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«On ne peut plus agir en cabochons» selon Eve Landry

Eve Landry est porte-parole de la troisième édition du Festival Zéro Déchet. Elle nous a confié ce que signifie zéro déchet au quotidien chez elle, avec son chum et ses deux petits enfants.

Eve Landry est porte-parole de la troisième édition du Festival Zéro Déchet qui se tiendra du 8 au 10 novembre 2019 au Marché Bonsecours à Montréal.

Entretien avec la comédienne, consacrée meilleur premier rôle féminin aux derniers Gémeaux 2019, qui nous confie ce que signifie zéro déchet au quotidien chez elle, avec son chum et ses deux petits enfants (sa fille de 2 ans et demi et son garçon, 1 an et demi.)

Son rôle de porte-parole

«J’ai accepté de représenter le Festival Zéro Déchet parce que je crois représenter une bonne part des festivaliers. Une jeune mère de famille ayant un emploi du temps chargé qui tente tant bien que mal de faire sa part et qui se sent, plus souvent qu’autrement, coupable», dit Eve Landry. «Inspirer et surtout sans culpabiliser. Souvent on ne se lance pas dans le zéro déchet parce qu’on a peur de ne pas faire assez, de ne pas faire bien, mais c’est faux, chaque geste compte.»

Ève Landry
Ève Landry

««La sécurité de mes enfants est prioritaire. On ne peut plus agir en cabochons!»»

- Eve Landry

Le zéro déchet d’Eve Landry

«Pour l’alimentation, fini le plastique, les emballages. Je ne vais plus dans les épiceries, mais dans les commerce qui vendent en vrac. Je me fournis en paniers bio, j’achète également la viande chez l’éleveur. Les vêtements, c’est tout usagé, sauf les bobettes et les bas, encore que… Je vais chez Renaissance notamment et dans différentes friperies.

Pour les galas, je me fais plaisir en achetant local, chez les créateurs québécois. Je n’accepte plus non plus aucun cadeau neuf, sauf éventuellement les jouets en plastique usagé pour les enfants, parce que seconde main. Dans ma vie en général, je réfléchis à comment diminuer mon impact.

Dernièrement, je songeais à la problématique d’Halloween et comment gérer les sachets de bonbons. J’ai tranché. Les bonbons qu’ils vont recevoir des autres, je ne vais pas les interdire, il faut que cela demeure une fête. Mais de mon côté, je vais fabriquer des petites poches en papier sur lesquelles je vais écrire zéro déchet - et peut-être ne les jetez pas!, pour ne pas effrayer les parents qui ne souhaitent pas que leurs enfants consomment des bonbons non emballés.»

Faire des compromis

«Il faut faire des compromis et accepter que ton confort va changer. Mon truc à moi, j’adore les chips, mais j’ai décidé d’arrêter parce que le sac est ultra polluant tout comme la fabrication. Alors je cherche des alternatives telles que des petites grignotines en vrac… Mais j’ai le goût d’en manger encore des chips! Je pense que c’est aussi la nostalgie de ce moment où l’on en mangeait qui reste en tête.»

C’est quoi le Festival Zéro déchet?

Des conférences et panels de discussion (gratuits - sous réserve des places disponibles - premier arrivé premier servi) destinés à éveiller les festivaliers aux enjeux environnementaux et à les inspirer à passer à l’action.

«Soyons au cœur du changement» est le slogan du Festival, qui souhaite être inclusif - et que chacun d’entre nous découvre ses pistes de solutions pour réduire son empreinte environnementale.

La clé, c’est le temps!

«On est toujours tous dernière minute. Que ce soit pour Halloween ou pour Noël, on pourrait créer nos costumes et fabriquer nos cadeaux, mais pour cela il faut s’y prendre en avance et planifier. Chaque Noël, j’organise un grand brunch avec une quarantaine d’invités, il faut que je m’y mette dès septembre pour fabriquer tous les cadeaux!»

Tes limites au zéro déchet?

«Dès que ça entre en conflit avec mes enfants, ou que cela sous-entend de les priver d’une expérience de vie. J’ai envie qu’ils voyagent, donc je vais trouver des alternatives pour les déplacements. Dès que je prends l’avion pour des raisons professionnelles, je contacte Arbre Évolution qui va planter des arbres en conséquence. Autre exemple, j’ai de la difficulté à dire à mon père d’arrêter de leur acheter des Pattes d’ours. J’essaie de lui expliquer que j’aimerais qu’il essaie de changer.»

Vers des plateaux de télé plus verts?

«Un plateau de tournage, c’est beaucoup de déchets! Lors d’un tournage, Julie Le Breton avait envoyé une lettre qui accompagnait la note de service dans laquelle elle invitait les comédiens à apporter leur propre bol, leurs ustensiles, serviettes, tasses à café et bouteilles d’eau. Cela a fait son chemin depuis, on se dirige en effet vers des plateaux de plus en plus verts.»

Stop à la confrontation!

«Avant j’étais trop confrontante, les gens étaient tannés, moi aussi. Si je peux inspirer, tant mieux. Je me sens assez Greta Thunberg en ce sens. J’aime sa manière de procéder: des mots directs et de l’émotion. Comme elle, je crois à la cause. Elle veut changer les choses et ça me parle!»