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18/02/2020 11:38 EST | Actualisé 18/02/2020 11:53 EST

«Fugueuse»: mieux vaut tard que jamais

C'est mieux, mais...

Facebook/Fugueuse

Outre se plaindre des décisions et des piètres performances du Canadien de Montréal, le public québécois s’est découvert une nouvelle passion cet hiver: chialer sur les nombreuses invraisemblances de la deuxième saison de la série Fugueuse.

La semaine dernière, nous avons eu droit à une virée discutable à Manawan, puis, tour à tour, Fanny (Ludivine Reding) et son père ont brûlé la couverture de l’héroïne tourmentée sans trop se soucier des conséquences.

Oui, après avoir partagé ses inquiétudes avec la patronne de sa fille dans le deuxième épisode, Laurent Couture (Claude Legault) a décidé, comme ça, à la volée (littéralement), de révéler que sa fille était devenue agente de police… à Damien Stone (Jean-François Ruel).

Enfin bref, dans l’épisode diffusé ce lundi 17 février, tous ces faux pas n’ont finalement eu aucune conséquence négative (évidemment), et la série a fini par retrouver une partie de son souffle d’antan.

Un épisode chargé dans lequel l’autrice Michelle Allen s’est enfin rapprochée de l’atmosphère plus tendue de la première saison, offrant finalement aux téléspectateurs les scènes qu’ils attendaient depuis six semaines.

C’était loin (très loin) d’être parfait, mais c’était tout de même un pas dans la bonne direction.

Facebook/Fugueuse
Ludivine Reding dans «Fugueuse».

ATTENTION: DIVULGÂCHEURS

Le jeune Nathan a d’abord refait surface dans un état lamentable, visiblement traumatisé par ce qu’il a dû vivre et endurer depuis sa disparition. Mais nous en saurons sûrement plus la semaine prochaine.

La scène la plus attendue était évidemment la confrontation entre Fanny et Damien. La policière est allée surprendre son ancien proxénète avec l’intention d’obtenir des explications et des excuses.

La séquence s’est déroulée exactement comme prévue, Damien refusant à Fanny ce qu’elle espérait en se victimisant, puis en la rabaissant.

Il faudra voir comment le parcours de Damien se terminera (surtout après la dernière scène de l’épisode), lui qui continue d’osciller entre son attitude narcissique, les lourdes conséquences de ses actes pour sa carrière, et son désir de prendre soin de sa petite famille (avec les résultats qu’on connaît).

Allen en avait également rajouté une couche auparavant en ce qui a trait à la nouvelle chanson de Damien, montrant une adolescente jouer les groupies en exprimant à quel point elle était enivrée par ce beau ramassis de misogynie... Le tout avant de pouvoir savourer son petit sac de patates frites.

Pour l’empathie, on repassera…

Mais LA scène marquante de ce septième épisode fut sans contredit la rencontre entre Fanny et sa patronne.

Fanny s’est finalement ouverte à sa supérieure en lui déclarant clairement qu’elle n’allait pas bien et qu’elle désirait prendre le temps nécessaire pour régler certaines choses avec elle-même avant de rejouer les agentes doubles.

Et vous n’avez jamais vu quelqu’un avoir aussi moins à coeur la santé mentale de son employée, «la policière la plus douée» qu’elle ait rencontrée, doit-on le rappeler.

«Je pensais que l’opération te tenait à coeur», «Tu es sûre? Si jamais tu regrettes, ma proposition reste sur la table», «D’ailleurs, on a retrouvé Nathan, il est à l’hôpital», a-t-elle notamment lancé à la jeune femme, question de bien lui faire comprendre que son équilibre psychologique pouvait certainement passer en deuxième face à l’urgence de la situation.

Des points gratuits pour...

Le bras droit de Carlo, qui était CONSTAMMENT en train de faire la vaisselle.

Daisie, qui nous a offert deux répliques qui devraient déjà figurer sur la page Facebook Dérapages poétiques.

«C’est bin poche fumer sur le balcon», a-t-elle lancé à Fanny et à sa grand-mère, insatisfaite que des personnes prennent enfin soin d’elle sans rien demander en retour.

«Avec toi? Toi, avec tes totons, pis ton pénis?», a-t-elle déclaré, intoxiquée, lorsqu’Alex lui a fait part de son désir de bâtir avec elle un climat familial sain et harmonieux pour la petite Hope.

Le coeur du problème

Avec le meurtre de Carlo à la toute fin de l’épisode, la possible implication du fils (et du père?) Lewinski dans l’histoire des jeunes disparus, et Jérôme Montagne qui continue de se jouer d’Alex comme d’un violon, ce septième épisode a créé suffisamment de remous pour regagner l’intérêt des spectateurs déçus juste avant le dernier droit de la saison.

Mais le principal problème de cette deuxième saison demeure toujours le même: Michelle Allen est continuellement tiraillée entre son désir de raconter une nouvelle histoire, d’explorer de nouveaux sujets, et celui de confronter Fanny à son passé.

En fait, le principal problème de cette deuxième saison a trois noms : Carlo, Damien et Natacha.

Si ces trois personnages n’avaient pas fait partie de l’équation, l’autrice aurait assurément eu moins de contraintes pour développer ses nouvelles pistes narratives, mieux développer la nouvelle Fanny, et accorder une importance plus marquée à ses personnages secondaires.

Les nouveaux antagonistes auraient dû avoir droit à beaucoup plus de temps d’écran. Même chose pour Jim O’Brien (Mathieu Baron), dont le rôle fut limité jusqu’à présent à celui d’un simple raccourci scénaristique.

Résultat: aucun personnage n’est acculé au pied du mur, chacun est libre d’aller et venir comme bon lui semble, ce qui anéantit d’emblée tout sentiment d’urgence.

D’un autre côté, quel aurait été l’intérêt pour cette nouvelle intrigue (dans sa forme actuelle, du moins) si Carlo, Damien et Natacha n’avaient pas été présents?

Poser la question, c’est malheureusement y répondre.

Fugueuse est diffusée le lundi à 21h, sur les ondes de TVA.

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