BIEN-ÊTRE
10/05/2019 11:43 EDT | Actualisé 10/05/2019 11:48 EDT

La gratuité de la contraception pour les jeunes de moins de 25 ans?

La Société canadienne de pédiatrie affirme que les coûts des grossesses non désirées s'élèvent à plus de 125 millions de dollars par année.

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OTTAWA — La Société canadienne de pédiatrie recommande que tous les jeunes âgés de 25 ans et moins aient accès à la contraception gratuitement et de manière confidentielle.

Dans une déclaration publiée jeudi, la société affirme que l’accès à la contraception est un droit humain fondamental, et que les coûts directs des grossesses non désirées s’élèvent «probablement» à plus de 125 millions de dollars, chaque année au Canada. 

Selon l’organisme, la contraception devrait être financée par les plans de santé provinciaux, territoriaux et fédéral, en plus d’être entièrement couverte par les assureurs privés. 

Les assureurs devraient également être contraints de protéger la confidentialité de leurs clients, en ne rapportant pas les déclarations concernant la contraception au détenteur de la police - habituellement un parent.

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 L’article de la société ne propose pas un âge minimal pour avoir accès à la contraception, mais un porte-parole se réfère à la politique de l’organisme, qui prévoit qu’on doit offrir un traitement aux adolescents qui comprennent les conséquences d’un acte médical et qui peuvent légalement y consentir.  

On peut aussi y lire que les grossesse non désirées peuvent faire dérailler des plans de vie, particulièrement chez les jeunes, et qu’assurer aux femmes qu’elles ont le choix d’avoir ou non un enfant leur donne un meilleur contrôle de leur corps et de leur futur.

«La parentalité à l’adolescence s’associe à un niveau de scolarité moins élevé, à un revenu plus faible et à un recours accru aux programmes d’aide sociale. Mis à part les coûts personnels, les grossesses non désirées représentent un fardeau onéreux pour les services sociaux et les services de santé canadiens», écrivent les auteures, Giuseppina Di Meglio et Elisabeth Yorke.

L’article précise aussi que plus du quart des jeunes qui ne veulent pas tomber enceintes n’utilisent aucune contraception. 

De plus, comme les compagnies pharmaceutiques rapportent les achats aux détenteur de la police d’assurance, les jeunes paient souvent eux-mêmes leur contraception, par souci de confidentialité. 

 

 

Dans une déclaration transmise à La Presse canadienne, Giuseppina Di Meglio affirme que la Société canadienne de pédiatrie n’encourage pas les jeunes à cacher cette information à leurs parents. Toutefois, plusieurs d’entre eux ne se sentent pas à l’aise de parler de santé sexuelle et reproductive avec leur famille, et la société ne veut pas que cela représente une barrière à l’accès à de la contraception.

«Toutes les provinces reconnaissent le droit des adolescents à recevoir des soins en toute confidentialité, à condition qu’il ou elle ait la capacité de consentir à ces soins (au Québec, cet âge est fixé à 14 ans). Assurer la confidentialité - lorsqu’un jeune le souhaite - est primordial pour fournir des soins de façon compétente et avec compassion», affirme-t-elle.

L’article de la société rapporte que l’Association médicale canadienne et la Société des obstétriciens-gynécologues du Canada ont aussi demandé au gouvernement de couvrir les frais de tous les contraceptifs pour toutes les femmes.

Cette mesure, dont le coût est évalué à 157 millions de dollars, serait avantageuses par rapport aux 320 millions en frais directs qu’engendrent chaque année les grossesses non désirées, rappelle la Société canadienne de pédiatrie.

Cet article de The Canadian Press a été traduit de l’anglais par le HuffPost Québec.

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