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Fabian, 19 ans, bouscule les normes de genre avec des tutos maquillage

Être non-binaire, c’est ne se reconnaître ni dans les codes d’un genre, ni dans ceux de l’autre. Ni fille ni garçon.

GENRE - Avec son maquillage papillon, Fabian ne correspond pas exactement à ce que l’on peut attendre des normes de genre. Et c’est précisément la raison pour laquelle il séduit autant de jeunes aujourd’hui. Fabian est aussi l’un des influenceurs les plus connus de sa génération.

Avec plus de deux millions d’abonnés sur TikTok et plus de 700 000 sur Instagram, le Montpelliérain (Montpellier, France) est une star des réseaux sociaux. Sur ceux-ci, il expérimente des maquillages allant des plus classiques aux plus grandiloquents et impressionnants.

Mais au-delà de ces maquillages dignes des plus grands professionnels, c’est le message véhiculé par le jeune homme qui séduit ses très nombreux abonnés.

Spectre de genres

Fabian a conscience de révolutionner les normes de genre qui établissent d’un côté le masculin et de l’autre le féminin, avec rien entre les deux. “Je ne vois pas l’intérêt d’avoir mis des codes - ‘un garçon c’est comme ça’, ‘une fille c’est comme ça’ - moi je ne me retrouve pas du tout dans les codes d’un garçon. Si forcément je dois me mettre dans les codes de quelqu’un, je me retrouve plus dans les codes féminins. Être un garçon, c’est un sexe, ce n’est pas une façon d’être, ce n’est pas une attitude, des goûts, c’est rien, c’est juste notre sexe, c’est tout”, affirme-t-il.

Comme lui, d’autres estiment qu’il existe toute une palette de nuances, un spectre des genres possibles entre le masculin et le féminin. Certains se disent non binaires, d’autres encore genderfluid, a-genre ou neutre.

Être non-binaire, c’est ne se reconnaître ni dans les codes d’un genre, ni dans ceux de l’autre. Être non-binaire ou genderfluid n’a rien à voir avec la sexualité d’une personne, qui sont deux choses différentes, comme le rappelle justement le psychiatre Serge Hefez. “Ces personnes remettent en cause la dimension fixe et binaire du genre: soit elles sont nomades dans le genre, soit elles préfèrent ne pas dire leur genre”, explique ainsi Arnaud Alessandrin, sociologue spécialiste du genre et des discriminations à l’université de Bordeaux, interrogé par 20 Minutes.

De plus en plus de jeunes refusent les normes de genre

De plus en plus de jeunes se définissent ainsi. 22% des 18-30 ans ne se reconnaissent pas dans les catégories hommes femmes, selon des chiffres avancés dans le documentaire. 13% des 18-30 ans ne s’identifient pas comme hommes ou femmes, selon un sondage OpinionWay pour 20 Minutes.

De plus en plus de stars, comme Ruby Rose, Sara Ramirez ou Sam Smith, n’hésitent plus à le revendiquer, ce qui facilite la tâche des jeunes qui ne se reconnaissent plus dans les normes de genre.

Une affirmation de son identité loin d’être toujours comprise par les proches des personnes concernées mais qui, grâce à des jeunes comme Fabian, semble chaque jour un peu plus “normale”. Celui-ci en a d’ailleurs bien conscience et ne compte pas s’arrêter là: “mon avenir, c’est que la mentalité des gens évolue, qu’on arrête avec ces codes de la société parce que ça fait beaucoup de mal aux gens, aux jeunes surtout, ce sont des valeurs que j’ai envie de revendiquer à mes futurs enfants”.

Ce texte a été publié originalement sur le HuffPost France.

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