POLITIQUE
18/12/2019 12:14 EST | Actualisé 18/12/2019 13:41 EST

GES: le Québec très loin d'atteindre sa cible de réduction en 2020

Le Québec s’était donné l’objectif de réduire ses émissions de GES de 20% sous le seuil de 1990.

QUÉBEC — Le Québec ne respecte pas ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), et il n’est même pas près d’atteindre ses cibles.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a confirmé mercredi que les cibles fixées par les gouvernements précédents pour 2020 ne seront pas respectées.

Le Québec s’était donné l’objectif de réduire ses émissions de GES de 20 pour cent sous le seuil de 1990, en 2020, et de 37,5 pour cent, d’ici 2030.

Or, au Québec, le niveau d’émissions a chuté de seulement 8,7 pour cent sous le seuil de 1990, révèle le plus récent inventaire du ministère, rendu public mercredi.

Ce bilan québécois de GES porte sur l’année 2017 et présente un état de situation indiquant que le Québec devra redoubler d’efforts dans les prochaines années s’il veut vraiment réduire son bilan carbone.

En mêlée de presse, en marge de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres, le ministre Charette s’est dit déterminé à atteindre les cibles fixées pour 2030, même s’il les qualifie “d’extrêmement ambitieuses”.

Il a blâmé les gouvernements précédents pour les piètres résultats obtenus jusqu’à maintenant. “Clairement, le rendez-vous 2020 il est raté”, a convenu le ministre.

Capture d'écran

Au lieu de diminuer, la quantité d’émissions était même en hausse de 0,2 pour cent en 2017, en comparaison de 2016.

Le ministre s’est engagé à présenter dès le début de 2020 un plan d’action “ambitieux” pour réduire les GES, en misant principalement sur l’électrification des transports. Ce secteur a émis 34,1 millions de tonnes équivalent CO2, en 2017, soit 43,3 pour cent des GES produits au Québec.

Les émissions de GES liées au secteur des transports ont crû de 23 pour cent depuis 1990 au Québec.

Le bilan de 2030 sera donc le véritable “bulletin” du gouvernement actuel en ce domaine, a commenté M. Charette.

Le premier bilan de réduction de GES associé au gouvernement caquiste ne sera pas disponible avant 2022, a-t-il précisé.

D’ici là, les mesures “assez exceptionnelles” qui seront adoptées par le gouvernement en 2020 devraient entraîner des “résultats concrets” à court terme, a-t-il promis.

Selon Greenpeace, le gouvernement Legault “doit maintenant démontrer qu’il est sérieux et que sa reconnaissance de l’urgence climatique n’est pas qu’un slogan vert”.

L’organisme s’attend à ce que le gouvernement dépose une loi et un plan permettant d’atteindre, voire de dépasser la cible pour 2030.

“La science exige une réduction des émissions mondiales de CO2 de l’ordre de 50 pour cent d’ici 2030”, rappelle l’organisme dans un communiqué, invitant le gouvernement à faire preuve de cohérence dans ses projets et ses actions.

Un souci de cohérence implique notamment que “les projets d’élargissement des réseaux routiers et gaziers devront donc être abandonnés”, selon le porte-parole, Patrick Bonin.