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15/05/2020 08:08 EDT | Actualisé 15/05/2020 08:13 EDT

La fermeture des écoles dans le Grand Montréal soulève de nombreuses préoccupations

Des organismes et des députées de l'opposition demandent au ministre de l'Éducation de mettre en place rapidement des mesures de soutien aux élèves.

QUÉBEC — La fermeture des écoles dans le Grand Montréal jusqu’à la prochaine rentrée scolaire suscite des réactions mitigées, allant du soulagement à l’inquiétude, en passant par la tristesse.               

Sur le plan de la santé, les parents et les enseignants sont soulagés, a affirmé la présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Sonia Éthier.

«Nous saluons (...) la décision du gouvernement, a-t-elle déclaré. Manifestement, l’ouverture des écoles (...) était incompatible avec la volonté d’assurer la santé et la protection du personnel scolaire et des familles.»

Par contre, des mesures de soutien devront rapidement être mises en place pour les élèves vulnérables, a souligné la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

«Les enseignants visés par cette annonce sont tristes de ne pouvoir retrouver leurs élèves», a déclaré son président, Sylvain Mallette. 

«Cette situation soulève de nombreuses préoccupations que le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, devra gérer avec beaucoup d’attention et en collaboration avec les représentants des profs», a-t-il ajouté. 

Jeudi, lors de son passage à Montréal, le premier ministre François Legault a annoncé que la région ne répond pas aux conditions de déconfinement. Ainsi, le retour en classe pour le primaire prévu le 25 mai n’aura pas lieu.

Les écoles de la MRC de Joliette — qui ne fait pas partie du Grand Montréal — ne pourront pas rouvrir non plus, étant donné la propagation du coronavirus dans cette région. 

M. Legault a laissé une légère ouverture pour certaines écoles spécialisées, notamment celles accueillant des enfants handicapés, qui pourraient peut-être rouvrir plus tôt.

La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) s’est inquiétée, jeudi, de la lourde charge que doivent porter les parents dont les enfants poursuivent leurs apprentissages à la maison.

«Les élèves vulnérables et à besoins particuliers doivent pouvoir bénéficier d’une aide accrue (...) et tous les élèves doivent avoir accès aux outils nécessaires pour réaliser leurs travaux. Sans cela, la démotivation et le décrochage les guettent», a déclaré le président de la FCPQ, Kévin Roy. 

Absence du ministre déplorée

La députée Véronique Hivon, du Parti québécois (PQ), a accueilli positivement la nouvelle de la fermeture, une annonce majeure, a-t-elle dit, qui aurait cependant mérité la présence de M. Roberge, selon elle.

«J’étais très déçue que le ministre de l’Éducation ne soit pas présent aujourd’hui pour l’annonce d’une décision aussi importante, a-t-elle déclaré en entrevue. Ce qui doit aller de pair, ce sont des mesures fortes d’accompagnement et de suivi des élèves qui n’ont plus l’opportunité d’aller à l’école.»

Mme Hivon a dit anticiper des «effets pervers» et des «conséquences très négatives» sur les élèves. C’est pourquoi elle demande «de manière urgente»: la mise sur pied d’«escouades» spéciales pour assurer le suivi psychologique et psychosocial des jeunes, des budgets supplémentaires et l’accès pour tous les élèves à un outil technologique, ce qui «ne semble pas en voie de se concrétiser», déplore-t-elle.

Le ministre Roberge doit offrir le plus tôt possible un encadrement pédagogique à distance digne de ce nom pour qu’aucun élève ne soit pénalisé.Christine Labrie, députée de QS

Pour sa part, la porte-parole en éducation de Québec solidaire (QS), Christine Labrie, appelle le ministre à ne pas abandonner les élèves montréalais «à leur sort». 

«Le ministre Roberge doit offrir le plus tôt possible un encadrement pédagogique à distance digne de ce nom pour qu’aucun élève ne soit pénalisé, a-t-elle déclaré. Si aucun élève ne retourne en classe à Montréal, ça va prendre plus de matériel électronique que prévu.»

La députée libérale Marwah Rizqy estime également que la décision de fermer les écoles à Montréal s’imposait, mais comme ses consoeurs, elle invite le ministre Roberge à proposer rapidement un plan d’aide détaillé. Selon elle, on ne peut pas être «uniquement en attente», considérant que le niveau d’anxiété chez les jeunes augmente.

«C’est correct de nous dire que c’est reporté, mais maintenant on veut savoir c’est quoi le plan de match.»