NOUVELLES
31/03/2020 07:27 EDT | Actualisé 31/03/2020 07:46 EDT

Coronavirus: les infirmières invitées à dénoncer les situations dangereuses ou inacceptables

La FIQ veut «mettre en évidence la réalité quotidienne» de ses membres.

Morsa Images via Getty Images
Les témoignages des professionnels de la santé peuvent être consultés sur le site web de la nouvelle plateforme.

Les infirmières et autres professionnels de la santé sont invités à dénoncer les situations dangereuses ou inacceptables durant la pandémie de COVID-19 sur un site web, a annoncé la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ).

Le syndicat invite notamment ses 76 000 membres à témoigner sur cette nouvelle plateforme intitulée «Je dénonce!» des enjeux relatifs à la santé et à la sécurité au travail, à la gestion du matériel de protection et à la gestion des ressources humaines.

Dans un communiqué publié lundi soir, la FIQ dit qu’elle veut ainsi «mettre en évidence la réalité quotidienne» de ses membres. Elle espère également que cette plateforme de dénonciation serve à fournir aux journalistes «un portrait juste de la situation».

Les témoignages sont rassemblés par région administrative. L’outil recensera aussi pour chaque établissement le nombre d’employés de membres de la FIQ qui sont en isolement et le nombre d’entre eux qui ont déclaré avoir contracté la COVID-19.

La population peut pour sa part transmettre des témoignages de soutien sur le site web.

Perdre ses ailes

Lundi soir, le site web rassemblait déjà une cinquantaine de témoignages. Dans plusieurs d’entre eux consultés aléatoirement par La Presse canadienne, des travailleurs s’indignent de l’absence ou de la rareté des masques N95, des jaquettes et des gants.

Des infirmières font parfois référence au vocabulaire du premier ministre qui les a souvent qualifiées d’anges gardiens. «Un ange qui commence à perdre ses ailes», est-il écrit en signature d’un message.

Au nombre des témoignages, un grand nombre de femmes enceintes se disent inquiètes et réclament un retrait préventif, ce que leur employeur leur refuserait jugeant que leur milieu de travail n’est pas dangereux. L’une d’elles, qui en est à sa 31e semaine de grossesse, affirme que certains de ses collègues mènent des tests de dépistage de la COVID-19.

Et puis, il y a aussi ce travailleur qui raconte qu’un gestionnaire lui a ordonné de se présenter au travail malgré qu’il avait plusieurs symptômes s’apparentant à la COVID-19, dont des maux de gorge et de la fièvre. Les recommandations gouvernementales ne s’appliquent pas aux travailleurs de la santé, se serait-il fait répondre. L’employé affirme qu’il ne sera pas rémunéré étant donné qu’il a refusé d’obtempérer, une situation qu’il estime «inhumaine et écoeurante».

À VOIR: à New York, un hôpital de campagne en plein Central Park