POLITIQUE
26/06/2019 14:52 EDT

François Legault n'exclut pas des représailles envers la Chine

Le premier ministre est visiblement irrité par la décision de Pékin de cesser ses importations de viande canadienne.

Christian Liewig/ABACAPRESS.COM
Le premier ministre du Québec, François Legault

QUÉBEC — Irrité par la fermeture du marché chinois au porc québécois, François Legault n’écarte pas des représailles commerciales, mais son ministre Pierre Fitzgibbon a été plus prudent.

Le premier ministre réagissait à la décision de la Chine de suspendre toute importation de viande canadienne, une nouvelle étape dans le différend diplomatique avec le Canada à la suite de l’arrestation d’une dirigeante de Huawei à Vancouver.

En mêlée de presse mercredi matin avant de se rendre à la séance du conseil des ministres à Québec, M. Legault a rappelé que le Québec importe pour 12 milliards $ de produits chinois par année. La Chine s’expose donc aussi à des conséquences, selon lui.

«Il faut que ça soit juste, les échanges commerciaux, il faut que ça soit possible dans les deux sens, à ce moment-ci, il ne faut rien exclure.»

La Chine a importé pour 283 millions $ de porc québécois en 2017 et la demande est actuellement à la hausse, a indiqué le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, en point de presse. 

 

M. Legault a dit qu’il était «aussi en colère» que les producteurs de porcs du Québec, parce que ce geste «si draconien» a des «impacts très majeurs sur eux».

M. Legault a parlé avec le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, afin de l’inciter à mettre sur pied un programme pour aider les producteurs de porcs québécois.

Des ministres plus prudents

De son côté, le ministre québécois de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a expliqué qu’il tente de diminuer le déficit de la balance commerciale du Québec avec la Chine, par exemple en produisant ici des biens qui sont importés d’Asie, comme des textiles.

«Je prendrais juste l’approche positive: ce qu’on importe de la Chine, eh bien, on va le faire ici au Québec», a-t-il affirmé, plutôt que de faire planer des menaces de représailles.

Son collègue, André Lamontagne, a laissé entendre que l’attribution d’une aide financière du gouvernement Legault aux producteurs est actuellement prématurée.

«Ça commence aujourd’hui, alors avant qu’on voit les répercussions, ça va prendre quelques jours» pour pouvoir évaluer les pertes, a-t-il argué.

La Chine invoque la découverte de près de 200 faux certificats sanitaires de vétérinaires pour motiver sa décision, a rappelé le ministre, en ajoutant que la conformité des produits est du ressort fédéral, donc c’est d’abord à Ottawa d’aider les producteurs.

Plus de 45 pour cent du porc exporté du Canada provient du Québec. L’industrie porcine québécoise emploie 26 500 personnes. Elle contribue à hauteur de 1,45 milliard $ au produit intérieur brut (PIB). En 2016, 80 pays ont importé des produits québécois du porc.

À VOIR AUSSI: