NOUVELLES
27/10/2019 12:15 EDT | Actualisé 27/10/2019 12:26 EDT

La Fédération des policiers municipaux réclame 788 millions $ à Québec

La FPMQ souhaite ainsi «mettre fin à l’iniquité» dans le financement des services policiers au Québec.

Marc Bruxelle via Getty Images

Pas moins de 788 millions $ sont réclamés au gouvernement Legault pour «mettre fin à l’iniquité» dans le financement des services policiers au Québec.

C’est ce qu’a indiqué le président de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), François Lemay, en conférence de presse dimanche à Laval, en expliquant que ce montant représente 47 pour cent des frais de fonctionnement des 33 corps policiers municipaux qu’il représente dans la province, dont trois services autochtones, et qui desservent au total une population de 5,5 millions d’habitants.

La FPMQ explique qu’il s’agit du même pourcentage qui est remboursé aux municipalités dont la sécurité publique a été confiée à la Sûreté du Québec (SQ). Son président déplore d’ailleurs ce qu’il a qualifié de «système à deux vitesses» qui perdure depuis 20 ans puisque les municipalités dotées de leur propre service de police ne reçoivent aucune subvention et doivent assumer la totalité de la facture, même si leurs citoyens paient aussi pour les services de la SQ des municipalités voisines à même leurs impôts.

«Alors, ça fait 20 ans que ce système existe et que 30 des villes qui ont une police municipale ne sont pas subventionnées. Alors, dans un contexte où le gouvernement se prépare à revoir le modèle de la police au Québec, et bien nous on dit assez, c’est assez! La priorité du gouvernement devrait être de financer l’ensemble des services policiers au Québec de la même manière», a affirmé M. Lemay.

Il estime que cette situation a fait passer le nombre de corps policiers municipaux de 120 à 33 depuis les deux dernières décennies.

François Lemay souligne que le gouvernement du Québec s’apprête même à assumer 50 pour cent de la facture liée aux services de la SQ à compter de 2020, ce qui fera passer les montants remboursés aux municipalités protégées par la SQ de 300 millions à 375 millions $, tandis que les autres municipalités ne recevront rien.

L’exemple de Mont-Tremblant

Pour expliquer l’impact de la situation actuelle sur la population, le président de la FPMQ donne l’exemple de Mont-Tremblant, où la municipalité songe à confier la sécurité publique de son territoire à la SQ.

«On se retrouve avec un dossier où les gens de Mont-Tremblant aiment leur service de police municipal, mais les élus prévoient faire appel aux services de la Sûreté du Québec parce que ça représente une économie de coûts de 1 million de dollars. Dans les faits, il n’y a pas d’économie de coûts puisque tout compte fait, ce sera toute la population du Québec qui va payer pour la police de Mont-Tremblant.»

Avant le dépôt du livre vert sur la police...

La sortie du président de la Fédération des policiers municipaux survient à quelques semaines du dépôt du «livre vert» sur les services policiers au Québec, que la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault devrait présenter en décembre à l’Assemblée nationale. M. Lemay demande à la ministre Guilbault de profiter de cette réflexion sur les services policiers afin d’en revoir le financement.

«Avant d’aller parler du concept de la police, il faut bien s’entendre sur le financement, martèle M. Lemay. Ça fait 20 ans que les villes qui ont une police municipale ne reçoivent pas l’argent auquel elles devraient avoir droit.»

Selon les statistiques fournies par la FPMQ, les coûts réels d’un territoire desservi par la SQ sont plus élevés que pour ceux desservis par des services policiers municipaux.

Si la FPMQ se dit prête à assumer sa part dans la réorganisation des services policiers au Québec, elle estime toutefois que le moment est venu d’être équitable envers tous les acteurs du milieu, d’autant plus que le Québec nage dans les surplus.

«Si le gouvernement décide de financer la police, c’est une mesure directe pour aider le citoyen, chez lui, sur son compte de taxes, a fait valoir François Lemay en conférence de presse. Pour nous, c’est clair que cette situation-là correspond exactement à ce que le gouvernement voulait faire avec ses surplus et on représente les deux tiers de la population au Québec.»

La FPMQ représente quelque 10 000 policiers dans la province, couvrant parfois de vastes territoires comme les services de police des villes de Montréal, de Québec, de Longueuil, de Gatineau et de Laval.

À VOIR AUSSI: CSQ: des problèmes plus urgents que les structures

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!