Une fillette critiquée pour le port d’une jupe traditionnelle à l’école

Isabella, 10 ans, a reçu une vague de soutien.

REGINA — Une jeune fille de la Première Nation Cote, en Saskatchewan, reçoit une vague d’appuis après avoir vécu une expérience désagréable lorsqu’elle a porté une jupe traditionnelle à rubans à son école.

Chris Kulak dit que sa fille de 10 ans, Isabella, pense qu’elle aura besoin d’un nouveau placard pour contenir toutes les jupes à rubans qui arrivent en provenance du monde entier.

Les jupes faites à la main aux motifs brillants et ornées de bandes de ruban sont portées par les femmes autochtones lors de cérémonies et comme expression de leur fierté culturelle.

Isabella, une élève de cinquième année, a porté sa jupe à rubans à l’école le mois dernier lors d’une journée où les élèves devaient porter une tenue de soirée, avant les vacances de Noël.

«Nous l’avons encouragée à la porter. Elle a probablement changé son haut trois ou quatre fois. On pouvait voir qu’elle était nerveuse et se demandait si sa tenue était bien agencée. Elle se demandait si c’était beau », a raconté M. Kulak dans une entrevue téléphonique à propos de sa fille.

«Nous l’avons trouvée magnifique.»

Isabella fréquente une école à Kamsack, une ville située à environ 270 kilomètres à l’est de Regina. Le jour où elle a porté sa jupe traditionnelle, elle a quitté la maison en souriant, s’est souvenu M. Kulak.

Mais quand elle est revenue à la maison, elle avait enlevé sa jupe et elle est demeurée en retrait.

La famille a appris qu’un membre du personnel avait dit à Isabella que sa tenue n’était pas bien agencée et que sa jupe n’était pas considérée comme une tenue de soirée. Le membre du personnel a comparé ce qu’Isabella portait avec une robe achetée en magasin portée par une autre étudiante, a-t-il ajouté.

La division scolaire Good Spirit s’est excusée pour ce que le père d’Isabella estime être un commentaire raciste.

«Ce fut une énorme erreur», a déclaré Quintin Robertson, directeur de l’éducation de la division, qui a ajouté que la personne qui a fait le commentaire accepte sa responsabilité.

«Nous devons reconnaître le racisme systémique et l’ignorance culturelle qui existent toujours dans notre division scolaire et dans notre province.»

M. Robertson a dit que la division discutait de la question avec la Première Nation de Cote, qui fait partie d’un groupe souhaitant qu’une «journée de la jupe à rubans» soit organisée à l’échelle nationale tous les 4 janvier.

C’était le jour du retour à l’école d’Isabella et des membres de sa famille vêtus de jupes en rubans s’y sont rendus, a indiqué M. Kulak.

«Cela a commencé le mouvement et cette date doit être honorée», a-t-il déclaré.

«C’est à ce moment-là que tout le monde s’est enfin réveillé et s’est rendu compte qu’il fallait se lever et faire du bruit.»

M. Robertson a indiqué que la division organiserait une journée de la jupe à rubans en l’honneur de la culture autochtone, qui inclura aussi les chemises à rubans, qui sont portées par les hommes.

Des centaines de photos de femmes portant fièrement leurs jupes à rubans, accompagnées de messages d’encouragement pour Isabella, sont aussi apparues sur les réseaux sociaux, et une page Facebook a été mise en place pour l’appuyer.