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Aux Golden Globes 2021, la nomination d'«Emily in Paris» cache une combine

L'absence de la série «I May Destroy You» et la double nomination d'«Emily in Paris» aux Golden Globes aura été de nature à semer le doute quant à l'impartialité des votants.
Le personnage d'Emily dans <i>Emily in Paris</i>&nbsp;sur Netflix.
Le personnage d'Emily dans Emily in Paris sur Netflix.

Si les clichés d’Emily in Paris sur la capitale française avaient fait parler, cela n’a pas empêché sa double nomination à la 77e édition des Golden Globes qui auront lieu ce dimanche 28 février. Plus surprenant encore, la série HBO I May Destroy You pourtant élue «meilleure émission de télé de 2020» par plusieurs grands titres, comme le Guardian et le Time, n’a pas figuré dans la liste des nominés.

C’est probablement ce qui a poussé les journalistes du Los Angeles Times à enquêter sur les pratiques des studios de production avec l’organisation Hollywood Foreign Press Association (HFPA). Le dimanche 21 février, le quotidien américain a révélé une «culture de la corruption» des membres du HFPA. Composée de 87 journalistes venus du monde entier, l’organisation est notamment en charge des votes pour les Golden Globes.

Dans son enquête, le journal raconte ainsi que la Paramount Network, production originale de la série Netflix Emily in Paris, aurait invité une trentaine de membres de l’HFPA, à un voyage de luxe à Paris. Cette révélation remet en cause la validité des nominations de la série à la cérémonie de cette année.

Un voyage «all inclusive»

Selon le LA Times, le studio de production d’Emily in Paris a convié trente membres de la HFPA en 2019 pour «deux nuits à l’hôtel cinq étoiles Peninsula Paris dont les prix peuvent atteindre 1400 euros la nuit». Ces derniers se sont également fait offrir «un déjeuner au musée des Arts forains» et ont eu le privilège de bénéficier d’«une visite privée du musée rempli de manèges datant de 1850», rapporte le LA Times.

«Ils nous ont traités comme des rois et reines», a confié l’un des membres du comité de la HFPA à propos de ce voyage à Paris. Comme le témoigne l’enquête du Los Angeles Times, il semble persister à Hollywood cette idée selon «laquelle les membres peuvent encore être influencés par une attention particulière». Ces attentions auraient donc influencé la décision de ces trente votants lors du choix des nommés. Contactés par le journal américain, ni Netflix ni Paramount Network n’ont réagi à ces accusations.

Les pratiques de l’HFPA déjà mises en cause

Ce genre de polémique ne date en revanche pas d’hier. En 2011 par exemple, l’ex-attaché de presse de l’HFPA, Michael Russell, avait porté plainte, affirmant qu’il avait été limogé pour avoir mis en cause des pratiques douteuses dans l’organisation. Dans la plainte, qui a fait l’objet d’un règlement amiable confidentiel, M. Russell assure que les membres de «l’HFPA abusent de leur position pour passer des accords et arrangements douteux et potentiellement illégaux s’assimilant à un système de pots-de-vin», rappellent nos confrères de BFMTV.

L’un des scandales majeurs en la matière avait concerné l’actrice Pia Zadora lors de la 39e édition des Golden Globes. En effet, cette dernière avait remporté un prix pour sa performance dans Butterfly qui n’avait pourtant pas eu un immense succès, par comparaison à celle d’Elizabeth McGovern dans Ragtime ou encore de Kathleen Turner dans Body Heat. Il avait été révélé par la suite que le mari de Zadora, un homme d’affaires richissime, Meshulam Riklis, avait quelques semaines auparavant invité tous les votants dans son casino de Las Vegas pour une projection du film. Les membres avaient bien sûr nié que cela ait orienté leur décision.

Mais, les échanges de bons procédés ne sont visiblement pas propres aux Golden Globes. En 2014, le LA Times avait aussi enquêté sur une polémique née des révélations de deux membres de l’Académie des Oscars. Ces derniers avaient, en outre, avoué avoir voté pour 12 Years A Slave de Steve McQueen, sans même avoir vu le film. En cause selon le quotidien américain, une promotion trop intensive des «films à Oscars» qui entrainerait parfois ce type de pratiques.

Ce texte a été publié originalement sur le HuffPost France.

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