BIEN-ÊTRE
22/05/2019 11:33 EDT

Grossesse: nouvelle mise en garde face aux anxiolytiques

Les chercheurs ont étudié les liens entre la prise de ces produits et la prééclampsie dans une cohorte de 6761 femmes enceintes.

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Les femmes enceintes qui prennent des médicaments contre la dépression ou l’anxiété sont trois fois plus à risque de souffrir de prééclampsie, révèle une étude publiée récemment dans la revue BMC Pregnancy and Childbirth par des chercheurs de l’Université Laval et du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval.

La prééclampsie est un problème d’hypertension qui peut conduire à des convulsions susceptibles de mettre en danger la santé de l’enfant et de la mère.

Environ 5 pour cent des femmes enceintes souffrent de problèmes hypertensifs, y compris la prééclampsie. Certaines études publiées antérieurement laissaient croire que la prise d’antidépresseurs et d’anxiolytiques pouvait augmenter le risque d’hypertension pendant la grossesse.

Les docteurs Jean-Claude Forest et Yves Giguère, qui enseignent à la Faculté de médecine de l’Université Laval, ont examiné les liens entre la prise de ces produits et la prééclampsie dans une cohorte de 6761 femmes enceintes.

Leurs analyses montrent que le risque de souffrir d’hypertension ou de prééclampsie est 3,1 fois plus élevé chez les femmes qui ont commencé la prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques avant la 16e semaine de grossesse que chez celles qui n’ont pas pris de médication.

Les chercheurs ont également observé que ce risque devient 3,4 fois plus grand chez les femmes qui poursuivent la médication après la 16e semaine, mais qu’il baisse à 1,6 fois si elles cessent le traitement.

L’étude suggère donc qu’on peut renverser partiellement le risque de prééclampsie en arrêtant la prise d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques avant la 16e semaine de grossesse, a indiqué le docteur Giguère dans un communiqué.

Il est estimé que jusqu’à 10 pour cent des femmes prennent des antidépresseurs et 5 pour cent prennent des anxiolytiques pour traiter des troubles de l’humeur durant la grossesse.

Une autre étude québécoise, celle-là publiée en ligne la semaine dernière par le journal JAMA Psychiatry, prévenait que la prise de certains anxiolytiques pendant le premier trimestre de grossesse pourrait augmenter le risque de fausse couche.