POLITIQUE
09/07/2020 07:30 EDT | Actualisé 09/07/2020 13:52 EDT

COVID-19: Québec force les bars à fermer plus tôt

Trois mesures entrent en vigueur dès vendredi.

Drazen Zigic via Getty Images
Certains bars du Québec ont été le théâtre de dérapages depuis leur déconfinement, alors que les établissements peinaient à faire respecter les mesures sanitaires pour lutter contre la COVID-19.

 Inquiété par les événements des derniers jours, le gouvernement du Québec a décidé jeudi de serrer la vis à l’industrie des bars pour limiter la propagation de la COVID-19.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a ainsi annoncé que les bars devront cesser de vendre des boissons alcoolisées à minuit, au lieu de 3 h; que les clients qui s’y trouvent devront avoir quitté au plus tard à 1 h; que les bars ne pourront pas accueillir plus de 50 % de leur capacité légale; que la danse sera interdite; et que les clients devront rester assis pour consommer de l’alcool.

Ces mesures entreront en vigueur vendredi.

M. Dubé a dit bien comprendre que ces mesures déplairont aux propriétaires de bars, mais il a décrit un “compromis basé sur la prudence (...) difficile, mais acceptable”. L’alternative, a-t-il rappelé, aurait été de fermer tous les bars.

Certaines associations de tenanciers se sont dites ouvertes à la tenue d’un registre de leurs clients, ce qui permettrait de rejoindre les gens présents plus rapidement en cas d’éclosion.

 

Je pense que de ne pas suivre les consignes publiques, c’est faire preuve d’égoïsme.Christian Dubé, ministre de la Santé

Le ministre Dubé a dit que ceux qui croient que la pandémie est terminée et qu’on peut baisser la garde commettent “une grave erreur”.

“De ne pas suivre les consignes publiques, c’est faire preuve d’égoïsme, a-t-il lancé. En se laissant aller (...), on met la vie du monde en danger. On ne peut pas accepter ça après tous les sacrifices qui ont été faits par les Québécois.”

M. Dubé a rappelé qu’on a annoncé jeudi plus de 100 nouvelles infections, et ce pour la première fois depuis un bon moment.

Suivez la conférence de presse de 13h en direct ici:

 

Sans attendre l’annonce publique formelle, la Corporation des propriétaires de bars, brasseries et tavernes du Québec (CPBBTQ) a accusé le gouvernement du Québec d’avoir «menti» aux gens de l’industrie qui peinent à se relever des conséquences de la pandémie de COVID-19.

«Ce gouvernement nous a menti depuis le tout début de la crise en nous promettant de respecter notre industrie tout en nous promettant de nous aider financièrement et surtout d’instaurer des mesures justes et équitables pour tous les tenanciers du Québec», a affirmé son président-directeur général Renaud Poulin.

Dans un communiqué de presse émis tard en soirée mercredi, M. Poulin a prédit que les mesures qui annoncées (...) vont entraîner des centaines de propriétaires de bars à la faillite».

En se laissant aller (…) on met la santé et la vie du monde en danger.Christian Dubé, ministre de la Santé

 

Pas une surprise

Lundi, le nouveau ministre de la Santé Christian Dubé avait affirmé qu’une série de mesures seraient annoncées avant la fin de semaine pour éviter des débordements semblables à ceux observés le week-end dernier dans certains établissements.

«Les fautifs devront être sanctionnés et nous n’hésiterons pas à fermer les établissements au besoin», avait martelé M. Dubé. «Nous ne laisserons pas passer une autre fin de semaine de la sorte.»

De son côté, le président fondateur de la Nouvelle Association des Bars du Québec (NABQ), Pierre Thibault, a rappelé que les mesures pour faire face à la pandémie ont forcé la fermeture des bars le 15 mars dernier. Certains commençaient à peine à rouvrir leurs portes.

En entrevue à La Presse Canadienne, il a réclamé une intervention du ministère de l’Économie et de l’Innovation pour supporter ces entreprises qui ont été fermées par les mesures d’urgence sanitaire.

 «C’est juste impossible de dire à des entrepreneurs qu’on ne vous aide pas. Que ce soit dans l’aviation ou le secteur automobile, il y a toujours de l’aide pour compenser lorsqu’il y a des crises, mais quand c’est les bars, on n’est jamais pris au sérieux», a-t-il déploré.

Il s’est dit très déçu que les propriétaires de bars soient ainsi «abandonnés» par le gouvernement, selon ses dires.

«Je ne sais pas pourquoi le ministère de l’Économie et de l’Innovation est aussi absent de notre industrie. Pourtant, l’industrie des bars c’est 2000 établissements au Québec et 25 000 emplois», a-t-il précisé tout en soulignant que les commerçants qu’il représente ne sont pas du tout contre les mesures de santé publique, mais qu’ils souhaitent de l’aide à même titre que n’importe quelle autre industrie qui fait rouler l’économie au Québec. 

Avec La Presse canadienne

À VOIR: Vague de fermetures de restaurants à Montréal