POLITIQUE
26/05/2019 10:54 EDT | Actualisé 27/05/2019 07:45 EDT

Le gouvernement déplore l'agression survenue à la grande mosquée de Québec

Cet incident n’a aucun lien avec le projet de loi 21 sur la laïcité, insiste le ministre Simon Jolin-Barrette.

PC/Jacques Boissinot

QUÉBEC — Il n’y a “aucun lien” entre l’agression survenue à la grande mosquée de Québec et le projet de loi 21 sur la laïcité, ont clamé en choeur le premier ministre et deux de ses piliers, dimanche.

Le Service de police de la ville de Québec a arrêté samedi un homme de 47 ans après une dispute au Centre culturel islamique de Québec. L’homme aurait invectivé des fidèles avant d’asséner un coup de poing à un chauffeur de taxi musulman qui tentait de s’interposer dans “l’escarmouche”.

Appelés à commenter, le premier ministre François Legault, sa vice-première ministre, Geneviève Guilbault, et le ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, ont tous trois nié que l’incident puisse avoir un quelconque lien avec le projet de loi 21.

“Je ne pense pas qu’il y ait un rapprochement à faire entre les deux”, a affirmé M. Legault, en marge du conseil général de la Coalition avenir Québec (CAQ), à Montréal.

Le projet de loi 21, qui est présentement à l’étude à l’Assemblée nationale, vise à interdire le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité. Il a fait l’objet de vifs débats.

Il ne suscite “ni tension, ni division” au sein de la société québécoise, a soutenu M. Jolin-Barrette, dimanche.

“Ce genre de situation-là n’est pas acceptable et le projet de loi ne fait aucunement en sorte de cautionner ce genre de comportement”, a-t-il ajouté.

Mme Guilbault, qui est également ministre de la Sécurité publique, a tenu à rassurer la communauté musulmane de Québec, encore ébranlée deux ans après la tuerie qui a fait six morts et plusieurs blessés.

“Notre service de police à la Ville de Québec porte une attention très particulière, une vigilance accrue dans ces circonstances”, a-t-elle affirmé.

Elle a indiqué que les policiers ne prendront aucune nouvelle mesure pour renforcer la sécurité autour de la mosquée.

Pour sa part, le ministre Éric Caire, dont la circonscription se trouve à proximité du lieu de culte, a compati avec les membres de la communauté musulmane de Québec, qui ont “beaucoup trop souffert”, d’après lui.

Le Centre culturel islamique de Québec a été plusieurs fois la cible de malfaiteurs au cours des dernières années. On y a notamment placé une tête de porc devant l’édifice et la voiture d’un dirigeant a été incendiée.

“Je condamne toute forme de violence, et quand les motifs en plus sont discriminatoires, c’est doublement condamnable, a réagi M. Caire en mêlée de presse. Ce genre de gestes, ça n’a pas sa place dans la société québécoise et dans la Ville de Québec.”