DIVERTISSEMENT
23/06/2019 13:14 EDT | Actualisé 23/06/2019 13:17 EDT

Le Grand Montréal Comique s'ouvre avec «100 humoristes en 100 minutes»

100 humoristes comme 100 manières de faire rire.

Radio-Canada
Martin Petit à «Tout le monde en parle»

La simple idée derrière le spectacle d’ouverture de cette 2e édition du Grand Montréal Comique a de quoi impressionner : 100 humoristes montent tour à tour sur les planches de l’Olympia de Montréal afin de livrer une minute de blagues top chrono. Un samedi soir sous le signe de l’urgence et de la diversité imaginé et présenté par l’humoriste Gabriel D’Almeida Freitas.

Hommes, femmes, artistes d’origines diverses, nouveaux visages tout jeunes, ou figures plus âgées et bien connues du grand public; les 100 humoristes défilant devant le grand chronomètre faisant le décompte des 100 minutes ont profité de cette précieuse minute – ou pas parce que certains d’entre eux ont bousillé leur court temps sur scène à (trop) tenter d’être original – pour dévoiler leurs couleurs et faire rire la foule à leur manière.

La foule, qui semblait fermement décidée à passer une bonne soirée, s’est fait un devoir d’accueillir la majorité des humoristes avec le même enthousiasme. Les vieux de la vieille, les Yves P. Pelletier, Martin Petit, Sylvain Larocque, Mario Tessier, Billy Tellier ou Eddy King sont évidemment apparus sous un tonnerre d’applaudissements et de cris encore plus endiablés.   

Qui dit 100 humoristes différents dit inévitablement soirée inégale en termes de qualité de prestations, de textes et d’originalité. Au nombre des numéros ayant bien fonctionné, on a pu compter sur les efficaces minutes de Mike Beaudoin, Michelle Desrochers, Didier Lambert, Josianne Anbuchon (dont on admire le sens de l’autodérision), Rolly - Roland - Assal, Charles Brunet, Neev, Audrey-Anne Dugas, Stéphane Poirier, celui portant sur le paradoxe du limbo de l’excellent Franny et Mathieu Pepper. Le solo de danse de Justo-buy-my-love – sans les Denis Drolet – a aussi fait hurler de rire tout l’Olympia.

Quelques bémols

Quelques nouveaux visages ont franchement manqué une belle occasion de se faire connaître en tentant trop fort d’être original. Certains n’ont pas dit un mot de leur numéro, ou ont simplement quitté la scène. Et des blagues de fort mauvais goût abordant la mortalité infantile, le cancer, le terrorisme dans une salle de spectacle (vraiment?), les tueries dans les écoles ou les éternelles blagues scatophiles se sont transformées en bémols de la soirée. Tout comme le gaspillage de papier (une vingtaine de rouleaux de papier de toilette ont été lancés dans la foule lors d’une bien longue minute) ayant laissé un petit goût amer.    

Le pauvre Guillaume Pineault, qui était revenu de Kamouraska expressément pour participer à ce spectacle, s’est aussi fait dérober sa minute de prestation alors que l’humoriste qui le précédait avait sommé la foule d’applaudir son «ami» sans le laisser placer un mot de tout son numéro…

Des bons coups

Heureusement, les artistes vedettes ont unanimement été à la hauteur de nos attentes. Sylvain Larocque a fait rire avec son angle «Montréal et ses constructions», idem pour le numéro de Martin Petit traitant de la «généralisation des handicapés», pour Billy Tellier nous faisant nous rendre compte que le cri de plusieurs animaux sonnent comme leur nom et pour Yves P. Pelletier qui, vêtu d’un étrange costume et d’une perruque, a livré une hilarante chanson de cours de diction.

C’est Patrick Groulx qui est venu sur scène afin de clore le spectacle en poussant lui aussi la chansonnette. Une chanson «pour enfants» clairement écrite pour faire rire les adultes. «Je suis sorti longtemps avec une fille qui chantait des chansons pour enfants pour vivre et elle faisait beaucoup d’argent», a-t-il lancé en riant en faisant référence à sa relation passée avec Annie Brocoli. 

- Le festival Le Grand Montréal Comique se poursuit jusqu’au 7 juillet. Pour une idée de la programmation : https://grandmtlcomique.com