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15/06/2020 08:04 EDT | Actualisé 15/06/2020 13:38 EDT

Coronavirus: l'Europe rouvre ses frontières, la Chine s'inquiète d'une nouvelle vague

L’Allemagne, la Belgique, la France et la Grèce ont décidé de rétablir la libre circulation avec tous les pays de l’Union européenne.

Après des mois d’isolement à l’intérieur de leurs frontières nationales, les Européens ont retrouvé lundi la possibilité de voyager chez leurs voisins, en raison du recul du coronavirus qui connaît en revanche une résurgence en Chine, faisant craindre une nouvelle vague.

L’Allemagne, la Belgique, la France et la Grèce ont rétabli la libre circulation avec tous les pays de l’Union européenne, estimant avoir maîtrisé la progression du COVID-19 tandis que la Commission européenne a lancé lundi un site internet et une application pour guider les Européens qui souhaitent passer leurs vacances dans d’autres pays de l’UE.

Athènes, dont l’économie repose en grande partie sur le tourisme, va plus loin et invite les voyageurs de plusieurs régions hors UE - comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, la Corée du Sud, la Chine.

Dans l’île de Santorin et son paysage de carte postale, la population guette le retour des touristes. “Nous les attendons désespérément. Nous avons besoin d’eux, s’ils ne viennent pas comment allons nous survivre?”, s’impatiente Michalis Drosos, dans son magasin de souvenirs.

Autre pays pressé de sauver sa saison touristique, la Croatie avait rouvert ses frontières aux citoyens européens dès jeudi, et la Pologne samedi.

L’Espagne ouvrira elle le 21 juin ses frontières avec tous les pays de l’Union européenne, sauf avec le Portugal.

En attendant, dès lundi, des touristes allemands sont arrivés au soleil de l’archipel des Baléares dans le cadre d’un projet pilote.

“Nous sommes très, très heureux d’être ici. Nous adorons Majorque, nous venons plusieurs fois par an”, témoignait George Kasbach, venu des environs de Cologne et qui possède un appartement sur l’île.

Pékin referme sites sportifs et culturels 

En France, où le coronavirus a fait près de 30 000 morts, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé lundi que “le gros de l’épidémie est derrière nous”. Crèches, écoles et collèges reprendront à plein temps à partir du 22 juin. 

Paris, ville la plus visitée d’Europe, retrouvait un peu plus son visage d’avant le virus, masques en sus. Les cafés et restaurants ont été autorisés à rouvrir leurs salles. Les touristes peuvent de nouveau visiter la Tour Eiffel à condition de monter par les escaliers. 

Premier pays européen touché, l’Italie, qui déplore plus de 34 000 morts, avait rouvert ses frontières dès le 3 juin. Mais deux nouveaux foyers ont été détectés ces derniers jours à Rome.

La Suède, où les mesures de précautions ont été plus souples et les cas de virus plus nombreux, est toutefois la cible de mesures plus restrictives : au moins sept pays de l’UE ont interdit l’entrée aux Suédois. D’autres ont imposé des quarantaines, la Suisse a indiqué que les passagers en provenance directe de Suède verraient leur température prise. 

La Chine, où la COVID-19 a fait son apparition fin 2019, a aussi connu au cours du week-end une résurgence du nombre de contaminations, centrée autour du marché géant de Xinfadi, dans le Sud de la capitale.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé que plus de cent nouveaux cas avaient été détectés à Pékin depuis que la maladie a fait sa réapparition dans la capitale chinoise. 

“La semaine dernière, la Chine a fait état d’un nouveau foyer à Pékin, après plus de 50 jours sans aucun cas dans cette ville. Plus de 100 cas ont maintenant été confirmés”, a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. 

Ce rebond a poussé les autorités à décréter le confinement de plusieurs zones résidentielles, ainsi qu’à refermer les sites sportifs et culturels.

Ce rebond chinois combiné avec la persistance du nombre de cas enregistré aux Etats-Unis a provoqué l’inquiétude des investisseurs et fait chuter les places boursières asiatiques et européennes ainsi que les cours du pétrole lundi.

“Un bond de nouveaux cas, de la Chine aux Etats-Unis, est une source d’inquiétude croissante pour le marché qui craint (...) un deuxième confinement”, a commenté Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

Selon un bilan établi par l’AFP, la pandémie a fait plus de 433 000 morts et contaminé plus de 7,9 millions de personnes dans le monde. Elle continue à faire rage en Amérique latine, en Iran et en Asie du Sud.

Avec un total de 43 332 morts recensés dimanche, le Brésil reste le deuxième pays le plus endeuillé, derrière les Etats-Unis (115 732 décès).

Au Chili où ont été diagnostiqués 7000 nouveaux cas en 24 heures, le ministre de la Santé Enrique Paris s’est montré pessimiste. “Je crois qu’en août seulement, si Dieu le veut, nous allons voir les efforts de la quarantaine récompensés, si les gens respectent” le confinement, a-t-il déclaré.

Les Etats-Unis, qui avaient répertorié 382 morts supplémentaires du virus dimanche (le bilan journalier le plus faible depuis plusieurs semaines), continuent en revanche d’enregistrer quelque 20 000 nouveaux cas de contamination chaque jour.

Pays le plus durement touché par la pandémie au Moyen-Orient, l’Iran a averti lundi qu’il pourrait réimposer des mesures strictes afin de contenir la propagation du virus, annonçant plus de 100 décès pour la deuxième journée consécutive. 

Morgues pleines 

En Inde, où le confinement a largement été assoupli depuis début juin, l’épidémie ne montre pas de signe de reflux, et de nombreux malades décèdent après avoir été refusés par les hôpitaux, faute de lits, selon les médias.

Ashwani Jain, un homme d’affaires de New Delhi, est décédé dans une ambulance, auprès de sa fille de 20 ans partie en vain en quête d’une place dans un hôpital. “Cela leur est égal que l’on vive ou que l’on meure”, a-t-elle accusé.

Le pays a enregistré près de 9000 morts, et les corps s’entassent dans les morgues car le personnel des cimetières et des crématoriums n’arrive pas à suivre le rythme des décès.

Au Pakistan voisin, le gouvernement a prévenu que le nombre de cas de coronavirus pourrait doubler d’ici fin juin et dépasser le million fin juillet.