POLITIQUE
03/06/2020 13:46 EDT | Actualisé 03/06/2020 17:46 EDT

Préposés: des critères de sélection établis pour choisir parmi les 60 000 candidatures

Les candidats devront entre autres démontrer lors d’une entrevue des habiletés relationnelles et une grande motivation.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne
Jean-François Roberge (Jacques Boissinot/La Presse canadienne)

QUÉBEC — Le gouvernement Legault a annoncé, mercredi, des critères d’admission pour sa formation express de préposé en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

La campagne de recrutement de 10 000 préposés a démarré au quart de tour mardi, avec près de 60 000 dossiers de candidature reçus en moins de 24 heures.

Mercredi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a précisé que seuls les citoyens canadiens âgés d’au moins 18 ans, détenant un secondaire 3, sans antécédents judiciaires et en bonne santé physique seront considérés.

De plus, les candidats sélectionnés devront démontrer lors d’une entrevue des habiletés relationnelles et une grande motivation pour le travail en CHSLD à temps plein, a-t-il souligné. La période d’inscriptions se termine ce vendredi à 17h. Le ministre estime qu’à ce jour, 10 % des candidatures sont des doublons.

Devant la popularité du programme, le gouvernement n’exclut pas de resserrer davantage les critères, en exigeant des candidats, par exemple, qu’ils s’engagent à fournir une prestation de travail.

«Est-ce qu’il pourrait y avoir même un engagement plus formel? Ce n’est pas exclu», a déclaré M. Roberge en réponse à la question d’un journaliste. La veille, il avait évoqué la possibilité que les candidats soient appelés à déménager.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a affirmé que le gouvernement pourrait également revoir à la hausse le nombre de préposés qui seront formés. «On a des besoins. Pour le moment, on parle de 10 000 préposés en CHSLD. (...) Il n’est pas exclu qu’on en forme davantage. On va vous revenir avec ça.»

Québec veut former et recruter en un temps record 10 000 préposés pour répondre aux besoins des personnes âgées vivant dans les CHSLD, où sévit une pénurie chronique de personnel soignant depuis des années.

Les cours, taillés sur mesure pour ce type d’établissement, débutent à la mi-juin et les étudiants ayant acquis leur diplôme devraient avoir un travail à temps complet et bien rémunéré dès la mi-septembre.

Pour atteindre son objectif, le gouvernement Legault a mis toutes les chances de son côté, en offrant une rémunération durant la formation, de même qu’un salaire fort avantageux, qui fera l’envie d’autres professionnels de la santé plus instruits.

Les étudiants recevront 760 $ par semaine avec à terme un emploi assuré, s’ils obtiennent leur diplôme. Le salaire annuel atteindra 49 000 $.

Les partis d’opposition ont accusé le gouvernement mercredi de foncer tête baissée sans réfléchir aux conséquences. À leur avis, on ne fait que «déplacer le problème» en «vidant» les autres résidences pour aînés, où la rémunération est moins élevée, en plus de dépouiller les services de soins à domicile.

«Les mesures que le gouvernement propose pour amener des préposés dans nos CHSLD, c’est intéressant, mais c’est en train de vider les autres ressources, a déclaré le député Harold LeBel, du Parti québécois (PQ). Je parlais à des gens des groupes d’économie sociale qui font du maintien à domicile. Ils avaient une centaine de travailleurs; ils sont rendus à 20.»

Legault méprise le PQ, dit Harold LeBel

Lors de son point de presse mercredi, le député LeBel est également revenu sur l’incident de la veille impliquant son chef, Pascal Bérubé, et le premier ministre.

Il a accusé François Legault de mépriser le PQ parce que, selon lui, il pense l’avoir tué. «Ils veulent le tuer jusqu’au bout pis c’est pas vrai. Ils ne nous ont pas tués. On est là et on va faire notre travail», a-t-il déclaré.

Mardi, Pascal Bérubé, furieux, était sorti en trombe du Salon bleu. Il venait de se faire accuser par M. Legault de vouloir «tuer le tourisme» dans le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, une «cheap shot», selon M. LeBel.

Le chef péquiste avait soulevé des questions en Chambre sur le déconfinement. En clair, il voulait savoir si la décision de lever les contrôles routiers en région s’appuyait sur la science ou bien si elle était politique.

Visiblement agacé, M. Legault l’a accusé de vouloir tuer le tourisme dans sa région, ce à quoi M. Bérubé a répondu que le premier ministre tenait des propos «minables».

Selon Harold LeBel, ce n’est pas la première fois que François Legault, un ancien ministre péquiste, fait preuve de mépris à l’endroit du PQ.

«Il nous a regardés de haut et il fait souvent ça», a-t-il lancé. L’épisode de mardi, «c’était vraiment bas. (...) J’étais insulté d’entendre ça.»

À VOIR: le Québec lance une opération de recrutement de 10 000 préposés en CHSLD