une étude publiée dans le Lancet, les chercheurs de l’université de Cardiff rapportent des inflammations de la thyroïde, ou thyroïdites, causées par une infection à la COVID-19. Un symptôme toujours réservé aux malades atteints par la forme sévère du virus.

Bien que l’on en comprenne encore mal les raisons, ce trouble thyroïdien pourrait être largement répandu chez les malades. Toujours en juillet, une équipe italienne rapportait que 20% ses patients présentaient une thyréotoxicose, c’est-à-dire des troubles dus à la présence excessive d’hormones thyroïdiennes dans l’organisme. Étant donné le rôle central de la thyroïde dans notre organisme et les troubles qu’occasionne son dysfonctionnement, la vie des malades touchés peut être singulièrement plus difficile.

Les démangeaisons comme signal d’alarme

Une autre manifestation particulièrement désagréable du virus est en train de se manifester sous un nouveau jour. De nombreux malades ont ainsi rapporté des éruptions cutanées s’accompagnant de démangeaison, dès les débuts de la pandémie. Mais ce qui apparaissait simplement comme un symptôme rare fait aujourd’hui figure de signal d’alerte.

Une étude menée par le King’s Collège début août à partir des réponses de 336 000 malades montre en effet que 17% ont commencé par avoir rougeurs et démangeaisons avant toute autre manifestation de la maladie. Un cinquième d’entre eux sont asymptomatiques, si l’on exclut ces plaques, en général sur les orteils ou les doigts,

Au regard de ces données, les auteurs de l’étude considèrent qu’il faudrait prendre bien plus au sérieux l’apparition de rougeurs sur notre corps. Par précaution, le docteur Veronique Bataille, chercheuse au King’s College, estime ainsi que toute personne faisant subissant l’apparition de plaques ou de démangeaisons devrait se confiner et se faire tester, même en l’absence de tout autre symptôme.

Les cheveux des malades longue durée

C’est en revanche après plusieurs mois de maladie, pour ceux qui ont le malheur de devoir encore se battre contre le coronavirus, qu’apparaît un autre effet rapporté par plusieurs établissements hospitaliers: la perte de cheveux. Sans qu’il s’agisse d’une étude formelle, des médecins de l’hôpital de Cleveland, aux États-Unis, ont par exemple rapporté sur le site de l’hôpital de plus en plus de leurs patients perdaient leurs cheveux.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux malades “longue durée” ont raconté leur propre expérience, y compris l’actrice américaine Alyssa Milano, porteuse du virus depuis plusieurs mois. Pas d’affolement: appelée en dermatologie “effluve de Telogen”, cette perte de cheveux due au stress est normalement provisoire. Mais elle démontre aussi la fatigue, physique et psychologique, que la COVID-19 fait peser sur les malades, en particulier lorsque la guérison se fait attendre durant de longs mois.