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13/11/2019 07:18 EST | Actualisé 13/11/2019 19:25 EST

Guy Laliberté arrêté en Polynésie française pour culture de cannabis

L’homme d’affaires est en garde à vue à Papeete, la capitale.

PAPEETE, France — Le milliardaire québécois Guy Laliberté a été arrêté en Polynésie française pour culture de cannabis, selon sa compagnie.

Lune Rouge, l’entreprise fondée et dirigée par Guy Laliberté, a confirmé dans un communiqué que le fondateur du Cirque du Soleil “est actuellement en garde à vue à la gendarmerie sur l’île de Tahiti”.

“Consommateur de cannabis médical, il est entendu en lien avec la culture de cannabis à des fins strictement personnelles à la résidence sur l’île de Nukutepipi, située en Polynésie française, précise-t-on. Guy Laliberté se dissocie complètement de toute rumeur l’impliquant de près ou de loin dans la vente ou le trafic de stupéfiants.”

L’homme d’affaires est en garde à vue à Papeete, la capitale, en attendant d’être emmené au tribunal devant un juge d’instruction. Il aurait été arrêté à sa descente d’avion.

Un assistant de l’avocat Yves Piriou qui est basé à Papeete, a confirmé qu’il était en cour pour représenter le Québécois qui comparaissait lors d’une audience qui pourrait durer une grande partie de la journée de mercredi.

En droit français, qui s’applique en Polynésie française, faire pousser du cannabis, même à des fins personnelles, est illégal.

Ilana Amouyal, une avocate basée à Montréal, née en France et pratiquant le droit dans ce pays, a déclaré que, même si Guy Laliberté disposait d’un certificat canadien lui permettant de se procurer de la marijuana à des fins médicales, il ne s’appliquerait pas en Polynésie française.

Le mois dernier, l’Assemblée nationale française a adopté une loi visant à légaliser le cannabis thérapeutique pour une période d’essai de deux ans à compter du début de 2020. Toutefois, en vertu de la loi, la marijuana à des fins médicales doit être prescrite par un spécialiste de l’hôpital et l’achat initial doit se faire à la pharmacie de l’hôpital, a expliqué Ilana Amouyal.

La marijuana médicale est également réservée aux personnes souffrant de maladies très spécifiques ou de douleurs chroniques ou intenses, ce qui signifie que le nombre de personnes autorisées à l’utiliser est très limité.

 En vertu du Code pénal français, les peines liées au cannabis peuvent varier en fonction de l’inculpation - d’un maximum d’un an de prison pour consommation à un maximum de 20 ans pour la production, assorties de lourdes amendes.

Un avis de voyage pour la Polynésie française sur le site internet d’Affaires mondiales Canada prévient que “les sanctions pour possession, usage ou trafic de stupéfiants sont sévères. Les personnes reconnues coupables de ces délits sont passibles de peines d’emprisonnement et de lourdes amendes.”

La chaîne radiophonique “Polynésie Première” cite des passages d’un communiqué émis par l’avocat Yves Piriou, qui représente Guy Laliberté, dans lequel il explique que son client est un consommateur de cannabis médical. Il ajoute que M. Laliberté est entendu en lien avec la culture de cannabis à des fins strictement personnelles à sa résidence sur l’île de Nukutepipi, en Polynésie française, un territoire d’outre-mer de la France situé dans le sud de l’océan Pacifique.

Me Piriou ajoute que Guy Laliberté se dissocie complètement de toute rumeur l’impliquant de près ou de loin dans la vente ou le trafic de stupéfiants. Cette affirmation a été reprise dans le communiqué de Lune Rouge, qui oeuvre dans les industries de la technologie, du divertissement, des arts et de l’immobilier.

L’homme d’affaires québécois est propriétaire depuis 2007 de son île isolée en Polynésie française, qui compte 21 chambres et 25 salles de bains et peut accueillir jusqu’à 52 personnes. Une annonce Airbnb indique que le prix pour un séjour sur son atoll privé du Pacifique débute à 900 000 euros (1,3 million $) pour sept nuits.

Guy Laliberté, âgé de 60 ans, s’est surtout fait connaître pour avoir fondé le Cirque du Soleil en 1984; il a vendu la majeure partie de sa participation dans le Cirque en 2015. Il est également connu pour son séjour de 12 jours dans la Station spatiale internationale en 2009, afin de promouvoir sa fondation “One Drop” pour la protection des océans.