POLITIQUE
11/01/2021 16:21 EST | Actualisé 11/01/2021 16:52 EST

COVID-19: le délestage à son niveau maximal dans les hôpitaux

La situation est particulièrement critique dans le Grand Montréal.

Graham Hughes/La Presse canadienne
Plusieurs hôpitaux ont commencé à reporter ou annuler des activités médicales. (photo d'archives)

Les décisions difficiles pourraient s’accroître dans les hôpitaux du Québec puisque la majorité d’entre eux se situent au niveau maximal de délestage.

«Ils réussissent avec difficulté à réaliser les chirurgies urgentes et oncologiques», a déclaré la sous-ministre adjointe au ministère de la Santé, la Dre Lucie Opatrny, lundi, lors d’une conférence de presse avec le premier ministre François Legault, le ministre de la Santé Christian Dubé et le directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

«Si la tendance se maintient, il pourrait y avoir un dépassement des capacités, des lits d’hospitalisation et de soins intensifs pour les patients, autant ceux de la COVID-19 que pour d’autres maladies. Ceci forcerait le réseau à prendre des décisions encore plus difficiles qu’elles ne le sont déjà», a-t-elle ajouté.

Le délestage, qui consiste à reporter ou annuler des activités médicales, se fait un peu partout au Québec, mais il est particulièrement critique dans le Grand Montréal. Les hospitalisations ont doublé depuis la mi-décembre dans la région métropolitaine. Il y a actuellement 1071 patients hospitalisés en raison de la COVID-19 dans le Grand Montréal.

La Dre Opatrny a donné des exemples de plusieurs activités qui sont délestées dans certains hôpitaux: les chirurgies semi-urgentes et non urgentes, le dépistage du cancer du côlon par coloscopie, greffes de rein provenant de donneurs vivant, à l’exception de la clientèle pédiatrique, beaucoup de consultations non urgentes en cliniques externes spécialisées comme en médecine familiale.

Les impacts du délestage «se feront sentir encore pour plusieurs mois, voire des années», a signalé la Dre Opatrny.

La 2e dose au coeur des discussions

François Legault et Christian Dubé ont tous indiqué que la campagne de vaccination allait bon train.

Le Québec a administré 80% des doses de vaccins contre la COVID-19 qu’il a reçues, notamment parce que la province a décidé de ne pas suivre le calendrier prévu par Pfizer et Moderna. Les deux entreprises pharmaceutiques ont recommandé d’administrer la deuxième dose respectivement trois et quatre semaines après la première.

«Nous avons des avis selon lesquels il serait plus adéquat d’utiliser toutes les doses qu’on reçoit, a expliqué le Dr Arruda. Nous, on a dit qu’on va donner deux doses. […] Mais on veut utiliser le vaccin de la façon la plus optimale pour protéger le plus de personnes durant un court laps de temps.»

EN VIDÉO: la conférence de presse de Legault, Dubé, Arruda et Opatrny


«On préfère vacciner le maximum de personnes, c’est une question de solidarité», a souligné M. Legault.

Néanmoins, si Pfizer et Moderna décidaient d’arrêter l’approvisionnement de nouvelles doses en raison de cette décision, le Québec reviendra au calendrier prévu par les deux entreprises.

M. Dubé a précisé que plus de la moitié des résidents des CHSLD du Québec a été vacciné. Tout le personnel des CHSLD serait vacciné d’ici deux semaines.

Les écoles primaires: «un risque calculé» 

Le premier ministre François Legault a dit assumer la décision de rouvrir les écoles primaires en ce lundi 11 janvier.

Bien qu’il ait rappelé que le système de la santé était encore sous pression, M. Legault croit que le retour en classe est un «risque calculé». Il y a plus d’inconvénients que d’avantages de garder les enfants à la maison, a-t-il clamé durant la conférence de presse à Montréal. 

Il a toutefois affirmé qu’il est plus important encore que les enfants qui vont à l’école ne voient pas leurs grands-parents. Le premier ministre a de nouveau demandé d’éviter les contacts avec les personnes de 65 ans et plus qui représentent 80% des patients hospitalisés en raison de la COVID-19.

Plus de détails à venir.

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