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14/03/2020 13:31 EDT | Actualisé 14/03/2020 16:45 EDT

COVID-19: le gouvernement Legault décrète l'état d'urgence sanitaire

Le premier ministre a expliqué que les personnes âgées sont beaucoup plus à risque de subir de graves conséquences, voire la mort, si elles sont infectées par le nouveau coronavirus.

THE CANADIAN PRESS/Jacques Boissinot
Le premier ministre du Québec, François Legault, répond aux questions des journalistes alors que le gouvernement annonce des mesures contre la COVID-19, le samedi 14 mars 2020.

QUÉBEC - Le Québec est désormais en état d’urgence sanitaire, engagé dans une guerre acharnée contre le coronavirus.

Le premier ministre François Legault a convoqué une réunion d’urgence de son conseil des ministres, vendredi soir, afin d’adopter un décret lui accordant davantage de pouvoirs pour freiner la propagation de la COVID-19 au Québec, où on compte désormais 24 personnes contaminées, dont au moins trois sont hospitalisées.

L’escalade de contraintes imposées par le gouvernement, qui limitent toujours davantage l’espace de liberté des citoyens, vise désormais à protéger plus particulièrement les plus vulnérables, soit les personnes âgées et les malades dans les hôpitaux.

Le Québec a entrepris «une course contre la montre», a commenté le premier ministre durant sa conférence de presse quotidienne sur le sujet, samedi, en faisant référence au virus réputé très contagieux, qui peut être mortel, et en annonçant une nouvelle série de mesures.

Ainsi, à compter de maintenant, pour limiter tout risque de contagion, il est interdit de se rendre visiter une personne âgée vivant dans un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), une ressource intermédiaire ou une résidence privée pour aînés.

Il est également interdit d’aller visiter un malade à l’hôpital.

Selon les voeux de Québec, toute personne âgée de 70 ans et plus devrait demeurer cloîtrée chez elle, à moins de nécessité absolue, «durant un certain nombre de semaines», a aussi décrété le premier ministre.

J’exhorte les Québécois à ne pas voyager à l’étranger.François Legault, en point de presse.

La veille, il avait annoncé la fermeture des garderies, écoles, cégeps et universités pour les deux prochaines semaines.

À ce jour, tous les cas répertoriés au Québec sont le fait de personnes ayant séjourné à l’extérieur du pays.

Jusqu’à nouvel ordre, le premier ministre demande aux Québécois de renoncer à tout voyage à l’extérieur du pays.

«J’exhorte les Québécois à ne pas voyager à l’étranger», a-t-il dit.

Aux Québécois qui sont présentement à l’extérieur du pays, il recommande de prendre un billet d’avion et de revenir au plus tôt, pendant qu’il en est encore temps. «Dans les prochains jours, il va y avoir de moins en moins de vols», a prévenu M. Legault.

Il est recommandé qu’ils se placent en isolement volontaire à leur retour pendant 14 jours.

Les aéroports étant de compétence fédérale, il a rappelé ses efforts en vue de convaincre le premier ministre canadien, Justin Trudeau, de limiter de toute «urgence» le nombre de visiteurs étrangers qui débarquent chez nous.

Dimanche, le premier ministre va tenir une série de rencontres avec les acteurs du milieu de la santé: médecins, infirmières, préposés aux bénéficiaires, porte-parole syndicaux, etc., pour s’assurer de leur collaboration et répondre à leurs besoins.

Le fait de promulguer l’état d’urgence sanitaire permettra au gouvernement de contourner les règles en vigueur, par exemple en procédant à des achats de marchandises sans appel d’offres, de ramener au travail plus rapidement des infirmières à la retraite et de rémunérer les médecins qui procèdent à des consultations à distance.

La nouvelle ligne téléphonique d’information (1-877-644-4545) créée vendredi (qui remplace le 811) a connu un succès instantané: en 24 heures, le nombre d’appels a quadruplé, passant de 4000 à 16 000. Le nombre de lignes disponibles passera lundi de 1200 à 2000 et 80 infirmières supplémentaires vont pouvoir répondre aux demandes des citoyens inquiets de leur santé.

Dès lundi, les 12 nouvelles cliniques de dépistage promises devraient ouvrir leurs portes, un peu partout au Québec, a indiqué de son côté la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Selon le premier ministre Legault, le Québec n’est pas à la traîne dans sa lutte contre le virus. Au contraire, «on a fait plus de prévention jusqu’à présent qu’à peu près n’importe où dans le monde», a-t-il fait valoir.

Chose certaine, la gestion de cette crise sanitaire, d’une ampleur jamais égalée, aura des impacts importants sur l’économie et s’annonce fort coûteuse pour le trésor public. Québec prévoit déjà devoir déposer à court terme une mise à jour économique pour «ajouter des milliards de dollars de plus» aux dépenses déjà annoncées, il y a quelques jours à peine, lors du dépôt du budget 2020-2021, mardi dernier.

Dans le même esprit, l’Assemblée nationale a été convoquée mardi pour adopter en urgence des crédits supplémentaires.

Un plan de compensation financière des entreprises et des travailleurs touchés de près par le virus est aussi en préparation et devrait être rendu public dans les prochains jours.

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