POLITIQUE
04/09/2019 18:49 EDT | Actualisé 06/09/2019 00:05 EDT

Hassan Guillet affirme que le PLC était au courant de ses publications

«On est en droit de se poser la question: est-ce de l’incompétence ou de la mauvaise foi?», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, mercredi, à Montréal.

THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson
L'imam Hassan Guillet, candidat du parti libéral, répond à une question lors d'une conférence de presse à Montréal le mercredi 4 septembre 2019. 

MONTRÉAL — Hassan Guillet affirme que le Parti libéral du Canada était au courant de ses propos controversés dans les médias sociaux bien avant qu’il obtienne l’investiture dans la circonscription montréalaise de Saint-Léonard–Saint-Michel en vue des élections d’octobre.

Le candidat récemment destitué a déclaré aux journalistes, mercredi, qu’il avait rencontré des représentants du parti le 8 août pour discuter de ses anciennes publications. Il a affirmé que les libéraux étaient convaincus qu’il n’était ni raciste ni antisémite.

Mais le parti a tout de même révoqué la candidature de M. Guillet à la fin du mois d’août après avoir été informé par le B’nai Brith d’anciennes déclarations qui critiquaient Israël et la politique étrangère des États-Unis au Proche-Orient.

M. Guillet a expliqué que les libéraux et lui-même avaient déjà discuté d’un plan d’action pour établir des contacts avec la communauté juive. Selon lui, ce plan d’action devait être mis en branle le jour même de son limogeage.

Hassan Guillet a rappelé que ses publications dans les médias sociaux étaient publiques et que les libéraux savaient ou auraient dû savoir qu’elles existaient lorsque sa candidature a été soumise à l’examen du parti en 2017.

«On est en droit de se poser la question: est-ce de l’incompétence ou de la mauvaise foi?», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, mercredi, à Montréal.

Une fois que j’ai gagné l’investiture contre toute attente, on a sorti à la dernière minute des choses connues depuis plus de deux ans pour salir ma réputation et renverser les résultats démocratiques de l’investiture et imposer un candidat non élu.Hassan Guillet

L’ancien imam, qui s’était fait remarquer pour son discours aux funérailles des victimes de l’attentat à la mosquée de Québec en 2017, veut demeurer candidat libéral dans Saint-Léonard–Saint-Michel. Il n’a toutefois pas exclu la possibilité de se porter candidat pour un autre parti ou en tant qu’indépendant si les libéraux continuaient de lui tourner le dos.

Le groupe de défense des droits des juifs B’nai Brith a déclaré vendredi dernier qu’il avait découvert «une série de déclarations troublantes antisémites et anti-Israël» faites par le candidat sur les médias sociaux, qui ont depuis été retirées.

Dans l’un des commentaires datés du 8 juillet 2017, M. Guillet a salué la libération de Raed Salah, décrit par le groupe juif comme un militant proche du Hamas, que le Canada qualifie d’organisation terroriste.

M. Guillet a félicité Raed Salah pour sa libération d’une «prison de la Palestine occupée» et a prié pour qu’il réussisse un jour à libérer «toute la Palestine». Il a décrit Raed Salah comme un «combattant de la résistance» et un «djihadiste».

Le groupe juif a également trouvé une publication sur Facebook supprimée depuis 2016, qui aurait été rédigée par M. Guillet, où il aurait écrit «Les sionistes contrôlent la politique américaine».

Hassan Guillet défend ses propos

M. Guillet a déclaré mercredi avoir félicité Raed Salah pour sa libération de prison, car il avait protesté contre la fermeture d’une mosquée à Jérusalem. Il a dit qu’il n’était pas au courant d’autres allégations visant cet homme. Il a refusé de discuter de sa position vis-à-vis d’Israël, affirmant que cela n’était pas pertinent pour son rôle de futur député.

Il a répété à plusieurs reprises qu’il n’était ni raciste ni antisémite.

«Au contraire, je milite et je militerai toujours contre toutes formes de racisme, incluant l’islamophobie et l’antisémitisme», a-t-il déclaré.

Dans un communiqué envoyé à l’issue de la conférence de presse, B’nai Brith Canada a déclaré mercredi qu’il rejetait les «excuses» de M. Guillet, affirmant qu’il ne s’était pas excusé, pas plus qu’il n’avait clarifié plusieurs de ses déclarations.

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