POLITIQUE
28/05/2019 13:24 EDT

Un siège vide pour Mark Zuckerberg lors d'un comité à Ottawa

Les patrons de Facebook ont eu droit à une volée de bois vert des membres du comité.

Adrian Wyld/La Presse canadienne

OTTAWA — Un comité d’élus internationaux a voté pour obliger les patrons de Facebook, Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg, à s’expliquer sur les lacunes de leur plateforme la prochaine fois qu’ils mettront le pied au Canada.

M. Zuckerberg et Mme Sandberg étaient absents, mardi, du Comité international sur les mégadonnées, la protection des renseignements personnels et la démocratie à Ottawa, malgré les nombreuses invitations des parlementaires canadiens.

Des députés d’une dizaine de pays, dont le Royaume-Uni, Singapour, l’Allemagne et le Mexique, entre autres, sont présents pour cette rencontre.

Les patrons de Facebook ont eu droit à une volée de bois vert des membres du comité, qui leur ont laissé deux sièges vides avec leur nom à la table. Les porte-paroles de Facebook Canada présents pour l’occasion, Kevin Chan et Neil Potts, ont dû s’asseoir de chaque côté.

Dès le début de la rencontre, le néo-démocrate Charlie Angus, qui est le vice-président du comité, s’est dit «très surpris» de l’absence de M. Zuckerberg et Mme Sandberg.

«Ce n’est pas acceptable. M. Zuckerberg a la responsabilité de répondre aux législateurs internationaux», a-t-il dénoncé, citant les tueries de masse et l’ingérence électorale dues aux manquements de la plateforme.

À VOIR: Facebook part en guerre contre les faux comptes

Le député conservateur Jacques Gourde est d’accord pour dire que ce n’est pas parce que la multinationale est puissante qu’elle ne devrait pas respecter les règles en place.

«Si tu as une Porsche qui va à 250 kilomètres à l’heure et que ton autoroute te permet d’aller à 100 kilomètres à l’heure, ce n’est pas parce que tu as les moyens d’avoir une Porsche que tu ne peux pas être sécuritaire envers les autres», a-t-il dit.

Visiblement agacé pendant la rencontre, M. Potts, directeur des politiques mondiales de Facebook, a répliqué qu’il avait l’appui de ses patrons pour répondre à toutes les questions du comité.

Mais pendant toute la rencontre, les porte-parole de Facebook ont esquivé plusieurs questions des parlementaires internationaux, sous prétexte qu’ils ne sont pas au courant de cas spécifiques.

La députée britannique Jo Stevens s’est dite «écoeurée à mort» d’entendre des heures de «platitudes» de la part de représentants de la plateforme. «Je veux le patron ici», a-t-elle plaidé.

Si M. Zuckerberg ou Mme Sandberg refusent d’apparaître devant le comité, ils pourraient être reconnus coupables d’outrage au Parlement, selon le président du comité, Bob Zimmer.