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02/02/2020 10:51 EST | Actualisé 02/02/2020 15:49 EST

Un homme abattu après avoir poignardé plusieurs personnes à Londres

Les faits se sont produits dans le quartier de Streatham.

Une attaque au couteau «de nature islamiste» survenue dimanche dans une rue commerçante du sud de Londres a fait trois blessés dont un grave, selon la police qui a abattu l’assaillant, porteur d’un «engin» factice.

Elle est intervenue un peu plus de deux mois après une attaque au couteau revendiquée par le groupe djihadiste État islamique qui a fait deux morts à London Bridge, en plein centre de la capitale britannique. Elle avait conduit le gouvernement conservateur à alourdir les peines pour les auteurs d’actes terroristes. 

Dimanche, les faits ont eu lieu vers 14h heure locale, dans le quartier d’habitation de Streatham, dans une rue animée.

Après avoir évoqué deux blessés, la police a revu son bilan à trois blessés, dont l’un grièvement. Deux personnes ont été poignardées par l’assaillant, abattu par la police, et une troisième a été blessée par un éclat de verre causé par un tir des forces de l’ordre.

Tué par la police, l’auteur portait «un engin attaché au corps», a relevé la Metropolitan police, confirmant un témoignage recueilli par l’AFP. «Il a été rapidement établi qu’il s’agissait d’un faux».

«L’incident a été rapidement déclaré de nature terroriste et nous pensons qu’il est de nature islamiste», a précisé la même source dans un communiqué.

Alors que des questions avaient surgi sur la rapidité inhabituelle de la police à qualifier ainsi les faits, la police a expliqué que des agents de son unité antiterroriste se trouvaient sur place «dans le cadre d’une opération préventive», suggérant que l’assaillant était surveillé comme l’ont affirmé des médias britanniques.

À la télévision britannique, la députée de la circonscription Bell Ribeiro-Addy a précisé que «la police surveillait (l’assaillant) depuis un certain temps».

«Machette» et coups de feu

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des hommes armés en civil semblant tenir quelqu’un en joue, abrités derrière une voiture banalisée. Il sont rapidement rejoints par des véhicules de police.

La rue où se sont produits les faits a été bouclée par la police, maintenant les passants à plusieurs centaines de mètres, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Certains magasins ont fermé leurs portes plus tôt que prévu et un hélicoptère survolait la zone.

Un employé d’un salon de coiffure de la rue a dit avoir vu des policiers en civil pourchasser quelqu’un. «Ils ont tiré trois fois (...). Il est resté vivant plusieurs minutes, je pouvais le voir bouger la tête».

«Il portait un gilet», a ajouté Karker Tahir, précisant que la police avait demandé à ses clients d’évacuer les lieux «par la porte de derrière en cas d’explosion».

Un témoin a raconté à l’agence de presse PA avoir vu un homme portant une machette et des cannettes en métal pourchassé par un homme en civil : «Il s’est fait tirer dessus. Je pense avoir entendu trois coups de feu», a dit cet étudiant de 19 ans.

Sur Twitter, le premier ministre Boris Johnson a remercié les services de secours, ajoutant que ses pensées allaient aux «blessés et à tous ceux qui ont été affectés».

«Les terroristes cherchent à nous diviser et à détruire notre mode de vie. A Londres, nous ne les laisserons jamais y parvenir», a réagi le maire de Londres Sadiq Khan dans un communiqué.

Plusieurs attaques récentes

La capitale britannique a été le théâtre de plusieurs attentats terroristes ces dernières années. 

Fin novembre, une attaque au couteau avait fait deux morts à London Bridge, un pont du centre-ville, avant que l’assaillant, qui portait lui aussi un gilet explosif factice, ne soit abattu par la police.

Son auteur, Usman Khan, 28 ans, était un ancien détenu pour des faits de terrorisme libéré à mi-peine. Il participait sur les lieux des faits à un programme de réhabilitation pour anciens détenus.

Depuis, le gouvernement de Boris Johnson a annoncé un projet de loi en vue d’aggraver les peines pour les auteurs d’actes terroristes, interdisant leur libération anticipée, tandis que le budget alloué à la lutte antiterroriste doit être augmenté.