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10/12/2019 16:33 EST | Actualisé 10/12/2019 16:41 EST

Après «Unité 9», Hélène Florent passe de l'autre côté des barreaux dans «Eaux turbulentes»

Elle incarnera l'enquêteuse Marianne Desbiens, dans cette série se déroulant dans le Nord de l'Ontario.

Radio-Canada
Hélène Florent, Jean-Michel Le Gal et Gabriel Sabourin forment un trio d'enquêteurs dans la série Eaux turbulentes.

Après avoir interprété une détenue à l’histoire infiniment difficile à regarder dans la série Unité 9, Hélène Florent se retrouve de l’autre côté du spectre en jouant une enquêteuse dans un drame policier. La série Eaux turbulentes, une production franco-ontarienne de quatre épisodes, se déroule dans un territoire éloigné où l’alliance des cultures est riche et où les grands paysages sont omniprésents.

Matagami: «eau turbulente»

Elle a fait la navette entre Montréal et le Nord de l’Ontario pendant six semaines au printemps et au début de l’été, afin de se glisser dans la peau de l’enquêteuse Marianne Desbiens. Ces allers-retours lui ont aussi permis de plonger dans un univers et un territoire sauvage, bordés de forêts et de rivières. Hélène Florent n’a que de bons souvenirs du tournage de la série Eaux turbulentes, lors duquel elle a eu le bonheur de partager des scènes avec des acteurs francophones (dont Gabriel Sabourin), anglophones et autochtones.   

Écrite par l’auteure de théâtre franco-ontarienne Marie-Thé Morin – qui livre ici sa première série télévisée – et réalisée par Lyne Charlebois, Eaux turbulentes relate l’histoire de l’enquêteuse Desbiens qui, à la suite d’une bavure policière à Ottawa, est mutée à Queensburry, sa ville natale.  

On n’est pas dans une grosse série policière américaine où on a toutes les réponses et où tout va vite. Le rythme est très réaliste et je trouve qu’il y a dans cette série quelque chose de «pas prétentieux».Hélène Florent

Dès sa première journée de travail, le corps d’une jeune Autochtone est retrouvé près de la rivière Matagami (qui signifie d’ailleurs «eau turbulente» en langue crie). L’enquête qui s’ensuivra aura des répercussions sur la vie personnelle de l’enquêteuse et de son fils de 15 ans, Billy (interprété par Jacob Whiteduck-Lavoie). Celui-ci retrouvera son père Joe, un artiste autochtone qu’il n’avait pas vu depuis très longtemps; une seconde trame fort intéressante en marge de l’enquête menée par un trio de policiers, croit Hélène Florent.  

«J’ai l’impression que c’est crédible, dit la comédienne, qui a pu visionner les premiers épisodes. On est une petite équipe dans un petit endroit, les événements arrivent tranquillement, on n’est pas dans une grosse série policière américaine où on a toutes les réponses et où tout va vite. Le rythme est très réaliste et je trouve qu’il y a dans cette série quelque chose de “pas prétentieux”. Ce sont des gens d’une petite place qui tentent de faire du mieux qu’ils peuvent.»  

Ce beau mélange d’acteurs lui a donné le plaisir de se connecter à de nouvelles énergies et de faire de belles rencontres, dont l’acteur ontarien Jean-Michel Le Gal, personnifiant l’un des enquêteurs. 

«Il s’agit de personnages venant de communautés différentes, qui ont fait de bons et de moins bons choix dans leur vie. On ne met pas l’accent sur le fait qu’ils soient anglophones, francophones ou autochtones. Je trouve que l’auteure a pris soin de faire cela et qu’elle a simplement eu envie qu’on en parle ensemble, de belle façon.»

Elle porte un secret. Elle est passionnée, déterminée et elle s’investit, parfois un peu trop, dans ses enquêtes.Hélène Florent, à propos de son personnage d'enquêteuse

Dans ce paysage et ce lieu différents, entourée d’acteurs de divers horizons, l’actrice a particulièrement apprécié la couleur unique, le mélange des langues (les personnages discutent en anglais et en français, à l’instar des véritables habitants de la région), le rythme particulier et le ton réaliste de la série.  

Quant à son personnage d’enquêteuse, elle vante son intuition, son instinct, son sens de l’observation et sa force tranquille. «Elle porte un secret, ajoute-t-elle. Elle est passionnée, déterminée et elle s’investit, parfois un peu trop, dans ses enquêtes. J’ai beaucoup aimé les textes et le sujet.» 

L’aventure Unité 9 

Impossible de discuter avec Hélène Florent sans aborder son expérience sur l’intense plateau de tournage de la série Unité 9

«C’est l’un des plus beaux rôles que j’ai eu à défendre, dit-elle. Le but de l’auteur était de donner de l’humanité à des personnes qui semblaient inaptes à en avoir. J’avais à jouer quelqu’un qui a eu un vécu difficile, qui ne comprend pas et qui est persécuté par les autres. C’était tellement bien écrit et heureusement, je n’ai pas eu à jouer ce qui lui était arrivé avant… Je ne crois pas que j’aurais été capable. J’avais aussi des partenaires de jeu qui sont des voitures de course, dont Luc Guérin. C’était incroyable.»

Le plateau de tournage, l’équipe, les acteurs; elle explique que tous les éléments étaient rassemblés pour qu’elle n’ait «qu’à se glisser là-dedans» en savourant chaque minute de tournage.  

Je suis contente d’avoir fait partie de la dernière ligne droite de ce projet. Ce fut vraiment une série marquante et je suis bien fière d’en avoir fait partie.Hélène Florent, à propos d'«Unité 9»

«On ne va pas souvent dans ces zones-là comme actrice et là, on y allait tous les jours. Le réalisateur m’a amenée à des endroits où je ne savais même pas que je pouvais aller moi-même. C’était tellement fait dans l’amour que je pouvais aller partout, en ayant beaucoup d’ouverture et de disponibilité.» 

Ce beau cadeau d’actrice est aussi venu avec une peur initiale de jouer le rôle d’une femme ayant abusé de jeunes enfants. C’est la sympathie que le public québécois avait déjà pour elle, en tant qu’actrice, qui a aidé «à faire passer les premiers épisodes», selon elle.

 «Je suis contente d’avoir fait partie de la dernière ligne droite de ce projet. Ce fut vraiment une série marquante et je suis bien fière d’en avoir fait partie. Au début, je dois avouer que je ne comprenais pas comment les gens faisaient pour écouter cette émission qui était si dure. En me mettant à l’écouter avant de jouer dedans, je me suis fait prendre, comme eux, à tellement aimer ces personnages que peu importe ce qui leur arrivait, je pleurais avec elles.»

En plus de retrouver la distribution de La dérape, dont la troisième et dernière saison sera présentée au printemps sur Club illico, Hélène Florent partagera pour la première fois le grand écran avec Claude Legault dans le drame Les oiseaux ivres. Écrit par Ivan Grbovic et tourné dans les Cantons-de-l’Est, le film-chorale se déroule sur une ferme et suit les histoires de quatre personnages en parallèle. 

La série Eaux turbulentes sera diffusée à compter du 13 décembre sur ICI ARTV.

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