POLITIQUE
08/08/2019 07:55 EDT

Le Bloc québécois peut profiter des contradictions des autres partis, selon Gilles Duceppe

L'ancien chef du parti croit qu’une fenêtre s’ouvre pour le Bloc.

Twitter/Bloc québécois
Gilles Duceppe (centre) et Yves-François Blanchet (droite) devant le local électoral de Michel Duchesne (gauche).

MONTRÉAL — L’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe croit qu’une fenêtre s’ouvre pour le parti indépendantiste à l’approche de l’élection fédérale prévue cet automne. Celui qui a été le tout premier député élu de l’histoire du Bloc participait, mercredi soir, à l’inauguration du local électoral de son ancienne circonscription montréalaise.

Le candidat Michel Duchesne, défait dans Outremont lors de l’élection partielle de février dernier, aura l’occasion de tenter sa chance à nouveau dans Laurier–Sainte-Marie. Son local aura pignon sur rue tout près de la station de métro Beaudry, au coeur du village gai.

En entretien téléphonique tout juste avant l’événement inaugural, Gilles Duceppe a expliqué qu’il n’avait pas d’intention précise concernant son implication dans la prochaine campagne électorale, mais qu’il était content d’offrir son aide au parti.

«Quand on me demande, si le national est d’accord, j’y vais», a-t-il résumé.

Un peu plus tôt cette année, on a pu le voir à Alma, au Lac-Saint-Jean, où il entend donner un coup de main à la campagne de son fils Alexis Brunelle-Duceppe.

Puis, la fin de semaine dernière, il s’est rendu à Saint-Liboire pour appuyer le candidat Simon-Pierre Savard-Tremblay, qui effectuait une tournée de porte à porte dans sa circonscription de Saint-Hyacinthe–Bagot. Un contact avec la population qu’il a qualifié de «très positif».

«C’est toujours si le national est d’accord. C’est leur stratégie, ce n’est pas la mienne, je n’ai pas de stratégie à faire là», a-t-il insisté. Son implication risque cependant de ralentir plus on s’approchera de la véritable campagne électorale, puisque M. Duceppe agira à titre d’analyste à Radio-Canada, à CTV et à La Presse.

«J’aurai moins de temps à ce moment-là, bien évidemment!», a commenté celui qui a représenté le Bloc à Ottawa de 1990 à 2011.

En ce qui concerne son observation de la scène politique fédérale, l’homme qui a dirigé le parti de 1997 à 2011 avant de revenir pour l’élection de 2015 estime que le Bloc peut profiter du fait que «les autres partis vont être en contradiction sur beaucoup de sujets».

Il cite notamment la laïcité et le droit du Québec à décider de son avenir. Gilles Duceppe rappelle que le gouvernement fédéral conteste toujours la constitutionnalité de la «Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l’État du Québec».

Le Bloc n’est pas pris avec ce problème qu’ont les autres députés québécois d’être en minorité dans leur propre caucus.Gilles Duceppe

Cette loi, qui a fait l’objet d’une motion unanime à l’Assemblée nationale du Québec, prévoit qu’aucun autre gouvernement ne peut contraindre «la volonté démocratique du peuple québécois à disposer lui-même de son avenir».

Par ailleurs, il croit que le Bloc a aussi un avantage dans la qualité de sa plateforme en matière d’environnement ainsi que dans sa défense des intérêts du Québec avant ceux du Canada.

«Le Bloc n’est pas pris avec ce problème qu’ont les autres députés québécois d’être en minorité dans leur propre caucus. Il y a toujours deux discours de l’autre côté», constate-t-il, sans toutefois vouloir se prononcer sur toute forme de prédiction.

À voir: notre entrevue avec le chef du Bloc, Yves-François Blanchet