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04/02/2020 11:02 EST

Climat: vers une grève étudiante au printemps

La Coalition étudiante pour un virage environnemental et social promet «des mesures qu’on pourrait qualifier de drastiques».

Facebook/Facebook/ENvironnement JEUnessse
La conférence de presse de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), mardi matin. (Facebook/ENvironnement JEUnessse)

Lassés de s’en remettre au leadership des gouvernements, de jeunes militants pour le climat en appellent à une grève printanière d’une semaine pour «prendre la transition en main».

En conférence de presse à l’Université du Québec à Montréal, mardi matin, cette relève écologiste a annoncé la création de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES).

Les collectifs étudiants Pour le futur, Devoir Environnemental Collectif et La planète s’invite à l’Université — de niveau secondaire, collégial et universitaire, respectivement — s’unissent ainsi sous une même bannière afin de porter d’une seule voix leur nouvelle revendication, celle d’un «Plan national d’urgence pour la justice climatique».

Cette demande est dorénavant assortie d’un échéancier précis: le plan doit être mis en place d’ici la fin de l’année, au plus tard.

«C’est le moment où l’on doit être redevable envers le reste du monde, où l’on va présenter nos plans et nos cibles à la COP26», a expliqué le co-porte-parole Louis Couillard, en entrevue téléphonique lundi soir.

Et si les décideurs politiques ne s’exécutent pas, la CEVES promet de faire monter la pression avec «des mesures qu’on pourrait qualifier de drastiques». La grève invoquée du 30 mars au 3 avril en serait un avant-goût.

Mais cette grève illustre également l’ambivalence du mouvement, qui cherche à s’affranchir de la politique conventionnelle, tout en continuant à adresser ses demandes aux divers ordres de gouvernement.

«C’est eux qui sont redevables à la population, qui ont la responsabilité d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens et citoyennes, mais on ne les attendra pas», précise Louis Couillard.

Ce que la CEVES désigne comme une «semaine de transition» doit donc porter plusieurs chapeaux. Elle se veut d’abord un moment de réflexion collective sur la crise climatique, par le biais d’«espaces d’éducation populaire» sur les campus, tout en faisant office de moyen de pression pour réclamer l’abandon des projets de pipeline GNL Québec et Coastal GasLink.

Et même si les étudiants sont encouragés à se doter de mandats de grève traditionnels en assemblées générales, les jeunes militants lancent une invitation ouverte à l’ensemble de la société civile, dans une volonté de «convergence intergénérationnelle» dans leur mouvement.

Une revendication englobante

Louis Couillard n’hésite pas à qualifier d’«historique» ce nouveau front commun qui réunit des membres âgés de 13 à 26 ans, impliqués dans les comités écologistes de 45 établissements d’enseignement à travers la province.

Et à l’instar de leur mouvement, leur revendication ratisse large.

Le plan d’urgence réclamé devra prévoir des cibles annuelles contraignantes pour atteindre la carboneutralité d’ici 2030, avec l’abandon immédiat de tout projet d’hydrocarbures. Le tout, en tenant compte de la responsabilité historique du Canada vis-à-vis les populations du globe les plus durement touchées par les dérèglements climatiques.

Le gouvernement de Justin Trudeau vise présentement la carboneutralité d’ici 2050. Son objectif climatique pour 2030 est plutôt de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30 % comparativement aux niveaux de 2005 — une cible qu’il est en voie de rater de plusieurs dizaines de millions de tonnes.

Parmi les autres principes qui doivent sous-tendre le plan d’urgence figurent la protection des communautés vulnérables, le respect de la science et des savoirs autochtones ainsi que la mise en oeuvre de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, en plus de l’intégration des questions environnementales et d’écocitoyenneté à l’ensemble des cursus scolaires.

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