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27/10/2018 06:00 EDT | Actualisé 13/05/2019 15:35 EDT

Évaluer son niveau de stress

Si votre niveau de stress excède votre seuil d'efficacité, il deviendra de plus en plus difficile de faire face aux problèmes et d'y apporter des solutions efficaces.

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Un stress négatif agira sur plusieurs maladies, en augmentant notre vulnérabilité à celles-ci, en les aggravant ou en les prolongeant dans le temps.

De nos jours, comme de tout temps d'ailleurs, le stress peut représenter un obstacle à la santé. Chez les êtres humains, il n'y a pas de superman ou de superwoman. Tout homme et toute femme a des limites qu'il est important de bien connaître.

Trop de stress engendrera une baisse de productivité et de motivation, et peut enclencher divers autres problèmes d'ordre physique ou psychologique, comme des ulcères d'estomac, de l'insomnie ou le développement de troubles anxieux.

N'hésitez pas à consulter un professionnel de la santé si vous croyez être près du point de rupture. Ce texte est extrait du livre Stress et anxiété, votre guide de survie, que j'ai eu l'honneur de cosigner avec le professeur Claude Bélanger, psychologue (Claude Bélanger, Jacques Beaulieu, Stress et anxiété, votre guide de survie, Éditions La Semaine, 2008).

L'échelle du stress

Sur le plan de l'évaluation du stress, plusieurs facteurs doivent être considérés, à commencer par l'événement même qui provoque le stress. Par exemple, il va de soi que le décès de son enfant cause un stress plus grand qu'une contravention pour un stationnement illégal.

Thomas Holmes et Richard Rahe ont établi une échelle des différents éléments stressants en leur attribuant un degré. Voici quelques exemples:

- Décès du conjoint: 100

- Divorce: 73

- Emprisonnement: 63

- Maladie: 53

- Mariage: 50

- Retraite: 45

- Départ d'un enfant: 29

- Déménagement: 20

- Noël: 12

- Infraction mineure: 11(1)

Évidemment, cette échelle doit aussi tenir compte d'autres facteurs qui pourront atténuer ou, le plus souvent, aggraver les dommages causés par ces événements stressants. La durée, la fréquence et l'ampleur de l'événement vont entrer en ligne de compte. D'autres variables peuvent aussi influencer la résistance au stress, comme la fatigue et la maladie.

La perception du stress

Un deuxième facteur doit être pris en considération dans l'évaluation du stress: la perception personnelle. Une même situation peut provoquer plusieurs niveaux différents de stress selon la perception qu'on en a ou, si on préfère, l'évaluation personnelle de cette situation.

Par exemple, un patron demande un travail à deux employés différents en imposant des échéanciers très courts. L'employé A y verra un défi stimulant où il aura l'occasion de se prouver à lui-même et à son patron qu'il est capable de répondre efficacement à sa demande. Il ressentira un certain stress, mais le canalisera pour se mettre à la tâche de façon organisée et efficace.

L'employé B trouvera que la quantité de travail est trop grande pour être accomplie dans les délais impartis, et son rendement se désorganisera sous la tension. Il se sentira frustré par son patron et impuissant à répondre efficacement à la demande. Le stress subi par ce dernier est beaucoup plus nocif que pour son collègue, puisqu'il n'a pu l'utiliser pour une action orientée vers la résolution de son problème.

La réponse au stress

La réponse au stress comporte aussi un caractère purement physiologique. Lorsque le cerveau détecte un danger, il commence à envoyer des signaux d'alerte et il met en branle tout un système de défense par le biais de différents mécanismes physiologiques. Les chercheurs dans le domaine du stress ont identifié cette action, ou cette réaction, comme étant une réponse de fuite ou d'attaque. Nous, les humains, sommes donc biologiquement programmés pour agir lorsque survient le danger.

Cette action est la réponse normale à un danger dans l'environnement: le lapin fuira le renard qui veut en faire son repas; tous deux sont alors mobilisés pour leur survie, et tous deux seront dans une condition physique qui les rendra plus efficaces, l'un dans la fuite, l'autre dans l'attaque. Dans les conditions de vie moderne que nous connaissons, il n'est pas toujours possible d'agir de la sorte. L'impuissance à changer ces situations favorisera l'augmentation du stress.

En conséquence, il est essentiel de reconnaître son stress et d'apprendre à le gérer plutôt que d'adopter des stratégies partielles et temporaires qui ne s'attaquent qu'à ses effets, sans jamais régler le fond du problème.

Ainsi, plutôt que de consommer régulièrement des antiacides pour diminuer ses ulcères d'estomac, il conviendrait peut-être de diagnostiquer les causes du stress pour pouvoir trouver les solutions adéquates. De plus, un stress négatif agira sur plusieurs maladies, en augmentant notre vulnérabilité à celles-ci, en les aggravant ou en les prolongeant dans le temps.

Parmi ces maladies(2), citons le SIDA, les allergies, l'arthrite, l'artériosclérose, l'hypertension, la grippe, le syndrome du côlon irritable, la pneumonie, l'insomnie, les problèmes cardiaques, les ulcères, la migraine, etc.

La détresse émotionnelle peut aussi être la conséquence d'un stress négatif. On retrouve parmi ces problèmes: les divers troubles anxieux, la dépression, l'irritabilité et la tendance à développer des peurs ou une culpabilité qui dépassent le niveau pouvant constituer une réaction adaptative.

Une baisse de productivité

Un stress négatif et associé à l'impuissance acquise peut aussi provoquer une baisse de nos capacités à fonctionner au travail, à nous détendre dans nos loisirs et dans nos relations avec les autres.

Par exemple, si votre travail exige une grande attention, un niveau de stress négatif trop élevé peut vous priver de cette capacité de concentration nécessaire à la tâche et vous fera commettre des erreurs. Une discussion avec votre conjoint ou conjointe risque bien plus de tourner au vinaigre si vous êtes victime d'un stress qui vous rend irritable et belliqueux.

Finalement, si votre niveau de stress excède votre seuil d'efficacité, il vous deviendra de plus en plus difficile de faire face aux problèmes et d'y apporter des solutions efficaces, et ce, même pour les problèmes que vous savez résoudre habituellement. Il arrive souvent que cette baisse d'efficacité soit le facteur qui pousse les personnes victimes d'un stress négatif à consulter.


1 et 2: Smith, J. C., Stress Management, Springer Publishing Company, New York, 2002, p.18 et 23.

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