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Gala Québec Cinéma: les réactions des gagnants

«Je prends ce que je fais tellement à cœur que je trouve ça super d’avoir cette petite tape dans le dos...»

Les artistes et artisans québécois sont venus nombreux assister au Gala Québec Cinéma dimanche soir. Animée par le comique duo formé Guylaine Tremblay et Édith Cochrane, la soirée s’est déroulée sous le signe du rire et de l’émotion. Le Huffpost Québec a recueilli les réactions des artistes qui se sont mérité un prix pour leur travail exceptionnel porté au grand écran cette année, dont le réalisateur Ricardo Trogi, qui a décroché le prix de la Meilleure réalisation pour son film 1991 qui a aussi été sacré Meilleur film de l’année.

Ricardo Trogi – qui a avoué qu’il aurait aimé remporter le prix du meilleur scénario – confie : «Je pense qu’en écrivant des films fidèles à ce qu’on est et à ce qu’on pense – même quand on sait que ce qu’on pense n’est pas nécessairement la bonne chose – ça crée des personnages très humains auxquels les gens s’identifient. C’est-à-dire des personnages qui n’ont pas la vérité et qui sont remplis de défauts; je pense que c’est ce qui connecte les gens aux personnages de certains films. Du moins, c’est ce que j’essaie de faire et ça fait vachement plaisir. Je sais que mes films sont vus, car mon prix du public, à la base, est au jour le jour lorsque les gens viennent me voir à l’épicerie. Ça me fait vraiment plaisir. Prix ou pas, ce sont les gens dans la rue qui font la job

La comédienne Sandrine Bisson a d’ailleurs récolté le trophée Iris de la Meilleure interprétation féminine (Rôle de soutien) pour 1991. Une seconde récompense depuis le début de cette aventure pour celle qui s’était méritée le Jutra de la meilleure actrice en 2010 pour 1981.

«Ça veut dire que peu importe ce qui va m’arriver, j’aurai existé, lance-t-elle. Mon entourage s’en fout un peu, mon chum ne se rend même pas compte que je suis comédienne, on ne parle pas de ça à la maison. Mais pour moi, quand j’ai des doutes - car les comédiens sont des gens de doute -, ça me dit : ‘OK, c’est correct, ça va, tu peux exister en tant que comédienne’. Cela me donne le droit de continuer à proposer des personnages différents, et c’est ce que j’aime faire, d’ailleurs. Cela me donne la permission de me dire : ‘Laisse-toi aller ma belle, tu peux t’éclater dans d’autres rôles et les gens vont t’accepter’.»

«Ce prix représente vraiment, vraiment, beaucoup pour moi, explique Émilie Bierre qui, à 15 ans, repart avec le prix de la Révélation de l’année pour son rôle de Mylia dans le film Une colonie. C’est la première fois que je suis reconnue au Québec pour mon interprétation. Ici, ça restera toujours chez nous. Tourner à l’international, c’est quelque chose de possible, mais que le Québec m’offre ce prix-là ce soir, c’est juste incroyable! Ce film a été un moment tournant dans ma vie. Ça m’a appris beaucoup de choses sur la personne que je suis et la personne que je veux devenir. J’ai appris que c’est correct de sortir du cercle et de ne pas se fondre dans la moule de la société. Ç’a vraiment été une expérience pleine d’amour, c’est un projet qui sortait de nos tripes. Le fait d’avoir été reconnu un peu partout montre que ce sont des sujets universels. Il y de plus en plus de jeunes acteurs et on a des messages à passer, je pense. À travers le cinéma, cela me permet de le faire à travers ma passion et mes personnages.»

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C’est le long-métrage La Chute de l’empire américain qui a remporté le prix du Film s’étant le plus illustré à l’extérieur du Québec. Maripier Morin, qui y joue le rôle d’une escorte de luxe, s’est exprimé au nom de toute l’équipe du film de Denys Arcand : «C’est vraiment super de recevoir ce prix-là, car c’est vrai que le film a voyagé un peu partout. En France, on a augmenté et augmenté en nombre de salles, ce qui n’arrive jamais. Je suis une fille d’équipe, autant dans l’animation que dans le jeu.»

«Je me trouve vraiment chanceuse d’avoir le droit de faire cela, de juste m’amuser là-dedans et de triper, ajoute-t-elle. Ce sont les projets qui me font triper, je veux être capable de choisir ce qui m’allume le plus», ajoute celle qui a vu le fait de rendre le texte crédible et d’être juste comme son plus grand défi lors de cette première expérience de jeu.

Le prix Iris de la Meilleure interprétation masculine premier rôle est revenu au comédien Martin Dubreuil pour son rôle de poète dans le film À tous ceux qui ne me lisent pas.

«Ça représente un accomplissement, c’est clair, dit-il. Ça représente aussi beaucoup d’amour de la part des gens, parce qu’on ne se cachera pas que la façon de voter valorise les gens qui sont un peu plus connus, donc ça veut dire que je suis maintenant bien établi dans le milieu. C’est aussi un soulagement, car c’est la troisième fois que je suis nominé et ne pas l’avoir, c’est un peu fatigant. C’est un personnage que j’ai vraiment aimé. Quand on me demandait quel genre de personnage je voulais jouer, c’était ça : un poète marginal qui tient à ses valeurs. De plus, quelqu’un qui a déjà existé, même si je ne tenais pas nécessairement à jouer quelqu’un qui avait déjà existé pour ne pas décevoir les gens qui le connaissent, entres autre. C’est un de mes rôles préférés.»

Gagnante du prix de la Meilleure interprétation féminine (Premier rôle) pour le film La Bolduc, Debbie Lynch-White explique : «Il y a des jours où je me sentais en confiance, et il y en a d’autres où je me disais : ‘Mon Dieu, toutes les autres actrices sont super bonnes’, et c’est la première fois que je suis nominée comme actrice dans ma vie. Je suis très fière, car je me suis investie énormément dans ce personnage-là. Je l’ai aimé, je l’ai désiré, ça fait quatre ans que La Bolduc est dans ma vie, ç’a été beaucoup de travail et beaucoup de plaisir en même temps. Il y a eu des hauts et des bas, du stress et de l’angoisse, des moments magnifiques. Je prends ce que je fais tellement à cœur que je trouve ça super d’avoir cette petite tape dans le dos. Ça boucle bien la boucle. Je suis très fière, vraiment.»

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