DIVERTISSEMENT
05/07/2019 08:04 EDT | Actualisé 05/07/2019 11:57 EDT

Festival d’été de Québec: envoûtant Corey Hart

Le chanteur était visiblement fou de joie d’être de retour au Québec.

Philippe Roger

Ce n’est pas qu’à un simple petit numéro de charme qu’a eu droit la foule composée d’admirateurs de la première heure de Corey Hart jeudi soir, mais bien à une véritable séance d’envoûtement. Une séance d’un peu plus de deux heures ayant comblé, séduit, voir ensorcelé les spectateurs regroupés sur les plaines d’Abraham qui n’auraient pu espérer meilleur spectacle pour donner le coup d’envoi de la 52e édition du Festival d’été de Québec.

Comme si c’était hier

Il y avait déjà la température parfaite de cette fin de journée bien chaude se faisant doucement plus clémente. Puis, il y a eu l’apparition, sur la grande scène du festival, d’un Corey Hart semblant ne pas avoir pris une ride et pourvu du plus craquant des sourires. Un sourire qui n’allait pas quitter l’artiste - né à Montréal et visiblement fou de joie d’être de retour au Québec - de cette soirée en tous points parfaite.

Vêtu d’un blouson de cuir, de noir des pieds à la tête et d’une collection de bijoux scintillants recouvrant ses bras tatoués, Corey Hart s’est déhanché sur scène sur fond d’images d’archives d’un passé glorieux. Avec lui, ses musiciens et ses choristes, dont la tout aussi attendue Julie Masse, femme du chanteur depuis un quart de siècle. Avec «l’amour de sa vie», il allait plus tard livrer la pièce Là-bas et partager anecdotes, souvenirs et beaux moments de connivence ravissant la foule tout au long de la soirée.

Galerie photo FEQ: Corey Hart Voyez les images

Si le chanteur de 57 ans a avoué en français venir tout juste d’arriver du Japon, ne pas avoir dormir depuis 48 heures et être en plein «décadrage horaire», il n’en est absolument rien paru tant son énergie paraissait être à son comble.

«Aujourd’hui, c’est le 4 juillet et les Américains fêtent l’indépendance, a-t-il lancé, toujours en français. Nous, on va fêter comme si c’était le 24 juin, la Saint-Jean-Baptiste. Je suis très fier d’être Québécois.» Une promesse qu’il a tenue en chantant deux classiques de la chanson québécoise pendant le spectacle: Les Bombes de Michel Pagliaro et Pour un instant du groupe Harmonium.

Prenant bien soin de préciser qu’il était un artiste, donc qu’il n’avait pas de script ni de plan précis quant au déroulement de son spectacle comportant plusieurs premières fois et un peu d’improvisation, le chanteur a proposé à son public de nombreuses surprises. Une superbe reprise de Let it be des Beatles entre autres, une autre de Viva la Vida du groupe Coldplay, les chansons Message in a Bottle et Every Breath You Take de The Police et la pièce culte Can’t Help Falling in Love with You du grand Elvis Presley. 

Parler d’amour

Devant la foule en pâmoison, Corey Hart a eu maintes fois envie de parler d’amour et de l’importance de croire en soi comme en ses rêves.

«C’est l’amour qui mène le monde, pas les fusils», a-t-il déclaré avant d’entamer la pièce à teneur politique Komrade Kiev sortie en 1985. À ses admirateurs qui l’ont «depuis toujours aidé à réaliser ses rêves», il a dédié la chanson Everything in my Heart livrée devant des plaines d’Abraham recouvertes de milliers de petites lumières de tout autant de téléphones.

Sur l’étroite scène de fortune dressée en plein cœur du parterre et de la foule, l’artiste a poursuivi son opération séduction en expliquant que ce plateau représentait «sa petite cuisine ou sa chambre de petit gars». Un endroit imaginé pour «qu’on soit tous ensemble». Puis, en évoquant son enfance où une grande mélancolie a laissé place à la joie lorsqu’il a reçu sa première radio, lui faisant découvrir le pouvoir salvateur de la musique.

Il a chanté Third of June, une chanson écrite pour sa Julie il y a 25 ans déjà, le regard toujours aussi amoureux planté dans celui de sa belle. Enfin, lors du plus vibrant des rappels, l’inépuisable Corey Hart a interprété ses deux plus grands succès datant des années 80: Sunglasses at Night et Never Surrender. Le premier, ses éternelles lunettes de soleil noires au visage et le second après avoir remercié, un trémolo dans la voix, les gens de l’avoir attendu pendant plus de 20 ans.

Le Festival d’été de Québec se poursuit jusqu’au 14 juillet. Pour consulter la programmation: https://www.feq.ca/Programmation

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