DIVERTISSEMENT
27/05/2019 00:56 EDT | Actualisé 27/05/2019 08:36 EDT

Du théâtre et beaucoup de télé pour Guy Jodoin

L’artiste touche-à-tout continue de se diversifier, et surtout de se mettre au défi...

Courtoisie

Guy Jodoin lance semi à la blague qu’il a parfois l’impression d’être un marathonien tant plusieurs projets auxquels il prend part s’étendent dans le temps. Ayant à peine quitté les planches de la pièce Bilan de Marcel Dubé, l’acteur s’apprête à se lancer dans une nouvelle aventure théâtrale : celle, hilarante, des Voisins avec son complice André Robitaille. Théâtre, télévision, animation, l’artiste touche-à-tout continue de se diversifier, et surtout de se mettre au défi.   

Les Voisins, une pièce culte

Guy Jodoin avoue «aimer particulièrement partir sans filet et s’amuser au théâtre. En fait, s’il se fait un devoir de monter sur les planches, c’est qu’il estime que c’est l’endroit où il se sent le plus complet en tant qu’artiste.

«Tu n’es pas seulement en train de dire une phrase ou de faire une courte scène qui ne comporte que 12 lignes dans une série, dit-il. C’est bien aussi, évidemment, mais ce n’est pas tout toi ni tout ton corps qui est impliqué comme c’est le cas au théâtre.»

Sorti de l’école de théâtre à la même époque que son ami André Robitaille (qui signe la mise en scène des Voisins et avec qui il tentait de dénicher un projet commun depuis un bon moment), il n’aurait pu refuser le rôle que celui-ci lui a offert sur un plateau d’argent. Un rôle qu’il avait eu la chance de défendre il y a trois décennies à l’école de théâtre de Sainte-Thérèse, avec nul autre que Louis Saia (la moitié du duo d’auteurs) comme metteur en scène.  

«Quand André m’a proposé de jouer dans Les Voisins, je lui ai dit qu’il était cruel en venant jouer ainsi dans mon cœur. Je ne pouvais pas refuser ce cadeau. À l’époque, je jouais le bonhomme alors que maintenant, je SUIS le bonhomme, dit-il en riant. J’étais très content de pouvoir accepter et de partager cela avec une aussi belle gang. C’est magique.»

Cette gang est composée de Rémi-Pierre Paquin, Pier-Luc Funk, Catherine Brunet, Marie-Chantal Perron, Jean-Michel Anctil, Brigitte Lafleur et Marilyse Bourke, des gens avec qui il a tous - individuellement - créé des souvenirs au fil des projets et des années.  

«Pour moi, cette pièce est un classique au même titre que Pied depoule, dans laquelle j’avais joué à l’époque, ajoute celui qui dit avoir l’impression de redécouvrir le texte à chaque répétition. Ding et Dong et Louis Saia - qui a travaillé sur Broue - sont inscrits dans nos gènes. Ce sont des classiques. Avec Les Voisins, j’ai de nouveau l’impression de faire partie de quelque chose qui va perdurer dans le temps. Je sais que dans 50 ans, on va la rejouer et ça me fait plaisir de faire partie de cette chaîne.»

Le vide dans les discussions avec les gens, le drame dans la comédie, les inquiétudes d’adultes, la confrontation et la maladresse des personnages, le rythme imposé, le bonheur de «jouer vrai», les costumes flamboyants des années 80 et le texte de Claude Meunier et Louis Saia : voilà ce qui lui plait le plus et le fait profondément rire dans Les Voisins.

«C’est d’ailleurs aussi exigeant que si on jouait un Molière ou un Shakespeare, car on doit insister sur chaque voyelle, chaque lettre et chaque virgule. Ce qui fait qu’on respecte totalement le texte original. L’apprentissage de ce texte est un travail chirurgical.»

Courtoisie

Alerte Amber et plus de télé

En un mois, Guy Jodoin a appris qu’il avait décroché un rôle, mémorisé les textes et tourné la totalité de ses scènes dans Alerte Amber. Une série qui promet d’être enlevante en laissant le public «sur le bout de sa chaise» de par son sentiment d’urgence et son action rapide (l’action se déroulant en une semaine pour un total de 10 épisodes en format d’une heure).

«Ça s’est fait rapidement pour moi, car je ne tournais qu’en début de projet. J’y joue un personnage de tête, le directeur de la SQ, qui gère entre autres l’équipe d’Alerte Amber. Sophie Prégent interprète la capitaine qui chapeaute cette équipe qu’ils ont mise sur pied. Il s’occupe aussi des crimes contre la personne, de l’escouade antigang et de plusieurs équipes. C’est un personnage qui est dans l’efficacité. Le défi était donc d’être naturel en livrant une multitude d’informations.»

Prêt à faire des bassesses pour arriver à ses fins - ce qu’il a d’ailleurs fait pour devenir directeur de la SQ – son personnage se retrouve en compétition avec celui joué par Sophie Prégent, aussi son ex dans la série.

«Ça donne des couches à leurs rapports, ajoute-t-il. C’est une belle distribution et je me dois de mentionner le réalisateur Stéphan Beaudoin, qui est vraiment une belle découverte pour moi. C’est quelqu’un de passionné, qui aime ce qu’il fait, qui prend soin des acteurs et tout cela se fait dans le bonheur, même si ce sont des grosses journées de travail. C’était un pur plaisir de travailler dans cette production.»

Alors qu’une alerte Amber est lancée dans la vraie vie lorsqu’un jeune de 17 ans et moins se trouve en danger, l’équipe se trouvait en plein tournage lors des récents et troublants événements entourant la mort de la fillette de Granby.

«C’est sûr qu’on s’est dit : ‘C’est fou comme cette série peut être d’actualité. Lorsque la réalité et l’actualité dépassent la fiction lorsqu’on est dans un projet, ça devient un peu troublant. Et justement, c’était le but du réalisateur, que la série soit très réaliste.»

Après avoir tenu le rôle d’un «ambigu» propriétaire d’immeuble dans la série M’entends-tu?, Guy Jodoin tient un agenda toujours bien chargé. On le verra dans La dérape 3, à la barre de La magie des stars également pour une troisième année en plus de la huitième saison du Tricheur et d’une tournée européenne avec la LNI, qu’il souhaite aussi retrouver l’an prochain.

La pièce Les voisins sera présentée du 5 juillet au 17 août à la Salle Léo-Paul-Therrien de la Maison des arts Desjardins de Drummondville.

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