POLITIQUE
06/12/2019 12:39 EST | Actualisé 06/12/2019 13:41 EST

Les députés fédéraux rendent hommage aux 14 femmes tuées à l’École Polytechnique

La minute de silence en Chambre a été précédée par des discours de trois chefs de parti et de deux députées de l’opposition.

OTTAWA — Les députés fédéraux ont rendu hommage vendredi matin aux 14 femmes tuées le 6 décembre 1989 à l’École Polytechnique et le sujet du contrôle des armes à feu s’est glissé dans toutes les interventions, à une exception près.

La minute de silence en Chambre a été précédée par des discours de trois chefs de parti et de deux députées de l’opposition, vendredi matin.

Le premier ministre Justin Trudeau a profité de son temps de parole pour rappeler que son gouvernement a l’intention d’interdire le genre d’arme utilisée par Marc Lépine dans son attentat antiféministe.

«Nous anticipons enfin le bannissement du Ruger Mini-14, l’arme utilisée pour tuer quatorze de nos filles ou consoeurs et en blesser autant d’autres en moins de 20 minutes», a écrit le groupe Polysesouvient dans une lettre au nouveau ministre de la Sécurité publique Bill Blair, la semaine dernière. 

«Nos gestes en disent plus long que nos mots», a d’abord souligné M. Trudeau dans son discours. «Ces armes conçues pour tuer le plus grand nombre de personnes possibles dans le plus court laps de temps possible n’ont pas de place dans nos communautés, dans nos rues, dans notre pays», a-t-il ajouté.

Tous les députés l’ont alors applaudi, sauf les élus conservateurs. Il y a toutefois eu une exception dans les bancs de l’Opposition officielle. Un des 10 députés conservateurs québécois, l’élu de Chicoutimi-Le Fjord Richard Martel, a participé aux applaudissements.

Adrian Wyld/La Presse canadienne
À la suite des discours, les députés ont observé une minute de silence.

Lorsqu’il a pris la parole à son tour, le chef conservateur Andrew Scheer s’est désolé que la violence contre les femmes soit encore d’actualité.

«C’est pourquoi je me propose et je propose à tous les Canadiens de ne pas se contenter d’être respectueux envers les femmes. Soyons également proactifs et prouvons par des gestes concrets à quel point nous avons à coeur la sécurité et la dignité de chaque vie, de chaque femme», a-t-il offert, sans spécifier la nature des «gestes concrets» qu’il conseille.

Le Bloc québécois a confié son discours à la députée de Shefford. Les mots d’Andréanne Larouche ont suscité une très longue ovation, ovation à laquelle, encore là, les conservateurs ont moins participé.

Le discours de Mme Larouche a pleuré les «14 vies volées». La nouvelle élue, qui en était à sa toute première intervention aux Communes, a également appelé la Chambre à poser des «gestes réels».

«Nous pouvons resserrer le contrôle des armes à feu», a-t-elle souligné.

«L’attentat antiféministe de Polytechnique n’a pas fait que 14 victimes. Il en a fait beaucoup plus: des milliers, des millions», a également dit la députée bloquiste.

Le Québec tout entier, 30 ans plus tard, vit encore avec ce fardeau, ce sentiment désagréable de s’être sali.Andréanne Larouche

«Trente ans après que les Canadiennes et les Canadiens aient dit “plus jamais” à la suite de la tragédie de l’École Polytechnique, nous devons reconnaître collectivement qu’il nous reste un long chemin à parcourir pour respecter cet engagement», a, pour sa part, fait remarquer le chef néo-démocrate Jagmeet Singh.

La tuerie de Polytechnique avait donné naissance à une campagne pour le contrôle des armes à feu, campagne qui, après plusieurs années de lutte, a obtenu que le gouvernement libéral de Jean Chrétien mette sur pied un registre des armes d’épaule. Ce registre a été détruit par le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

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