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05/04/2020 15:10 EDT

Le gouvernement fédéral veut accélérer l'acquisition de compétences

«C’est une occasion d’améliorer vos compétences, de les affiner et d’être prêt à accélérer la reprise au Canada», a déclaré Paul Davidson, président d’Universités Canada, en entrevue.

THE CANADIAN PRESS/Justin Tang
La Colline du Parlement, à Ottawa (photo d'archives)

OTTAWA — Le gouvernement fédéral cherche des moyens d’accélérer l’aide à l’acquisition de compétences pour les Canadiens sans emploi, selon des groupes qui participent à la mise en œuvre du programme.

Cette aide devait arriver à la fin de l’année sous la forme d’un crédit d’impôt annuel et de congés par l’entremise du programme d’assurance-emploi, pour les travailleurs qui veulent améliorer leurs compétences ou rendre plus efficace leur recherche d’un emploi.

Promise dans le budget de l’an dernier, l’allocation de formation a fait l’objet d’intenses discussions entre les hauts fonctionnaires du gouvernement et les établissements de formation postsecondaire, juste avant le début de la pandémie actuelle au Canada.

On discute maintenant de comment utiliser l’arrêt économique dû à la COVID-19 comme catalyseur pour accélérer l’entrée en vigueur de la prestation de formation, a dit Paul Davidson, président d’Universités Canada.

Selon certains groupes, la réflexion porte sur la façon d’inciter les travailleurs devant rester à la maison ou étant sans emploi à suivre des programmes pour éviter que leurs compétences s’érodent, étant donné qu’ils ne les utilisent pas régulièrement.

Plus de 2,1 millions de personnes ont fait une demande d’assurance-emploi au cours des deux dernières semaines.

«C’est une occasion d’améliorer vos compétences, de les affiner et, comme nous le disons, d’être prêt à accélérer la reprise au Canada», a déclaré M. Davidson, en entrevue.

Denise Amyot, présidente de Collèges et instituts Canada, affirme que l’idée est de se préparer à l’après-pandémie et de réduire le temps nécessaire à une reprise économique.

Elle souligne qu’il faut tenir compte que ce ne sont pas toutes les entreprises qui survivront à la forte morosité économique.

Un sondage réalisé par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, auprès des petites et moyennes entreprises qu’elle représente, suggère qu’environ un tiers des entreprises inactives en raison de la COVID-19 ne sont pas sûres de rouvrir leurs portes.

Mme Amyot a ajouté que certains travailleurs peuvent également prendre du temps à la maison pour reconsidérer leur cheminement de carrière et envisager des options de recyclage qui peuvent être effectuées à distance.

«Ils ne veulent pas perdre leurs compétences, ils recherchent donc des occasions de formation, a-t-elle déclaré, avant de reconnaître que certaines formations pour des métiers spécialisés «ne sont pas si faciles à faire en ligne».

L’an dernier, le budget préélectoral des libéraux a mis de côté plus de 1,7 milliard $ sur cinq ans pour créer un crédit d’impôt et payer des congés réservés aux travailleurs pour suivre des programmes de formation professionnelle. Il devait être en place d’ici décembre 2020.

Les travailleurs canadiens gagnant entre 10 000 $ et environ 150 000 $ par année recevraient un crédit d’impôt remboursable annuel de 250 $, accumulé au fil du temps, pour compenser les coûts d’apprentissage de nouvelles compétences professionnelles.

L’idée est d’aider les travailleurs à s’adapter aux changements dans leurs domaines, ou de les aider à acquérir de nouvelles compétences pour changer de profession. Une partie de la pensée derrière cela est d’éviter certaines conséquences négatives de l’automatisation.