POLITIQUE
20/08/2019 15:17 EDT

Aide aux médias: une discussion sera «certainement» abordée au G7, selon Trudeau

Il faut une solution à laquelle la communauté internationale va adhérer, a soulevé le premier ministre.

Andrej Ivanov / Reuters

MONTRÉAL — Questionné sur ce qu’il entendait faire pour aider les médias dont les revenus publicitaires sont siphonnés par les géants du numérique, le premier ministre Justin Trudeau a dit mardi que cette question sera “certainement” discutée lors du G7 qui a lieu en France en fin de semaine.

Ce sujet épineux refait surface alors que les journaux du Groupe Capitales Médias, en difficulté financière, ont dû demander lundi la protection des tribunaux contre leurs créanciers. Les six quotidiens ont ensuite reçu une bouée de sauvetage pour ne pas se noyer: elle est venue sous la forme d’un prêt intérimaire de 5 millions $ de la part du gouvernement québécois. Assez pour garder la tête hors de l’eau et poursuivre leurs activités jusqu’à la fin de l’année, estime le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

Le PDG du Groupe Capitales Médias, Claude Gagnon, a publié lundi un message sur le site du quotidien “Le Soleil”, dans lequel il écrivait que les quotidiens du groupe “sont affectés par une baisse des revenus publicitaires résultant de la concurrence féroce que livrent les géants des réseaux sociaux que sont Facebook et Google”.

Selon Justin Trudeau, pour régler toute cette situation, il faut plus qu’une “solution à la pièce”.

Il en faut une à laquelle la communauté internationale va adhérer, a répondu mardi le premier ministre lorsque questionné à ce sujet en mêlée de presse à Trois-Rivières.

“Tout le monde doit payer sa part”, a-t-il souligné, tout en réitérant qu’il n’était pas question pour son gouvernement d’augmenter “les taxes” des contribuables.

“C’est une question dont on va parler certainement en fin de semaine au G7, où la communauté internationale est en train de regarder comment on peut s’assurer que c’est équitable pour tout le système”, a-t-il dit.

Le sommet du G7 aura lieu du 24 au 26 août à Biarritz, en France.

En juillet dernier, la France a adopté sa propre loi fiscale, surnommée la “taxe Gafa” (Google, Amazon, Facebook, Apple), pour imposer les revenus – notamment ceux de la publicité – des géants du numérique. La mesure a déclenché la colère des États-Unis, qui brandissent depuis la menace de représailles.

Toujours en juillet, les ministres des Finances des pays du G7 ont fait un pas vers un accord mondial sur la taxation du numérique lors de leur réunion à Chantilly, au nord de Paris. Ces discussions pourraient être validées à Biarritz.