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13/11/2019 18:30 EST

Greta Thunberg rentre chez elle à bord d'un catamaran peu polluant

Elle espère arriver à Madrid à temps pour une autre conférence sur le climat, puis pour les vacances.

La jeune militante environnementaliste Greta Thunberg est repartie pour l’Europe mercredi à bord d’une embarcation à énergie renouvelable. Elle espère arriver à Madrid à temps pour une autre conférence sur le climat, puis pour les vacances.

Greta Thunberg a appareillé à bord du catamaran de 15 mètres d’une famille australienne qui a répondu à son appel pressant pour trouver un moyen peu polluant de rentrer chez elle, quand la réunion des Nations unies sur le climat à laquelle elle avait prévu assister au Chili a été déplacée en raison des troubles politiques dans ce pays.

Avant de partir, Greta Thunberg a commenté son séjour en Amérique du Nord lors d’un entretien accordé à Associated Press dans la cabine du catamaran. Certaines personnes au pouvoir, dit-elle, n’ont tout simplement pas de sentiment d’urgence face au réchauffement climatique.

«La situation au Canada et aux États-Unis est fondamentalement la même que là d’où je viens: ce sont les mêmes arguments qui sont utilisés pour retarder une action. Ce sont les mêmes méthodes qui sont utilisées pour induire les gens en erreur», a-t-elle déclaré mardi tandis qu’elle s’apprêtait à quitter Hampton, en Virginie, près de l’embouchure de la baie de Chesapeake.

Après l’Espagne, Greta Thunberg espère rentrer à la maison pour Noël et pour être avec sa famille et ses chiens, Moses et Roxy, un golden retriever et un Labrador. «Bien sûr, ma famille et mes chiens me manquent, et surtout d’avoir un seul lieu de séjour et de ne pas voyager tout le temps, a-t-elle expliqué. Juste pour avoir des routines.» 

Le bateau à bord duquel elle traversera l’Atlantique, La Vagabonde, ne laisse que peu ou pas d’empreinte carbone, utilisant des panneaux solaires et des générateurs hydroélectriques. Il comporte également une toilette, contrairement au bateau sur lequel elle a navigué du Royaume-Uni à New York en août. Celui-ci n’avait qu’un seau.

«Il y a d’innombrables personnes dans le monde qui n’ont pas accès à des toilettes, a-t-elle déclaré à ce sujet. Ce n’est pas si important. Mais c’est bien d’en avoir une.»

Ses hôtes sont Riley Whitelum et Elayna Carausu, un couple australien qui parcourt le monde avec son bébé de 11 mois, Lenny. La famille, qui compte de nombreux partisans en ligne, a répondu à l’appel lancé par Greta Thunberg sur les médias sociaux pour un périple sans émissions de carbone vers l’Europe. Une experte de la navigation, Nikki Henderson, est également de la partie.

Le voyage pourrait prendre de deux à quatre semaines, dans des conditions difficiles. Le mois de novembre est considéré comme hors saison pour la traversée de l’Atlantique. Au moment de l’entretien avec Greta Thunberg mardi, la température avait plongé près du point de congélation, le grésil se transformant en neige légère.

Mais l’adolescente de 16 ans, qui refuse de prendre l’avion à cause de la pollution du transport aérien, ne semble pas intimidée.

Je suis impatiente de partir, juste pour pouvoir m’échapper et tout récapituler et juste pour être déconnectée.Greta Thunberg

La visite de Greta Thunberg en Amérique du Nord, qui a duré près de trois mois, comprenait son discours passionné devant les Nations unies. Elle a participé à des manifestations partout sur le continent, dont une à Montréal qui a attiré au moins 300 000 personnes en septembre.

Quand on lui demande les faits saillants de son séjour aux États-Unis et au Canada, elle évoque un glacier du parc national de Jasper, au Canada, qui est destiné à disparaître «peu importe ce que nous faisons».

Greta Thunberg est devenue le symbole d’un mouvement croissant de jeunes militants du climat, après avoir dirigé en Suède des grèves scolaires hebdomadaires qui ont inspiré des actions similaires dans une centaine de villes du monde entier.

Elle s’est également attiré les critiques de commentateurs conservateurs aux États-Unis et du président russe Vladimir Poutine. Mais elle a écarté les critiques mardi, en admettant qu’elle soit effectivement trop jeune.

«Ce devraient être les adultes qui assument cette responsabilité, a dit Greta Thunberg. Mais on a l’impression que les adultes et les personnes au pouvoir aujourd’hui ne le font pas.»

Elle a également été surprise de constater à quel point elle a été reconnue.

«Il y a toujours des gens qui viennent vers moi et demandent des égoportraits, etc., a-t-elle ajouté. Alors, cela vous donne vraiment une idée de l’ampleur du mouvement pour le climat.»